RT @HFoucault2012: Le gouvernement Ayrault ; Mariage, euthanasie, ruralité ??.. : http://t.co/iRgfaxqM #mariage #euthanasie #legislative ...
Expulsions de Roms, « il faut que Besson et Hortefeux sortent de leur autisme » selon l’eurodéputée Sandrine Bélier
L’eurodéputée d’Europe Ecologie, Sandrine Bélier revient sur la journée de jeudi où le Parlement a appelé la France à « suspendre immédiatement » ses expulsions de Roms. Une résolution non contraignante auquel a opposé une fin de non-recevoir Eric Besson en déplacement en Roumanie, accusant un « diktat politique ». Interview
Le groupe des verts est à l’origine de cette résolution aux côtés des socialistes, des communistes et des libéraux. Pourquoi avoir voulu cette session plénière ?
La situation française a amené l’urgence et le vote de cette résolution. Ce qui s’est passé cet été dans l’hexagone a renforcé cette idée qu’il était urgent de réaffirmer le rôle de l’Union Européenne en tant que garde-fou de certaines valeurs. On a aujourd’hui, dans le cadre de cette nouvelle Europe, une charte des droits de l’homme. Il faut désormais passer à la phase active de cette charte et de son application.
Quelle était l’ambiance hier lors du vote?
C’était une ambiance assez calme finalement par rapport à d’autres jours mais qui cachait des tensions. L’action du gouvernement français sur la population Rom a mis un grand froid ces deux jours. C’était le cas tout particulièrement à la droite de l’hémicycle du Parlement, c’est-à-dire du côté des conservateurs et des eurosceptiques où il y avait un certain mal-être à l’idée d’évoquer la situation française. Surtout que la France, qui est importante dans son poids politique, qui est importante dans sa symbolique, en termes de droits de l’homme, soit l’Etat d’où vienne la honte. La France met le feu aux poudres sur une situation que l’on sent tendue, avec une dérive possible à l’échelle de l’Union Européenne. Le terme a été utilisé, c’est la « politique de la honte » aujourd’hui. Et dans cette image de société moderne et civilisée, ce genre de dérives ne devrait plus exister. Oui, ça créé un certain mal-être.
Avez-vous l’impression que l’image de la France s’écorne durablement auprès de nos partenaires européens ?
Oui et notamment pour les nouveaux pays entrés dans l’Union qui se posent un certain nombre de questions. Nous n’avons pas bonne presse au niveau européen et international depuis ces dernières semaines. La France, et c’est l’une de nos forces, est le pays des droits de l’homme, à l’échelle européenne et internationale. Toute la construction de cette charte européenne des droits est inspirée de la philosophie des Lumières. C’est notre déclaration des droits de l’homme qui a inspiré cette charte. Ainsi, quand le revers vient de France, il a d’autant plus d’impact. On n’est pas toujours fiers d’être français dans des circonstances comme celles-ci.
Eric Besson, en déplacement à Roumanie, a répondu au sujet de cette résolution qu’il ne se prêterait pas à un « diktat politique ». Que lui répondez-vous ?
Quand ce « diktat politique » est répété et que les avertissements viennent de l’ONU, des 27 pays de l’Union Européenne – qui s’est construite contre cette logique de rejet, de nationalisme – et que les Etats réaffirment que ce rapport aux Roms est une vraie menace et représente un signal qui est inacceptable, je n’appelle pas cela un diktat. Excusez-moi, je ne suis pas adepte des petites phrases mais il faut que le gouvernement et notamment messieurs Besson et Hortefeux sortent de leur autisme qui est nationaliste.
Pierre Lellouche quant à lui, accuse la Roumanie de ne rien faire pour l’intégration des Roms. Pensez-vous qu’il a raison et que la réponse à cette question doit être nationale ou européenne ?
Je pense que la logique qui est celle de rejeter et d’accuser un pays de ne pas faire ce qu’il faut n’est pas la bonne dynamique. Quand on est engagé comme la France l’est dans l’échange de marchandises et de capitaux, ça ne pose aucun problème. Mais il y a un moment où il faut aller au bout de la logique sur la libre circulation des personnes dans l’Union. Je pense donc que la démarche intellectuelle n’est pas la bonne. Sur la question de la population Rom, qui est migrante par sa culture, la réponse doit bien sûr être européenne. Ca pose cette fameuse question de la liberté de circulation, qui n’est pas seulement celle des gens diplômés opérant dans des logiques commerciales et économiques mais également de la citoyenneté européenne. A quel moment on envisage que l’ensemble des citoyens européens a ce statut de citoyenneté européenne qui leur permette de passer d’un Etat à un autre et de créer une solidarité par rapport à d’autres populations?
Est-ce que vous êtes optimiste sur l’évolution de cette question des Roms, tant au niveau européen que national ?
Du côté de l’Union, je pense que le parlement a adressé un signal fort qui s’inscrit dans une démarche internationale. Charge à la Commission européenne de prendre maintenant le relais. Si cette question n’est pas réglée, je pense qu’au niveau international et dans le cadre de la présidence française du G8, ça risque d’être un handicap pour la France. Au niveau national, je ne vois pas comment le gouvernement français peut rester sur la ligne qu’il s’est fixé cet été, sans se mettre à dos la communauté internationale et en subir les préjudices.




Réagir