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François Fillon : «Le projet que je vous propose, c’est de gagner»

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François Vignal
Le 11.12.2010 à 18:30
Continuité de l’action, attaque contre le PS… C’est en leader de la majorité que François Fillon s’est exprimé devant les délégués du conseil national de l’UMP, qui l’ont acclamé. Face à la concurrence qui monte entre lui et Copé, il précise : « Je n’ai de rivalité avec aucun d’entre vous ».

François Fillon et Jean-François Copé. La rivalité de ces deux hommes forts de la majorité risque d’animer l’UMP dans les années à venir. Mais pour l’heure, c’est tous derrière Sarkozy. Copé, nouveau secrétaire général de l’UMP, l’a dit quelques minutes plus tôt. « Je n’ai de rivalité avec aucun d’entre vous et je ne suis l’interprète d’aucun clan », a tenu à préciser François Fillon ce samedi, pour son discours lors du conseil national de l’UMP. La salle, acquise, répond par des « Fillon ! Fillon ! ». Elle recommencera quelques minutes plus tard.

Devant les risques de division, le premier ministre appelle à l’unité : « Oui Jean-François, il faut confronter vos analyses. Mais je vous le demande : ne rompez jamais le fil qui nous rassemble. Chacun d’entre nous est porteur d’un héritage, (…) les divisions d’hier nous ont épuisés, nous ont meurtris, nous ont éloignés de nos électeurs qui n’en pouvaient plus des déchirements de la droite et du centre ».

« Nous entrons dans la longue ligne droite qui va nous mener au rendez-vous démocratique de 2007… de 2012 », lance Fillon dans un lapsus. « C’est dire si je souhaite que le résultat de 2012 soit le même qu’en 2007 ».

Fillon cherche moins à jouer le bon élève du sarkosysme que Copé

Mais si Jean-François Copé a plus qu’insisté sur son soutien à Nicolas Sarkozy en 2012 – le nouveau patron doit montrer des signes d’allégeance et de soutien au Président – le chef du gouvernement cherche moins à jouer le bon élève du sarkosysme. Comme il l’a dit il y a quelques semaines, Sarkozy n’a jamais été son mentor.

François Fillon rappelle les axes de son action – la lutte contre les déficits – et en leader de la majorité, il entend mener les troupes à la victoire : « Le projet que je vous propose, c’est de gagner. Gagner en allant au bout de nos engagements de 2007 » et en continuant les « réformes ». A croire que c’est lui le candidat.

« Rien n’est plus délétère que de gouverner avec les sondages »

Appelant au « sang froid » pour « faire de 2011 une année utile », il se démarque du chef de l’Etat en affirmant que « rien n’est plus délétère que de gouverner avec les sondages dans le rétroviseur ». Ce qui ne manque pas de sel, quand on sait que Nicolas Sarkozy est un grand amateur d’études d’opinion. Et d’ajouter que « c’est à Nicolas Sarkozy de décider du chemin à prendre pour clore le quinquennat ».

François Fillon s’est fait offensif face au Parti socialiste, moqueur des rivalités du camp d’en face : « Au PS les candidats à la candidature se disputent la rose à grands coups de sécateur »… « La société du care, vous savez cette société charitable que la première secrétaire du PS appelle de ses vœux, est mal partie ».

« Le gouvernement a bien plus de raisons d’aller dans les quartiers que Mme Aubry et Mme Royal »

Il pointe un « PS impuissant à adapter sa grille idéologique ». Alors que le PS termine au même moment sa convention sur l’égalité réelle, François Fillon souligne que « rien n’est hiérarchisé, rien n’est chiffré ». Et d’ajouter : « Les réalistes du PS le savent. Mais ils n’osent pas compromettre ce qu’ils croient être leur chance de succès ».

François Fillon demande : « Est-ce qu’on peut défendre la solidarité et la justice sociale sans démagogie ? (…) Je le crois profondément ». Défendant son action, il estime que « le gouvernement et la majorité ont bien plus de raisons d’aller dans les quartiers que Mme Aubry et Mme Royal », après les déplacements des deux leaders socialistes.

Appel à l’unité, sérieux du travail, attaque contre la gauche, le premier ministre se fait conciliant envers Copé : pour finir, François Fillon tient devant tous les dirigeants du parti réunis cette conclusion étonnante : « Et je dis à la nouvelle équipe dirigeante de l’UMP qu’elle a toute la confiance de notre mouvement ». Comme si dans son esprit, au fond, c’était lui le patron.