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Etude sur les OGM : « Il ne s’agit pas d’un combat idéologique »

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Thomas Leroy
Le 27.09.2012 à 18:44
Etude sur les OGM : « Il ne s’agit pas d’un combat idéologique »
© AFP

Une semaine après l’étude choc  sur les effets nocifs des OGM, le sénateur UMP de la Moselle, François Grosdidier a révélé hier avoir financé une partie de cette étude grâce à sa réserve parlementaire. Pour ce vif opposant aux OGM, l’Etat est fautif pour ne pas avoir réalisé les expertises nécessaires.

Pourquoi avoir utilisé votre réserve parlementaire pour financer cette étude ?
Ce n’est pas anormal d’utiliser ma réserve parlementaire. Ce qui est anormal, c’est que l’Etat n’ait pas réalisé de véritables études publiques sur deux ans sur les OGM, ce qui est la durée générale  pour ce type d’expérience. En 2004, quand on débattait au Parlement, on m’expliquait que les semences étaient des produits à faible valeurs ajoutées et donc que ces études étaient difficiles à amortir. Avec Gilles-Eric Séralini (qui a dirigé les expériences), nous pensions qu’il fallait absolument une telle enquête mais personne ne voulait payer. J’ai donc apporté 100 000 euros de ma réserve parlementaire car nous sommes en train de faire passer des intérêts particuliers avant des intérêts majeurs sur la santé publique.

Comprenez-vous les critiques parfois violentes contre l’enquête ?
Je m’attendais à ces critiques car les lobbys anti-OGM sont extrêmement virulents. Là où je suis très choqué, ce n’est pas vis-à-vis de la controverse scientifique, que j’accepte, mais du procès en conflit d’intérêts de Séralini. Il n’a aucun intérêt économique ou financier. C’est une escroquerie intellectuelle de la part de ses opposants. Ce n’est pas non plus un militant vert ! Il ne s’agit pas d’un combat idéologique. Il était contre les OGM car on ne voulait pas mener ces études, ce qui est différent.

Le gouvernement a réclamé une contre étude de l’Anses et du Haut Conseil des Biotechnologies. Cela vous satisfait-il ?
Bien sûr ! Qu’une contre-étude soit faite car on ne peut pas balayer tout ça d’un revers de la main. Maintenant, on n’a jamais eu toutes les garanties de prévention des conflits d’intérêts vis-à-vis de ces organismes. Aujourd’hui, beaucoup de chercheurs sont dépendants financièrement des firmes de biotechnologies. Par exemple, On ne prend pas les mêmes précautions pour le Haut Conseil des Biotechnologies, qui doit vérifier cette étude, que pour le gendarme de la Bourse. D’abord, vérifions cela.