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Europe : Bientôt des pesticides dans le "Bio" ?

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Pierre Bonte-Joseph
Le 03.03.2016 à 10:28

Plongée dans une crise agricole sans précédent, l'Union européenne voit une controverse sur le « bio » s’inviter dans les discussions. En plein Salon international de l’agriculture à Paris, la situation est explosive. Que doit faire l'Europe pour sortir de cette crise et garantir une production agricole la plus saine possible ? José Bové, député (EELV) européen, Marc Tarabella, député belge socialiste européen et Yvan Hayez, Secrétaire général de la Fédération Wallonne de l’Agriculture (FWA) en débattent dans ce numéro d’Europe hebdo, présenté par Nora Hamadi.

Au moment où les filières conventionnelles voient le prix du lait et du porc s’effondrer, la filière biologique qu’on pensait épargnée par la crise semble, elle aussi, menacée. Et la menace viendrait de Strasbourg où actuellement le parlement européen révise les règles d’attributions du label biologique.

Lancé en 2007, ce label européen pourrait désormais tolérer la présence à des niveaux bas, d’OGM ou de pesticides, afin de ne plus exclure de ce marché en pleine croissance, les productions contaminées de manière fortuite lors du transport, ou du stockage. Ironie du sort, le rapporteur en charge des discussions est un député Vert allemand Martin Häusling.

Pour Marc Tarabella député européen socialiste belge, invité de l’émission « Europe Hebdo » « il est nécessaire de préserver le bio. Autrefois, c’était une niche. Aujourd’hui, ça devient un business. Il faut absolument éviter de le dénaturer en évitant que des producteurs malhonnêtes intègrent ce marché ». Pour le député belge il faut continuer de pouvoir enlever la certification à des productions contaminées, il en va de crédibilité des consommateurs dans une filière.

Pour José Bové, il faudrait renforcer le dispositif du pollueur payeur. « Mais qui va payer ? si une production est déclassée ? il faut que les producteurs de pesticides indemnisent les agriculteurs dont les cultures sont contaminées ». Avant d’ajouter : « Ce sont les consommateurs qui doivent choisir. Ils veulent des fermes de petites tailles et des produits de l’agriculture biologique sans pesticides. »

L’enjeu est de taille, dans sa dernière étude, l’agence européenne de sécurité alimentaire a révélé que 97 % des échantillons testés contenaient des pesticides dans les limites autorisées.

Diffusion jeudi 4 mars à 18h30.