Euro : comment faire pour éviter «l’explosion en vol» ?

+A -A
François Vignal
Le 08.02.2012 à 18:56
afp -
Le Sénat a planché sur l’avenir incertain de la zone euro. L’idée d’un rôle accru de la Banque centrale européenne fait débat. Ainsi que l’opportunité de la TVA sociale. L’économiste Patrick Artus souligne le risque de « tomber dans le piège allemand ».

L’Europe, ce n’est pas simple. Et la crise de la dette de la zone euro, encore moins. Ce mercredi matin, au Sénat, on planche sur le rôle de la Banque centrale européenne (BCE) dans la sortie de crise, lors d’une table ronde. Si un certain calme semble être revenu sur les marchés, après la folie de la fin 2011, la stabilité est encore loin d’être garantie.

En injectant des liquidités, la BCE a « contribué à la sortie de crise », souligne Nicole Bricq, rapporteure générale PS de la commission des finances du Sénat. La BCE a récemment permis un refinancement des banques sur une échéance de 3 ans. « On a ainsi retiré le risque d’explosion en vol », selon Pierre Jaillet, directeur général des études et des relations internationales de la Banque de France. Tout va bien alors ? Pas encore… La sortie de la crise de la dette, « ce sera long et douloureux », prévient le responsable de la Banque de France.

« La BCE peut-elle agir en faveur de la croissance ? »

Les questions sont nombreuses. Les réponses tout autant… Nicole Bricq note « le problème de nature de l’intervention de la BCE ». Son objectif officiel est de lutter contre l’inflation. Pendant la crise, elle refinance les banques. « Mais la BCE peut-elle agir en faveur de la croissance ? », demande la sénatrice PS. Le président UMP de la commission des finances ajoute : « En d’autres termes, avons-nous des chances raisonnables de mourir guéris ? »

Si la BCE a fait des entorses à son orthodoxie pour cause de crise, en rachetant la dette des Etats, certains ne veulent pas continuer l’exception. D’autres voudraient au contraire l’inscrire dans le marbre et l’officialiser. La BCE pourrait se transformer en prêteur en dernier ressort des Etats de la zone euro et augmenter ses rachats de dette publique. Pierre Jaillet fait remarquer que la BCE, en permettant un refinancement sur 3 ans en injectant 500 milliards d’euros, joue déjà en quelques sortes ce rôle. « La BCE a évité l’explosion du système par l’injection de liquidité. Est-ce que ça suffit pour résoudre la crise de la dette ? Non », selon Gilles Moëc, chef économiste à la Deutsche Bank, « et ce n’est certainement pas le job de la BCE ». Pour lui, pas la peine de changer : « Le mythe de la BCE trop conservatrice par rapport à la FED a disparu avec la crise. S’il doit y avoir une participation de la BCE à la croissance, il est difficile de lui demander de faire plus. Sa politique est déjà accommodante ».

L’économiste de la Deutsche Bank renvoie la faute au gouvernement. Il souligne que « le temps perdu pour la mise en place du Fond européen de stabilité financière a été catastrophique. On a eu l’impression d’un système politique européen qui court derrière les marchés… » Et de renvoyer aux « réformes structurelles » que doivent faire les Etats, sur lesquels « la BCE n’a pas grand contrôle ».

« Ce qui nous sauve aujourd’hui aura des conséquences horribles »

Patrick Artus, professeur à Paris I et économiste chez Natixis, est lui favorable à la transformation de la BCE en prêteur en dernier ressort et à la création d’eurobonds. Mais il déplore un traitement du cas grec « stupide », « une absurdité totale » : « Il aurait mieux fallu donner le problème au FMI dès le départ. Ça aurait coûté moins cher ».

S’il est optimiste à court terme, il est pessimiste pour l’avenir. « Ce que nous faisons aujourd’hui tue la croissance de la zone euros à long terme » selon Patrick Artus. Il craint une double baisse des investissements : de la part des entreprises, qui ne veulent pas s’endetter, et de la part des Etat, qui réduisent les investissements en recherche et développement. Ainsi qu’une erreur de casting avec les banques, car « ce n’est pas leur métier de financer les Etats ». « Ce qui nous sauve aujourd’hui », insiste-t-il, « aura des conséquences horribles demain ». Cruel dilemme.

