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Fillon dégaine son programme, Copé veut «briser le tabou» du «racisme anti-blanc»

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François Vignal, avec Cécile Sixou
Le 26.09.2012 à 17:10

A la veille des journées parlementaires de l’UMP, chaque camp fait monter la pression. Du côté de François Fillon, on a rassemblé lundi soir les parlementaires amis au Sénat. L’occasion d’une photo de famille dans l’escalier d’honneur de la Haute assemblée. Ce mardi, à l’Assemblée nationale, l’ex-premier ministre a dégainé son programme devant la presse.

Fillon « de la droite de Ciotti au centre de Wauquiez »

En face, Jean-François Copé sort dans quelques jours un livre programme, « Manifeste pour une droite décomplexée ». Dans des extraits publiés par le Figaro Magazine vendredi, le député-maire de Meaux dénonce le « un racisme anti-blanc (qui) se développe dans les quartiers de nos villes où des individus - dont certains ont la nationalité française - méprisent des Français qualifiés de gaulois au prétexte qu'ils n'ont pas la même religion, la même couleur de peau ou les mêmes origines qu'eux ».

Jean-François Copé emploie ainsi un vocabulaire plus courant dans la bouche des dirigeants du FN. Face à ce coup de barre à droite, François Fillon, qui veut rassembler « de la droite de Ciotti au centre de Wauquiez en passant par le gaullisme social de Larcher », n’entend pas se laisser distancer sur ce terrain. Il ne nie pas le constat, mais apporte une nuance. Appelé à réagir ce matin, François Fillon ne se dit « pas choqué ». « C’est vrai qu’on assiste dans les quartiers à ces comportements », explique-t-il, « mais il faut combattre toutes les autres formes de racisme ». François Fillon entend surtout « apporter des réponses » sur la sécurité ou la politique d’immigration, le Parlement devant « fixer » chaque année le nombre de migrants pouvant être accueillis.

Sur le plan économique, pas de surprise. Face à la « crise existentielle » que traverse la France, l’ancien locataire de Matignon souhaite la fin des 35 heures, le retour de la « TVA compétitivité » - à l’origine défendue par Copé - le RSA en contrepartie de 7 heures de travail d’intérêt général, comme le souhaite Laurent Wauquiez, une réforme du contrat de travail et bien sûr le retour à l’équilibre des comptes publics. Pour cela, François Fillon propose pas une, mais trois règles d’or : une pour l’Etat, avec le retour de la RGPP, « une règle d’or sociale pour que les dépenses de santé ne progressent pas plus vite que la croissance » et une règle d’or « locale » pour sanctionner les collectivités qui augmentent les impôts.

Copé veut « combattre le politiquement correct »

Quelques minutes plus tôt, Jean-François Copé tenait son point presse à l’UMP. Le secrétaire général a dû surtout répondre aux questions sur le « le racisme anti-blanc ». Il a défendu « une droite républicaine, moderne, mais qui combat aussi le politiquement correct d’une certaine gauche bien pensante qui ne veut pas voir la réalité. Le combat contre le racisme, que nous devons mener de manière implacable, doit l’être sans langue de bois. (…)Il y a un racisme dont on ne parle pas, que vivent nos compatriotes dont la peau est blanche. Il se sentent pointés du doigt dans leur vie quotidienne », a insisté Jean-François Copé. Présent à ses côtés, le secrétaire général adjoint de l’UMP, le centriste Marc-Philippe Daubresse, a pris quelque peu des distances : « Il y a des sensibilités différentes dans notre parti. (…) Jean-François Copé exprime une réalité. Il l’exprime avec ses mots. On n’a pas forcément les mêmes ».

S’il ne nie pas l’existence d’un racisme anti-blanc, François Fillon « récuse un débat sur la droitisation ou la centrisation de l’UMP ». Mais ne craignant pas le grand écart, il explique à quelques secondes d’intervalle qu’« il faut s’adresser aux électeurs du FN qui partagent énormément de choses avec nous » puis que « les valeurs du centre sont représentés à l’UMP ».

Reste que sur le fond, les grandes questions économiques, la sécurité, l’immigration, la valeur travail, les différences sont minces entre les deux prétendants à la présidence de l’UMP. Plutôt plus proche de l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette que d’un gouffre. François Fillon le reconnaît : entre eux deux, c’est avant tout « une différence d’histoire, de parcours, de personnalité. Pas une différence idéologique ».