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Europe Ecologie : une nouvelle volée de bois vert?

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Florian Bourdier
Le 11.06.2012 à 18:14
Europe Ecologie : une nouvelle volée de bois vert?
© AFP

Au premier tour des élections législatives, le parti Europe Ecologie Les Verts capitalise près de 5,7% des suffrages. Un résultat en nette progression par rapport à la présidentielle, mais qui n’assure pas aux écologistes de pouvoir constituer un groupe parlementaire. Le second tour s’annonce serré.

 

Actuellement, une quarantaine de candidats EELV sont assurés de concourir pour le second tour des législatives, ce dimanche 17 juin. Cependant les estimations de différents instituts de sondages indiquent que le parti écologiste serait en peine pour atteindre le seuil des 15 sièges nécessaires pour constituer un groupe à l’Assemblée nationale. TNS-Sofres prévoit ainsi 12 à 16 sièges pour le parti écologiste, 12 à 18 selon le CSA, quand Ipsos en anticipe de 8 à 14.

« La présence d’un groupe EELV au parlement permettrait à la formation de peser significativement, d’avoir plus de temps de parole et d’assumer un certain nombre de responsabilités », rappelle Jean-Vincent Placé, président du groupe EELV au Sénat. Confiant, il ne doute pas que sa formation obtiendra les sièges nécessaires. Quoiqu’il en soit, avec 5,7% des suffrages, la formation écologiste obtient plus de 3 points supplémentaires par rapport à l’élection présidentielle et dépasse son score des précédentes législatives. « Un net progrès » selon Cécile Duflot, ministre du logement et secrétaire nationale d’Europe Ecologie Les Verts.

Les dissidences socialistes affaiblissent la gauche

Pourtant, EELV espérait de bien meilleurs résultats. Comptant sur le soutien du Parti Socialiste avec lequel un accord a été signé en novembre dernier, pas moins de soixante circonscriptions leurs étaient ainsi « réservées ». C’était toutefois sans compter sur les candidats socialistes dissidents. En effet, si l’accord a été « respecté au niveau national », force est de constater « qu’il ne l’a pas toujours été au niveau local », regrette David Cormand, chargé des élections à Europe-Ecologie. Au total, près d’une vingtaine de socialistes ont fait le choix de se maintenir en dépit des promesses de la rue de Solferino, fragilisant les candidatures écologistes.

« J’en veux à ces dissidents, car en fragmentant la gauche, ils l’affaiblissent ». Tout en concédant que certaines candidatures sont légitimes, David Cormand en fustige d’autres qui selon lui reviennent à « jouer perdant ». Il précise notamment que dans des circonscriptions de l’Eure, du Var et du Vaucluse, les candidatures PS dissidentes ont « tellement fragmenté l’offre de la gauche, que le second tour se jouera entre le FN et l’UMP ».

« Un député n’est pas nommé »

Le cas de Philippe Meirieu, candidat malheureux EELV à Lyon, reste cependant le plus révélateur des limites de cet accord avec le PS. La campagne, sanglante, a été le lieu d’échanges réguliers de noms d’oiseaux entre le candidat écologiste « Khmer vert opportuniste » et son concurrent PRG dissident Thierry « gangster » Braillard, soutenu par le puissant sénateur-maire de Lyon, Gérard Collomb. Une tension qui atteint son paroxysme lors de la visite de soutien vendredi dernier de Benoît Hamon et Cécile Duflot auprès de Philippe Meirieu, obligés de louvoyer pour éviter l’hostilité des militants du candidat dissident. « Une campagne scandaleuse » selon David Cormand, qui déplore des méthodes irrespectueuses.

Il n’empêche, le chargé des élections à EELV rappelle qu’un accord « ne signifie en aucun cas qu’une circonscription nous est offerte. On n’est pas nommé député, c’est aux électeurs de choisir. C’est le jeu démocratique. » Et d’en tirer les conclusions : « Il faut constater que les électeurs n’ont pas soutenu les candidats d’Europe Ecologie comme nous l’attendions. »