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François Hollande veut une « relation directe, franche et efficace » avec la Turquie

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Le 07.03.2016 à 18:19

Dès son arrivée à Bruxelles pour le sommet EU-Turquie, le président de la République a insisté sur l'importance « d'avoir une relation directe, franche et efficace » avec la Turquie et sur le besoin d'aider la Grèce face à l'afflux de réfugiés.

En échange de l'aide de trois milliards d'euros qui lui a été allouée par l'Union européenne, la Turquie doit « prendre des engagements par rapport à la lutte contre les passeurs » et procéder à des réadmissions d' « un certain nombre de migrants qui sont partis de Turquie » vers l'Europe, a déclaré François Hollande.

« Il doit y avoir aussi une sécurité sur la frontière entre la Turquie et la Grèce en mer Egée » et puis « il y a aussi l'aide qu'il faut prodiguer à la Grèce » car c'est elle « qui aujourd'hui est notre frontière extérieure et accueille les réfugiés », a-t-il ajouté. 

« Le plan est simple à annoncer, difficile à mettre en œuvre : c'est la sécurité des frontières extérieures, la coopération avec la Turquie et la solidarité avec la Grèce, et c'est ce que la France va défendre comme position », a résumé le chef de l'Etat.

Interrogé sur la mise sous tutelle du quotidien turc à gros tirage Zaman, très critique envers le président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan, François Hollande a averti que « la coopération avec la Turquie ne veut pas dire qu'on accepte tout » de ce pays. « Nous devons être d'une extrême vigilance (...) par rapport à certaines mesures qui ont été prises. La presse doit être libre partout et notamment en Turquie », a-t-il plaidé.

La Turquie met une « nouvelle proposition » sur la table à Bruxelles

Lors de ce sommet exceptionnel à Bruxelles, le porte-parole du Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, a par ailleurs indiqué que la Turquie a présenté une « nouvelle proposition » afin d'aider à régler la crise migratoire en Europe. « Nous nous efforçons d'ouvrir la voie à un règlement de cette crise, c'est la raison pour laquelle il y a une nouvelle proposition », a expliqué à des journalistes le porte-parole. « Nous voulons trouver un terrain d'entente », a-t-il assuré.

La proposition de la Turquie a été exposée aux 28 chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE au cours d'un déjeuner de travail avec M. Davutoglu. Les dirigeants européens doivent ensuite examiner ensemble les « nouvelles idées » d'Ankara avant de retrouver le Premier ministre turc pour un dîner, ce qui va prolonger le sommet au delà de la durée prévue, a précisé à l'AFP un haut responsable européen.

Le président du Parlement européen, Martin Schulz, a alors précisé que la Turquie a demandé à l’union européenne trois milliards d’euros d'aide supplémentaire « d'ici 2018 », promettant en échange d'augmenter drastiquement sa coopération dans la crise migratoire pour tarir les flux de migrants.

« Cet argent additionnel va demander des procédures budgétaires additionnelles. Le Parlement européen est prêt à accélérer les procédures », a déclaré M. Schulz.

Selon le Premier ministre irlandais, Enda Kenny, l'une des demandes abordées par la Turquie concernerait également l'accélération de la libéralisation des visas pour les ressortissants turcs voyageant au sein de l'UE.

Ankara a en effet conclu fin novembre un « plan d'action » avec l'UE pour stopper les migrants quittant par milliers la côte anatolienne à destination de la Grèce. En échange de sa coopération, Ankara a déjà obtenu des contreparties substantielles : la suppression, peut-être dès l'automne, des visas imposés aux ressortissants turcs et surtout une relance de son processus d'adhésion à l'UE, ainsi que trois milliards d'euros d'aide pour les 2,7 millions de Syriens réfugiés dans ce pays.

Des fonds pour lesquels le président turc Recep Tayyip Erdogan a d’ailleurs reproché ce lundi à l'Union européenne (UE) sa lenteur à débloquer cette aide. « Cela fait maintenant quatre mois et on attend encore qu'ils nous le donnent », a-t-il dit lors d'un discours public à Ankara.

Le parti Les Républicains a quant à lui mis des « lignes rouges à la négociation » sur les réfugiés entre l'Union européenne et la Turquie, refusant l'adhésion d'Ankara à l'Union et s'opposant à tout assouplissement des visas de courts séjours pour les ressortissants turcs. «  Les Républicains forment le vœu que le gouvernement turc prenne toute sa part dans l'effort de maîtrise des flux migratoires vers le continent européen », a affirmé le porte-parole LR Guillaume Larrivé.

(Avec AFP)

 
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