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Famille centriste recomposée cherche parti fixe

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Florian Bourdier
Le 17.07.2012 à 16:09
Famille centriste recomposée cherche parti fixe
© AFP

 François Zocchetto, président du groupe Union centriste et républicaine du Sénat a reçu ce matin les députés du groupe Union Centriste et Républicaine, avec leur président Jean-Louis Borloo. Les deux hommes ont insisté sur la « nécessité de reconstruire leur famille politique ».

La brève réunion – moins d’une heure en tout –  était d’abord symbolique. Il s’agit de la première pierre de la future formation politique que souhaitent les élus centristes. Sortant de la discussion, François Zocchetto décrit une atmosphère générale attentive « voire impatiente » de la part des parlementaires qui souhaitent plus que jamais peser dans le jeu démocratique.

A ses côtés, Jean-Louis Borloo a confirmé sa place de leader dans cette nouvelle mouvance. « C’est un tir de confiance qui m’a été adressé » décrit-il, assurant qu’il compte bien s’y atteler « fermement, dans l’élégance, la transparence et le respect de chacun ». Un Jean-Louis Borloo rassembleur, donc, alors que le centre reste encore très fragmenté.

Rassembler les pièces du puzzle

MoDem, Parti radical, Nouveau Centre ou plus récemment la Force Européenne Démocrate. En tout, ce rassemblement espère réunir une soixantaine de Parlementaires, (31 au Sénat, 29 à l’Assemblée nationale). Il s’agit de « gagner en puissance » en parlant d’une voix unique au Parlement.

Les élus du centre se refusent pour l’heure à donner davantage de détails sur l’architecture de cette nouvelle formation : parti classique, ou confédération ? Jean-Louis Borloo assure qu’ils n’en sont pas encore là. Désormais, chaque semaine, un correspondant sera présent aux réunions de groupes, afin de faire le lien entre les députés et les sénateurs. Une réunion commune, sur le modèle de celle de ce matin, devrait également se tenir chaque mois, affirme une source proche du dossier.

Se définissant comme à la fois « un allié et un compétiteur » de l’UMP, le chef du Parti radical revendique un rôle de premier plan. « Nous serons indépendants mais pas isolés » précise-t-il. Sans doute un tacle au MoDem de François Bayrou qui doit une partie de son échec électoral à sa volonté de singularité.

Unis dans le soutien comme dans l’opposition

Pour Yves Jégot, député du Parti radical, il est clair qu’il faut jouer plus finement. « Nous souhaitons être une opposition constructive » explique-t-il. « Nous approuverons les bonnes décisions du gouvernement, mais nous serons une opposition unie quand le gouvernement en proposera de mauvaises ».

Depuis l’arrivée au pouvoir des socialistes, les centristes ont ainsi majoritairement soutenu les textes présentés au Parlement : harcèlement sexuel, abrogation de la majoration des constructions… Mais les élus se préparent aussi à l’offensive.

Jean-Christophe Lagarde, député-maire de Drancy, fustige notamment la politique fiscale du gouvernement. « Les socialistes renient leurs engagements et précipitent notre pays vers la récession » affirme-t-il. « Alternance ne signifie pas qu’il faille passer d’un extrême à l’autre. Après le bouclier fiscal de l’UMP, on a le gourdin socialiste, qui tape sur les classes les plus fragiles ». Le député maire de Drancy fait référence à la « refiscalisation »  des heures supplémentaires, que le Parlement s’apprête à acter, et qui selon lui va affaiblir « les ouvriers et les salariés les plus fragiles ».

Le « sens de l’histoire »

Le signe sans doute que le centre veut en finir avec un certain éparpillement et souhaite réunir ses troupes sous un même étendard.

A en croire les élus, il est grand temps de « recomposer la famille ». La conjoncture politique leur semble en effet favorable. D’un côté, le MoDem sort exsangue d’élections qui lui ont coûté beaucoup. De l’autre, l’UMP se perd en guerre des chefs. Au centre, la voie est libre pour l’émergence d’un nouveau parti de centre droit. « Le pays en a besoin » assure Jean-Louis Borloo, « c’est le sens de l’histoire ». Rien que ça.