« Les Allemands ont mangé les autres jusqu’en 2008 »

Le sénateur du MRC Jean-Pierre Chevènement, qui vient de retirer sa candidature à la présidentielle, souligne l’un des problèmes majeur de la zone euro : son « hétérogénéité », entre les pays du nord de la zone, plus industriels, et ceux du sud, en « déclin ». Francis Delattre, sénateur UMP, note que « l’idée de leadership allemand s’installe » petit à petit.

Patrick Artus met justement en garde : « Attention à la position allemande sur la compétitivité et l’ajustement des coût salariaux », lance-t-il. Sans la nommer, l’économiste parle de la TVA sociale, que Nicolas Sarkozy veut instaurer, et que Berlin applique déjà depuis plusieurs années. « Les Allemands ont ainsi mangé les autres jusqu’en 2008. Les Espagnols, qui sont très compétitif en termes de coût, sont en train de le faire. Mais si tout le monde applique une politique d’ajustement structurel, est-ce que ce sera un jeu à somme nulle ou est-ce que ce sera positif pour la zone ? J’ai l’impression que ce sera un jeu à somme nulle… Il ne faut pas tomber dans le piège allemand ». Autrement dit, la TVA sociale n’aura pas d’efficacité en France. Selon Patrick Artus, c’est l’absence de fédéralisme européen qui pousse les Etats membres à agir individuellement : « Dans une Union européenne non-fédérale, il faut équilibrer son commerce extérieur et sauver son industrie ». Reste une (autre !) question, de taille : bâtir une Europe fédérale avec des Etats-nations aux économies divergentes et aux histoires propres n’est pas une sinécure.

