Fadettes : Guéant sur le grill des députés PS

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F.V.
Le 14.09.2011 à 18:00
guéant - AFP
© AFP

L’audition à l’Assemblée nationale de Claude Guéant était théoriquement consacrée au recrutement dans la police et la gendarmerie. Mais les députés socialistes étaient intéressés par un tout autre sujet : l’affaire des fadettes de journalistes qui ont enquêté sur l’affaire Woerth-Bettencourt, en l’occurrence Gérard Davet, journaliste au Monde.

Le quotidien du soir a rapporté la semaine dernière que la juge Sylvie Zimmermann avait la preuve que la DCRI (Direction centrale de la sécurité intérieure) a effectué une recherche des facturations détaillées – les fadettes –  d'appels téléphoniques passés par son journaliste Gérard Davet en juillet 2010, pour identifier ses sources dans l'affaire Bettencourt. Une atteinte au secret des sources que protège la loi.

« Pas de cabinet noir à l'Elysée », dit Guéant

« Je condamnerai ce qu'a fait la DCRI si la justice dit que c'est irrégulier. La justice ne l'a pas dit », s’est borné a déclaré le ministre de l’Intérieur. « Je n'étais pas ministre de l'Intérieur à l'époque, donc je n'ai pas donné d'instructions », complète le ministre qui était alors secrétaire général de l’Elysée, Brice Hortefeux occupant la Place Beauveau. « Je vous dis tout de suite que je n'en ai pas non plus donné comme secrétaire général de l'Elysée. J'ajoute qu'il n'y a jamais eu de cabinet noir à l'Elysée », assure Guéant.

Plusieurs députés de l’opposition y vont de leur question. Le candidat à la primaire PS, Manuel Valls, se montre l’un des plus offensifs. Il estime que la « loi a été violée » et « la liberté de la presse bafouée ». Il demande au ministre des sanctions contre les directeurs de la DCRI et celui de la police nationale (DGPN), Bernard Squarcini et Frédéric Péchenard.

« Guéant cherche à gagner du temps »

Le député PS Patrick Bloche, joint par publicsenat.fr, voit dans l’attitude de Claude Guéant « une sorte de dérobade. Visiblement, le ministre a cherché à gagner du temps ». « J’ai été très frappé par une sorte de solidarité, une sorte de bloc entre Guéant, Hortefeux, Péchenard et Squarcini. Un bloc qui se tient », ajoute ce proche de François Hollande, qui pense « qu’ils tomberaient ensemble. Nous avons peu de doutes que Péchenard ou Squarcini aient pu agir de leur propre chef dans ce qu’ils appellent des vérifications techniques ».

Selon le député PS, Claude Guéant a « tourné autour du pot », affirmant « que ce ne sont pas des écoutes, mais des vérifications de communications téléphoniques » et soulignant « un vide juridique sur les fadettes ».

Les députés PS ne comptent pas en rester là. Ils vont continuer à demander l’audition de Brice Hortefeux, et des deux patrons de la DCRI et de la DGPN, Bernard Squarcini et Frédéric Péchenard.

 

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