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Fillon sort la carte Estrosi le jour où Copé s'affiche avec Jean Sarkozy

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Le 04.09.2012 à 15:41
Fillon sort la carte Estrosi le jour où Copé s'affiche avec Jean Sarkozy
© AFP

François Fillon s'est offert mardi, avec Christian Estrosi, une belle prise dans la course à la présidence de l'UMP, le ralliement de ce sarkozyste historique intervenant à point nommé, le jour où son grand rival Jean-François Copé s'affiche avec Jean Sarkozy.

"C'est fait. Le soutien" de l'ancien ministre et maire de Nice "sera officialisé (mardi) à 16H30 lors d'une conférence de presse de François Fillon" à son QG de campagne à Paris, ont annoncé à l'AFP plusieurs proches de l'ex-Premier ministre. Selon ces sources, M. Estrosi devait s'envoler de l'aéroport de Nice à 13H35 pour être présent au point presse à Paris.

Après le président du conseil général des Alpes-Maritimes Eric Ciotti, dont il a fait son directeur de campagne pour l'élection des 18 et 25 novembre, M. Fillon obtient donc le ralliement du secrétaire général de l'Association des amis de Nicolas Sarkozy, alors qu'il a été accusé ces derniers temps de s'éloigner de l'orthodoxie sarkozyste. M. Estrosi est par ailleurs l'un des hommes forts de la troisième fédération UMP en termes de militants (12.000, derrière Paris et les Hauts-de-Seine).

Le troisième personnage-clef de la droite locale est la députée-maire du Cannet, Michèle Tabarot, très puissante dans tout l'ouest du département. C'est elle que M. Copé a choisie pour faire partie, avec Luc Chatel, de son "ticket". "La force militante dans les Alpes-Maritimes, c'est elle", assure-t-on dans l'entourage du secrétaire général de l'UMP.

Jusqu'à présent, M. Estrosi entretenait le suspense sur ses intentions. La semaine dernière, il se disait encore prêt à se lancer dans la bataille et affirmait avoir déjà récolté la moitié des quelque 8.000 parrainages d'adhérents requis. Un attelage avec Henri Guaino était également évoqué mais l'ancienne plume de Nicolas Sarkozy vient finalement d'annoncer, seul, qu'il était candidat.

Les relations Copé-Estrosi s'étaient pacifiées

M. Estrosi mettait aussi en garde contre un choc fratricide Fillon-Copé, redoutant une guerre du type Balladur-Chirac. Ces derniers mois, ses relations avec Jean-François Copé, son ancien pire ennemi, s'étaient pacifiées au point que certains évoquaient un possible rapprochement. Las, il n'aurait pas apprécié fin juin de ne pas décrocher une vice-présidence de l'Assemblée.

Son ralliement à M. Fillon constitue plutôt une surprise tant ses rapports avec M. Ciotti, longtemps son bras droit, se sont dégradés. Beaucoup à l'UMP misaient plutôt sur sa neutralité. "Mais Estrosi s'est finalement dit que si Fillon remportait l'UMP, il ne pourrait plus empêcher Ciotti de contrôler le département. Là, il pense garder les coudées franches", décrypte une source UMP. Les copéistes faisaient mardi contre mauvaise fortune bon coeur. "Fillon, c'est une campagne de notables, nous, une campagne de militants", affirmait l'un d'eux.

Reste à savoir quelle sera la place de M. Estrosi dans le dispositif Fillon alors qu'il apporte en dot une aide non négligeable dans la collecte des parrainages. Selon certaines sources, il pourrait obtenir de figurer, avec Valérie Pécresse, sur son ticket, au détriment de... Laurent Wauquiez.

Le calendrier de ce ralliement ne doit rien au hasard. La conférence de presse de M. Fillon a été convoquée à la hâte mardi matin, quelques heures avant le café politique de M. Copé organisé à Neuilly-sur-Seine sur invitation de Jean Sarkozy, le fils cadet de l'ancien président de la République.

Une façon de lui couper l'herbe sous le pied dans la quête des brevets en sarkozysme. C'est aussi la preuve que la "marque" Sarkozy demeure un argument déterminant pour les candidats à la succession de celui qui est, pour quelques semaines encore, le dernier président en titre de l'UMP.