 
bon sens
STOP A L ' INSOUMISSION ECONOMIQUE DE L ' UE - a quand la fusion économique de l 'ue , a quand la russie comme nouveau membre de l 'ue FEDERALE ECONOMIQUE ECOLOGIQUE ET SOCIALE ! si accord MR DMITRI MEDVEDEV , ET DE MR VLADIMIR POUTINE ?? , ( MONDIALISATION ) pour la croissance la prospérité la stabilité , et pour la paix du continent européen a venir !!! , pas dans un siécle .
bon sens
STOP A L ' INSOUMISSION ECONOMIQUE DES PAYS MEMBRES DE L ' UE ET DE NOTRE NATION !! , STOP A LA POLITIQUE DE TERRORISME ECONOMIQUE DES PAYS MEMBRES DE L ' UE !! , STOP A LA RECESSION ECONOMIQUE DE L ' UE ET DE NOTRE NATION !! , A QUAND LA FUSION ECONOMIQUE DE LA ZONE EURO !! , A QUAND L ' INDEPENDANCE ECONOMIQUE DE L ' UE !! ,PAS DANS UN SIECLE !!! , (MONDIALISATION) ,,,,,
dalla vecchia
Le piège allemand depuis le début repose sur le dumping fiscal et social: que penser d'un état évolué qui n'a pas même instauré de SMIC ! les disparités entre salariés suivant qu'ils aient su se négocier ou non sont légions et certains de nos ingénieurs (astrium) voient avec surprise dans les projets internationaux d'excellents ingénieurs allemands pris en free-lance sur les mêmes actions qu'eux, mais ils sont payés avec un lance-pierre.Cela développe une mentalité de tueur non collaborative où tout le monde trouve normal même sur un projet commun de jouer le chacun-pour-soi ! Cela mène à de la dissimulation dans les partenariats où l'on joue à fond jusqu'au déraisonnable une compétition empreinte de cannibalisme: et on ne s'étonne pas alors de la découverte tardive à l'époque des problèmes de câblage sur Airbus et de l'incompatibilité du logiciel allemand, dont les problèmes ont été longtemps escamotés. Et dans cette histoire les Allemands nous en ont fait payer la facture comme si le problème ne venait pas de chez eux. Les Allemands jouent perso à chaque instant et en tous lieux ! La chancelière ne cherche pas une monnaie commune, elle veut le Deutch Mark pour son seul usage privé perso; elle se déplace en chine et cherche un accord qui va l'avantager encore plus dans la compétition qu'elle nous livre jusqu'à l'absurde.Si elle propose une aide à la Grèce, remarquons-en l'effet sur les entreprises grègues censées redresser le pays: car pour l’Allemagne il n'y a pas de petits concurrents, ni de petits profits, que le plus petit d'entre eux tombe et cela fait un compétiteur de moins sur sa route! Dans le même temps où elle impose aux autres toujours plus de fiscalisation pour remédier aux déficits, elle, elle baisse les impôts: une façon très astucieuse de faire fonctionner la fuite des capitaux en sa faveur! Et bien sûr, on ne parle toujours pas de bonne foi d'harmonisation fiscale! L'Allemagne nous rincera sans vergogne, cela fait partie de son néomercantilisme et nous laissera choir si elle considère qu'elle n'a plus rien à y gagner! Car la seule chose qui peut nous sauver c'est d'affirmer pour tous les salariés de la Zone euro : "à travail égal , salaire égal!" et ainsi on cassera le dumping et on repartira sur des projets et du développement; Mais qu’impose l’Allemagne ? La déflation salariale abusive et odieusement dommageable au tissu économique et social, de vrais affameurs ! Cela va toucher en priorité les salariés, qui ne pouvant plus consommer l’essentiel, finiront par provoquer la destruction des petits commerçants et des entreprises chez qui ils se fournissaient : résultat plus aucun impôt ne peut être récolté, car c’est connu comme partout ailleurs (comme Total en France), les grands groupes ne participent pas à l’effort commun et à l’impôt ; les meilleures affaires sont rachetées (profitant à la Chine et à l’Allemagne)….Enfin, le coup de grâce de la règle d’or fera que lorsqu’on voudra financer un projet d’avenir qui pourrait leur faire de l’ombre, les Allemands nous diront nein nein , vous n’avez pas les moyens de vos ambitions….Il restera aux ingénieurs à se reconvertir en meneuses de revues, en montreurs d’ours peut-être, …D’ailleurs étant meilleurs payeurs que nous sur les projets ils nous ont déjà fait le coup avec Ariane en imposant que Galiléo soit lancé par les Russes, parce que Ariane coûte trop cher : encore un truc un peu trop français à leur yeux et qui marche trop bien !Ne soyons pas idiots, nos hommes politiques ne travaillent pas avec eux au quotidien, ils ne les connaissent pas, les Allemands sont sympathiques, mais ne respectent que la force et s’expriment dans la dureté, c’est leur organisation du travail qui l’induit: exactement comme les Chinois !
Madla Rogaland
