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Les femmes encore sous-représentées au Parlement

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Julie Torterolo
Le 08.03.2016 à 17:34

Le mardi 8 mars 2016 signe la 39ème Journée internationale des droits des femmes. L’occasion pour le gouvernement de rappeler son engagement pour « l’égalité entre les femmes et les hommes ». Pourtant, les femmes politiques peinent encore à se faire une place au Parlement.

Sifflets, remarques sexistes, jusqu’à des caquètements d’une poule dans l’hémicycle lorsqu’une députée ou une ministre en robe prend la parole. Des railleries récurrentes avec lesquelles les femmes politiques françaises devraient composer, s’insurgeait Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé, dans le Huffington Post à l’occasion des 70 ans du droit de vote accordé aux femmes. Sénat, Assemblée nationale, aucune des deux chambres du Parlement ne font figure d’exception malgré quelques progrès.

Selon l’Union interparlementaire, la France se retrouve ainsi au 1er février 2016 à la 58ème position du classement mondial de la proportion de femmes élues au Parlement. Le Sénat compte alors 91 sénatrices sur un total de 348 sénateurs soit 26,1 % de femmes dans son hémicycle. Au coude à coude avec l’Assemblée nationale qui comptabilise 150 députées contre 423 députés, soit  26% de femmes élues. A titre d’exemple, le Rwanda en tête du classement dénombre 63,8% de femmes dans la chambre basse de son Parlement et  38,5% dans sa deuxième chambre.

Pourtant, cela fait maintenant 71 ans que les femmes ont fait leur entrée au Parlement français. Pour la plupart issue de la Résistance, 21 sénatrices prennent leur fonction en 1946. Elles sont descendues jusqu'au nombre de 4 en 1971. Une proportion qui augmente grâce à la loi constitutionnelle sur la parité du 8 juillet 1999 favorisant « l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et aux fonctions électives ». Le Sénat compte aujourd’hui plus de femmes qu’il n’en a jamais connu. L’Assemblée nationale accueille quant à elle 33 femmes dès octobre 1945, pour redescendre jusqu’à 8 en 1968.

Du côté des primaires, la parité semble également faire pâle figure. A entendre le député Les Républicains Thierry Solère, invité lundi de l’émission Territoire d’Infos, il pourrait ne pas y avoir de femmes candidates à la future primaire de la droite et du centre. Avec des règles de parrainage exigeantes – au moins 20 parlementaires, au moins 2.500 adhérents et 250 élus -, les prétendantes telles que Michèle Alliot-Marie, Nadine Morano ou encore Nathalie Kosciusko-Morizet pourraient ne pas réussir à remplir les conditions. Cette dernière entend d’ailleurs profiter de la Journée des droits des femmes pour officialiser, mardi soir sur TF1, sa candidature à la primaire pour 2017, avec l'ambition d'être la première femme à accéder à la plus haute charge de l'Etat.

Un gouvernement pourtant engagé pour « l’égalité entre les femmes et les hommes ».

La Journée internationale des droits des femmes est également l’occasion pour François Hollande de rappeler son combat pour la parité et l’égalité entre les femmes et les hommes. «  Depuis 2012, j’ai voulu que la question des droits des femmes redevienne une politique publique à part entière » n’a alors pas manqué de rappeler le président de la République ce mardi lors de l’accueil à l’Elysée du Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes instauré depuis 2013. (Voir vidéo)

Et c’est justement accompagné de Laurence Rossignol, nouvelle ministre des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes, que le chef de l’Etat s’est félicité de la création d’un ministère dédié aux femmes dès le début de son quinquennat. Et de poursuivre sur les futurs objectifs du gouvernement en faveur des femmes : le développement des crèches à vocation d’insertion professionnelle ou encore la création une agence de recouvrement des impayés alimentaires.

Mais le président de la République reste lucide concernant la parité politique. Bien que l’essentiel sur le plan législatif soit acquis pour François Hollande, « ce qui est demandé n’est pas simplement la parité numérique mais la parité des pouvoirs », continue-t-il. Pour le chef de l’Etat, le travail « n’est plus de l’ordre du législatif » mais de l’ordre «  du combat ». « Et ce combat là est loin d’être achevé », conclut-il.