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Face à des parlementaires frondeurs Ayrault s’affirme en chef de la majorité

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François Vignal, envoyé spécial à Dijon
Le 20.09.2012 à 13:34
Face à des parlementaires frondeurs Ayrault s’affirme en chef de la majorité
© AFP

Depuis la rentrée, l’autorité du premier ministre semble mise à mal. Il fallait mettre un terme – du moins pour le moment – à cette difficulté. En clôture des journées parlementaires du PS, à Dijon, Jean-Marc Ayrault, en chef de la majorité, a choisi de donner le cap et fixer les règles face à des députés et sénateurs frondeurs et impatients.

Alors que les parlementaires sortent du rang – sur le traité, le non-cumul, le droit de vote des étrangers – et que les ministres prennent aussi leur part de liberté de parole, le locataire de Matignon demande aux élus socialistes leur soutien. « Pas de majorité caporalisée », mais il met en garde : le goût du débat qu’ont les socialistes « peut aussi devenir notre faiblesse ». Pour eux, il s’agit  aussi de faire l’apprentissage du pouvoir, comme le rappelle le premier ministre : « Longtemps nous nous sommes comportés en contre-pouvoir. Mais nous sommes aujourd’hui le pouvoir ». Il ajoute : « La situation exige autant de retenue dans l’expression que d’engagement dans l’action ».

« Un budget de combat »

Gros point de blocage avec la gauche du parti : le traité budgétaire européen. Il demande « d’approuver l’effort du président de la République » sur l’Europe « en approuvant ce pacte. Pour gravir un escalier, il ne faut pas s’arrêter à la première marche ». Alors que 75 députés ont fait une tribune pour rappeler l’engagement du droit de vote des étrangers, le premier ministre demande « un débat apaisé ». Il permettra d’aller chercher « des concours extérieurs » afin d’avoir la majorité des 3/5 nécessaires pour adopter le texte au congrès. A destination des élus réfractaires au non-cumul des mandats, là aussi, il impose le cap : « Nous n’avons d’autre chemin que celui du respect de la parole donnée », lance-t-il, sans préciser s’il est prêt à une exception pour les sénateurs.

Jean-Marc Ayrault ne cherche pas seulement à imposer son autorité. Il fixe le calendrier. Aux pressés de tous bords, il prévient : « Tout ne sera pas fait en 100 jours, ni même en 200 ». Mais très vite, c’est le projet de loi de finances qui va occuper les jours (et les nuits) des parlementaires. Et du soutien et de l’unité, Jean-Marc Ayrault en aura besoin pour défendre un « budget de combat ». Il sera « marqué par les priorités du Président : jeunesse, éducation, emploi, justice » et « visera le redressement de nos comptes publics et le redressement dans l’équité ». La fin d’année risque d’être chargée au Parlement, puisqu’un « grand projet de loi sur l’école » sera aussi présenté à l’automne.

Ne pas être réduit au rang de collaborateur

Si la « priorité, c’est la lutte contre le chômage », la majorité n’écarte pas les textes sociétaux, comme « le mariage pour tous et l’adoption pour les couples homoparentaux », qui seront examinés « au premier semestre 2013 ».

Après le discours, le député Christian Paul apprécie : « Il était dans son rôle. Je pense qu’il a fait son meilleur discours ». Pour Jean-Marc Ayrault, l’enjeu est important. Depuis que François Hollande a décidé d’être d'avantage en première ligne, il s’agit pour le premier ministre de trouver sa place au sein de l’exécutif à deux têtes. Et surtout, à l’image d’un François Fillon, ne pas être réduit au rang de « collaborateur ».