Il y a beaucoup d'âneries dans ce que vous dites. En vous lisant il est clair que vous n'écoutez que les propos de Mélenchon ou ceux des '' gourous'' de la gauche extrême. Et pour eux l'Allemagne c'est l'horreur.Leur idéologie modifie les résultats de leur calculatrice. Je n'ai qu'un conseil à vous donner, allez faire un tour en Allemagne, et vous verrez s 'il n' y a que des miséreux. Au contraire , la prospérité saute aux yeux. Regardez les villages les fermes,le parc automobile l'entretien des bâtiments la propreté . Pour votre information le PPA allemand est supérieur à celui de la France. Sur les petits salaires vous oubliez de dire qu'ils touchent essentiellement une majorité de gens non qualifiés dont beaucoup se trouvent à l'Est car il y a toujours une Allemagne à deux vitesses. Vous oubliez de parler des allocations logement qui s'ajoutent aux salaires, vous oubliez de dire qu'en Allemagne on peut se loger dans le social pour 200€/mois dans les villes moyennes. Enfin vous passez sous silence le coût de la vie qui est bien inférieur à celui qu'on connaît en France. Avec 800 € /mois + les allocations logement, on vit bien mieux en Allemagne qu'en France. Il me semble qu'il vaut mieux être un travailleur avec un petit salaire qu'un chômeur pauvre . Dernier point au sujet de l'€, un peu de sérieux SVP l'Allemagne exporte la majeure partie de ses produits dans la zone € . Par ailleurs un € fort ne l'empêche pas d'exporter ailleurs. Un dernier chiffre pour vous et il est récent , la Chine est devenue le mois dernier le premier client de l'Allemagne juste devant la France. Alors l'homme malade de l' Europe à votre avis c' est l'Allemagne ou la France ?
amaryllis
Dalla Vecchia vous avez tout à fait raison. Quand c'était Schröder, il avait proposé le salaire à 1 euro. Résultat : des Allemands étaient sous-payés donc très concurrentiels par rapport aux Français. Ils ont un projet expansioniste commercial et nous, nous restons à quai. Le gouvernement français doit se réveiller de même que les syndicats qui vivent sur leurs lauriers.
Brunop
En 2005, il a manqué aux politiques européens le courage (l'abnégation?) de proposer dans le cadre de la "constitution européenne" la création d'un gouvernement européen élu par le peuple européen - directement ou à travers l'assemblée européenne. Les gouvernements européens, et en particulier le notre, s'acharnent à vouloir diriger l'europe en gardant un oeil sur leurs enjeux nationaux et en privant les citoyens d'un réel contrôle de l'action européenne, au risque de dévaluer encore plus l'idée européenne. Une attitude suicidaire pour l'Europe : si les fédérations d'états sont difficiles à diriger, les confédérations sont bien souvent sujettes à la "scorpionite"...
Max
L'absence de compétitivité de la France par rapport à l'Allemagne est que les entreprises françaises ne sont pas tournées vers l'export, et vers le commerce, en général. Dans les salons étrangers, peu de stands français. Il faut aider les entreprises françaises à savoir se vendre. Le savoir-faire, nous l'avons. Il nous manque le "faire savoir".
amaryllis
Le savoir-exporter sera difficile pour les Français. Au lieu de partir en commercial à l'étranger, ils préfèrent rester en territoire restreint : leur ville. Cela devrait s'apprendre dès la petite enfance et à l'école au lieu de les "couver".
Max
En quoi la TVA "sociale" créerait-elle des emplois, puisque, selon le gouvernement, c'est le deal (faire baisser les charges sociales) ?? Combien d'emplois créés chez les restaurateurs, après une baisse de 14.1 points de TVA ? J'aimerais bien qu'on m'explique...
perou
LE COURAGE c'EST : ALLER PLUS LOIN MALGRES LA PEUR et L'ANGOISSE..... l'EXCELLENCE des CHOSES ne s ' OBTIENT JAMAIS dans la FACILITE....Nous ALLONS y ARRIVER ....avec un Président qui a DEJA beaucoup FAIT de BONNES REFORMES...soutenu les plus FAIBLES dans cette ENORME crise qui lui est TOMBEE sur le dos et celui de TOUTE l'EUROPE....malgrés le manque de sous donné près de 200 eur en fin d'année aux plus démunis.....25 % d'augmentation des petites retraites , handicapés, un 10 eme mois de bourse aux étudiants .....fait la réforme difficile des RETRAITES car 1 sur 2 n'était pas financée. Nous avons un Président COURAGEUX CAPABLE de FAIRE pour NOUS et l'EUROPE
perou
Ecoutez !!!! avec un NEGATIVISME pareil ..//Il ne nous reste plus qu'a PARTIR SUR LA LUNE...Tout est neuf là-bas...et surtout il ne faudra pas oublier d'EMBARQUER D'ABORD les ENTREPRENANTS COURAGEUX,OPTIMISTES d'un ESPRIT ANALYTIQUE de terrain et débarassés des charges sociales, ils vont faire des miracles et surtout pas des sénateurs trice....si on ne plaisante pas un peu on va mourir avec cette gauche...
Jean
À quoi bon s'obstiner à vouloir sauver un système qui ne marche plus ? Il faut vraiment être dogmatique.
amaryllis
Cela suffit le pessimisme. Il faudrait peut-être réfléchir et ne pas tomber dans l'enlisement des pays par l'Allemagne. Tout ne peut pas être appliqué en France. Déjà arrêter les heures supplémentaires. Beaucoup de personnes ne cherchent pas systématiquement un CDI, quelques heures de travail leur suffisent. Ce serait mieux d'embaucher ces personnes-là que de donner des heures sup. aux mêmes de même que les 80 % récupérés sur le 1 sur 2 de fonctionnaires à la retraite distribués aux restants. Là pareil à des SDF ou des ayant le RSA ou à ceux cités plus-haut.

Réagir

A la une

Le gouvernement Ayrault : 34 membres, parité respectée

Fin de l’attente. Le secrétaire général de l’Elysée a annoncé la longue liste du gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Il compte 34 membres, dont 17 femmes.

Aubry n'est pas au gouvernement

Martine Aubry n'entrera pas au gouvernement de Jean-Marc Ayrault, selon le site Internet du Monde. Le quotidien du soir écrit que sa présence « n'aurait pas de sens » à partir du moment où elle n'est pas à Matignon.