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François Hollande : «J'accélère»

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Le 10.09.2012 à 08:58
François Hollande : «J'accélère»

 

François Hollande, qui assume d'être "en première ligne" avec un Premier ministre Jean-Marc Ayrault cantonné dans son rôle de chef d'orchestre du gouvernement, s'est attiré les sarcasmes de la droite, le PS saluant au contraire l'avènement d'une "présidence de combat".

Le chef de l'Etat a promis dimanche soir sur TF1 d'assumer "toute la responsabilité" de l'exécutif, de "fixer le cap" mais aussi le "rythme et les étapes" de "l'agenda du redressement" de la France qu'il promet de boucler en "deux ans".

Sa présidence, assure-t-il, sera "exemplaire, simple, proche", dans la ligne du président "normal" qu'il entendait incarner lors de sa campagne, mais, a-t-il prévenu, elle passe à la vitesse supérieure: "vous me dites: il faut accélérer. J'accélère".

Il a loué en Jean-Marc Ayrault "un homme sérieux" mais averti qu'il n'entendait pas se "défausser" sur lui. "Ce qui revient au Premier ministre, c'est de faire travailler le gouvernement dans le cadre que j'ai fixé", a-t-il tranché, lointaine évocation de Nicolas Sarkozy ravalant François Fillon au rang de "collaborateur".

S'il entend "inverser la courbe du chômage" en "un an", François Hollande entend aussi manifestement inverser celle des sondages. Sa cote de popularité a chuté au sortir de l'été à un niveau plus faible que celles de tous ses prédécesseurs.

Préoccupés par l'avenir, les Français jugent aussi sévèrement le bilan des quatre mois de gouvernement de la gauche. Six Français sur dix (59%) se disent "plutôt mécontents" des débuts du quinquennat, selon BVA pour Le Parisien.

Premier signe d'une autorité revendiquée, François Hollande a sonné le glas des couacs gouvernementaux d'un définitif: "c'est fini (...) il n'y a pas de tergiversations, il n'y a pas de débat, c'est par rapport à mes engagements que chacun doit se situer".

Autre signe de fermeté: le président a mis en partie fin au suspense sur l'application de la taxation à 75% des très hauts revenus. Il n'y aura "pas d'exceptions" et même les artistes et les footballeurs devront passer à la caisse.

Le PS, première secrétaire Martine Aubry en tête, a salué "un président mobilisé et mobilisateur", "à la hauteur" de ses "responsabilités historiques".

"La présidence de combat a commencé", a claironné Arnaud Montebourg, ministre PS du Redressement productif.

La gauche de la gauche s'est en revanche montrée très critique. François Hollande a "oublié complètement le changement social", a fustigé le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent. PSA Aulnay, "ce n'est pas fini" !, a renchéri la députée PCF de Seine-Saint-Denis Marie-George Buffet. "Pas de changement de cap dans la marche forcée à l'austérité (...). Le cap de la saignée est donc maintenu", a dénoncé Martine Billard, co-présidente du Parti de Gauche.

A l'UMP, copéistes et fillonistes à l'unisson ont raillé la prestation télévisée de François Hollande: "en 100 jours, les socialistes ont fait un agenda", ont dit les uns, c'est un président qui "n'a pas pris la mesure de la situation", ont affirmé les autres.

Quant à la présidente du FN, Marine Le Pen, elle a moqué une "impuissance molle" après "l'impuissance excitée" de Nicolas Sarkozy.

Au contraire, selon nombre d'éditorialistes le chef de l'Etat a troqué ses habits de président "normal" pour ceux de "chef de guerre", au risque de prendre une posture similaire à celle de son prédécesseur à l'Elysée.

"Il parle de +combat+ et promet de +rendre des comptes+ devant les Français quitte à faire du Sarkozy bis", note Yann Marec dans Le Midi libre. "M. Hollande se sarkozyse", renchérit Francis Brochet dans Le Progrès.