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Equilibre difficile pour Jean-Marc Ayrault au Sénat

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François Vignal
Le 04.07.2012 à 20:13

Publicsenat.fr VOD

Après l’Assemblée, le premier ministre est venu devant le Sénat, où la majorité de gauche est étroite. Sur le non-cumul, le gouvernement n’a aujourd’hui pas de majorité. Quant aux écologistes et communistes, ils ne cacheront pas leurs différences sur d’autres textes de loi.

Après l’Assemblée, le Sénat. Au lendemain de sa déclaration de politique générale au Palais Bourbon, Jean-Marc Ayrault est venu s’exprimer près d’une heure devant les sénateurs. Il s’est montré aimable avec la Haute assemblée. Mais ici, pas de vote de confiance. Trop risqué, au vu de la majorité qui ne tient qu’à quelques voix.

Tout en reprenant les grandes lignes de son discours de la veille, le premier ministre a davantage parlé décentralisation et caressé les sénateurs dans le sens du poil : il salue leur « expérience », leur « expertise »  et rappelle que « les prémices du changement sont venus du Sénat » lors du basculement de la majorité en septembre 2011.

« Création d’un Haut conseil des territoires »

Pour « la nouvelle étape de la décentralisation » promise par l’exécutif, le premier ministre compte « recevoir toutes les associations d’élus ce mois-ci » et s’appuyer sur les conclusions des états généraux des collectivités locales. Un projet de loi est au programme « avant la fin d’année ». Voilà pour les douceurs.

A l’UMP, on pousse des cris quand le premier ministre promet « la création d’un Haut conseil des territoires, instance de concertation et de propositions qui permettra aux représentants des élus de se réunir et de débattre avec les représentants de l’Etat ». Certains s’étonnent, à l’image de Roger Karoutchi : « Vous venez devant le Sénat pour dire ça ? C’est une aberration, la négation du rôle du Sénat. Mais ça ne passera pas, y compris chez les radicaux », tonne dans les couloirs du Sénat le sénateur UMP.

Non-cumul : les radicaux bloquent, « ça arrange bien le groupe PS »

Jean-Marc Ayrault se dit « convaincu » que le Sénat prendra « toute sa part dans le redressement ». Pourtant, la Haute assemblée pourrait bien s'opposer au non-cumul des mandats, promesse de Hollande rappelée encore aujourd’hui par le premier ministre. Or en l’état actuel des choses, les sénateurs du groupe RDSE, à majorité radicale de gauche, ne voteront pas le texte prévu à la rentrée. Leur président Jacques Mézard l’a expliqué à publicsenat.fr, avant de le répéter dans l’hémicycle. Impossible dans ces conditions de faire adopter la loi. Le PS, qui n’a pas la majorité absolue au Sénat, a besoin des voix radicales. Interrogé par publicsenat.fr à la sortie, Jean-Marc Ayrault a simplement rappelé que le non-cumul « est un engagement du président de la République. Nous tiendrons les engagements ». Il devra donc plutôt compter sur les députés si la position des sénateurs ne bouge pas.

Pour l’heure, le blocage du PRG « arrange bien le groupe socialiste », glisse un connaisseur de la maison et conseiller des Hautes sphères de l’Etat. Car au sein même du groupe socialiste, le principe passe mal. Certains ne s’en cachent pas, comme le président de la région Bourgogne, François Patriat. Le maire de Dijon et président de groupe, François Rebsamen, n’est pas non plus un chaud partisan du principe.

Au moment où le locataire de Matignon défend le non-cumul dans son discours, on rigole sur les bancs de l’UMP. Certains lèvent les bras et encouragent leurs collègues du PS à exprimer leur soutien. Tous ne le font pas. « C’était drôle de voir que la moitié des bancs de la gauche n’applaudissait pas, François Rebsamen compris », affirme la sénatrice UMP Chantal Jouanno.

« Certaines différences »…

Au-delà des radicaux de gauche, le PS devra aussi faire avec ses autres alliés : les communistes et les écologistes. Nicole Borvo Cohen-Seat, présidente du groupe communiste, a assuré qu’elle saura « soutenir toutes les mesures qui iront dans le bon sens ». Mais elle s'inquiète « de la poursuite du traitement de l'immigration par le ministère de l'Intérieur, ce que la gauche a toujours critiqué ».

Chez les membres d’Europe Ecologie-Les Verts, leur chef de fil au Sénat, Jean-Vincent Placé, s’est joué aussi les équilibristes. S’il apporte le « plein soutien » des écologistes au gouvernement Ayrault, il ne cache pas « certaines différences d’analyse ». Au Sénat, il n’y a pas que sur le non-cumul des mandats que la majorité présidentielle se divisera.

 
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