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Le fait religieux en augmentation dans les entreprises

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Simon Barbarit (isujet Cécile Sixou)
Le 22.09.2016 à 17:05

L’expression de la religion serait de plus en plus présente dans les entreprises. Selon une étude dévoilée ce jeudi, en 2016, 65% des salariés ont constaté des manifestations du fait religieux sur leur lieu de travail. Mais pour une grande majorité de personnes interrogées, ce n’est pas source de problème.

Porter un signe distinctif, prier pendant son temps de pause, faire une demande de congé ou d’aménagement de son temps de travail en fonction de ses convictions religieuses, ces pratiques s’affichent de plus en plus dans l’entreprise. C’est ce qui ressort d’une enquête menée par l’Institut Randstad (chargé de promouvoir le principe de l'égalité des chances) et l’Observatoire du Fait religieux dans l’entreprise. En 2016, 65% des salariés disent l’avoir observé, contre 50% l’année dernière. « Il y a moins de tabous (dans l’entreprise), 80% des personnes qui ont répondu à notre étude, connaissent la religion de tout ou partie de leurs collègues. Ils sont assez à l’aise pour parler de cette religion. 45% de ces répondants disent aussi que ça n’a pas d’impact dans leur relation de travail. Et à 90%, ils considèrent qu’ils n’y a pas de gêne à ce que les uns et les autres expriment sous une forme ou sous une autre leur appartenance religieuse » souligne LaurentMorestain, président de l'Institut Randstad.

(Enquête réalisée en ligne entre avril et juin 2016 auprès de 1 405 salariés dont 61 % exercent une responsabilité managériale)

62% estiment que la religion dans l’entreprise ne doit pas faire l’objet d’une loi

Autre fait marquant de cette enquête, 62% des personnes interrogées estiment que la religion dans l’entreprise ne doit pas faire l’objet d’une loi et 65% ne veulent pas que le principe de neutralité religieuse s’inscrive dans le règlement intérieur. Cette dernière proposition a fait l’objet d’un amendement de la sénatrice (PRG) Françoise Laborde lors de l’examen de la loi Travail. Adoptée à l’unanimité au Sénat, à l’exception des communistes, cette mesure prévoit que le règlement intérieur des entreprises puisse « contenir des dispositions inscrivant le principe de neutralité et restreignant la manifestation des convictions des salariés » sous certaines conditions. Cet amendement a été fortement contesté par l’Observatoire de la laïcité et la Commission nationale consultative des droits de l’Homme. Ces deux instances l’estiment contraire au principe «  de la liberté de conscience et celle de manifester ses convictions ». « C’est un amendement de possibilité et non d’obligation, c’est d’ailleurs ce qui en fait sa fragilité juridique. Je précise que je ne suis pas pour légiférer sur cette question. Il me semble très compliqué de trouver une règle uniforme applicable aussi bien pour une petite structure que pour une multinationale » fait valoir Françoise Laborde.

Un guide du fait religieux dans l'entreprise bientôt en vigueur

Faute de décret d’application, cet amendement n’est pour le moment pas en vigueur, le ministère du Travail publiera, le 20 octobre, un guide du fait religieux pour aider les employeurs. « C’est une très bonne idée. La religion est quelque chose d’intime, de personnel, et certains salariés peuvent être choqués par le refus de leur employeur lorsqu’ils  demandent une journée de congé en lien avec l’expression de leur religion. Certains chefs d’entreprise sauront ainsi quelle attitude à adopter » indique Jean-Lou Blachier, vice-président de la CGPME. « Dans les petites structures, il n’y a pas vraiment de conflits en lien avec la religion. L’employeur connait ses salariés et chaque situation est gérée au cas par cas » ajoute-t-il. Un témoignage confirmé par Thibault Petithuguenin le directeur de la communication du groupe PAPREC. Une entreprise où cohabitent 56 nationalités régit par une charte de la diversité et de la laïcité adoptée à l’unanimité des  différents comités d’entreprise.  «  On respecte toutes les religions et toutes les croyances. Par contre, on demande au salarié lorsqu’il arrive dans l’entreprise, d’enlever son voile, sa croix, sa kippa » explique Thibault Petithuguenin. (Pour en savoir plus sur cette entreprise voir le reportage ci-dessous)

A la différence du secteur privé, le principe de laïcité et de neutralité  priment pour les fonctionnaires qui sont tenus de « s’abstenir de manifester » leurs opinions religieuses dans l’exercice de leurs fonctions.