Florange: Montebourg estime que le « bras de fer commence » avec Mittal

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afp
Le 27.09.2012 à 18:53
Florange: Montebourg estime que le « bras de fer commence » avec Mittal
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Un « bras de fer » a commencé avec ArcelorMittal autour de l'avenir de l'aciérie de Florange (Moselle), a estimé jeudi Arnaud Montebourg, précisant que le groupe avait fait une première « concession » en acceptant une éventuelle reprise de certaines activités du site.

« Nous sommes aujourd'hui dans un bras de fer qui commence et nous allons le mener ensemble », a déclaré le ministre du Redressement productif devant des salariés. « Mittal a fait la première concession qui consiste aujourd'hui à accepter une reprise (à Florange, ndlr), là où ailleurs, dans d'autres sites, il la refuse », a-t-il souligné.

Le gouvernement a « répété, martelé, rappelé » qu'il souhaitait le redémarrage des deux haut fourneaux de Florange à l'arrêt depuis 14 mois, et « à l'évidence, il ne vous a pas échappé que ce souhait n'était nullement partagé par les actionnaires et la direction du groupe ArcelorMittal », a souligné le ministre sous les huées des salariés.

La direction d'ArcelorMittal dira lundi lors d'un CCE à Saint-Denis « ce qu'il a finalement décidé après ce mois de bras de fer, il en prendra seul la lourde responsabilité », a assuré le ministre.

Si la direction « décidait lundi de ne pas faire repartir les hauts fourneaux, le gouvernement a déjà donné instruction à ses mandataires (...) qu'ils se tiennent prêt à rechercher un opérateur industriel durable et sérieux et disposant d'un projet solide et réaliste ».

Le gouvernement a deux exigences, a détaillé M. Montebourg. D'une part que les activités éventuellement abandonnées dans la filière « chaude » (production d'acier à partir de minerai de fer et de coke) puissent « faire l'objet d'une reprise par tout opérateur intéressé dans le monde ». D'autre part que l'aciériste, s'il décide effectivement d'abandonner le « chaud », « investisse de façon significative et importante » sur la filière « froide ».

« L'ensemble des montants que nous avons exigés s'élève à 150 millions (d'euros) », a-t-il précisé, évoquant des « investissements complémentaires de maintenance » pendant cinq ans.

Les syndicalistes reçus par M. Montebourg se sont dits « déçus », mais la CFDT a défendu le principe de la loi évoquée par M. Montebourg pour « organiser la reprise par voie de justice d'un site industriel viable ». De leur côté la CGT et FO ont appelé à une nationalisation de l'usine.