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François Lamy : « Pas de place » pour le FN à la marche républicaine dimanche

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François Vignal
Le 08.01.2015 à 17:49
François Lamy : « Pas de place » pour le FN à la marche républicaine dimanche
François Lamy, député PS.
© AFP/LIONEL BONAVENTURE

Après l’horreur, le rassemblement. C’est l’objet de la « marche républicaine » nationale et silencieuse, organisée dimanche à Paris, après l’attentat contre Charlie Hebdo. A l’origine une initiative des partis de gauche. Une réunion à rassemblé jeudi après-midi tous les participants : le PS, le PCF, EELV, le MRC, le PRG, le PG. L’UMP, l’UDI et le Modem seront aussi dans la rue dimanche et ont participé à la réunion. Pas le FN. Il n’était pas invité.

Un débat a commencé à se développer sur la présence du parti d’extrême droite dimanche. Le socialiste Julien Dray a jugé ce midi qu’il n’avait « pas sa place dans la manifestation ». Un point de vue partagé par le député socialiste et ancien ministre de la Ville, François Lamy, chargé de l'organisation de l'évènement pour le PS. « Il n’y a pas de place pour une formation politique qui depuis des années divise les Français, stigmatise les concitoyens en fonction de leur origine ou de leur religion, ou ne se situe pas dans une démarche de rassemblement des Français » affirme François Lamy, interrogé par publicsenat.fr. Entretien.

Un débat monte sur la présence ou non du Front national à la « marche républicaine » organisée dimanche. Le FN doit-il faire partie de cette marche ?
Les choses sont très simples. On organise le rassemblement et on invite tous les citoyens, forces politiques, syndicats et associations qui sont républicaines et qui ont pour but commun le rassemblement des Français. A partir de là, il n’y a pas de place pour une formation politique qui depuis des années divise les Français, stigmatise les concitoyens en fonction de leur origine ou de leur religion, ou ne se situe pas dans une démarche de rassemblement des Français.

Olivier Faure, un des porte-parole du PS, a lui jugé qu'il ne fallait « exclure personne » de la marche…
Il a rectifié le tir après. Il avait été mal compris.

Faites-vous, comme le député PS Eduardo Rihan Cypel, la distinction entre le FN et ses électeurs ?
Je ne joue pas à ça. Viendront tous les concitoyens qui ont à cœur, comme cela a été fait hier soir, de rassembler les Français, qui n’ont pas peur, contrairement à ce que dit Marine Le Pen, et veulent le rassemblement du pays autour de ses valeurs. Chaque concitoyen se déterminera en fonction de ça.

Marine Le Pen, interrogée par Le Monde, qualifie la marche républicaine de « manœuvre politicienne minable ». Que lui répondez-vous ?
Une fois de plus, Marine Le Pen fait de la politique politicienne dans une période qui ne le mérite pas. Déjà hier, quand elle déclare que la France a peur, elle instrumentalise les odieux attentats d’hier. C’est inacceptable.

Le FN est-il un parti républicain ?
La République vise à chaque fois, surtout dans les grands moments de son histoire, à se rassembler et à trouver la cohésion autour de ses valeurs. Ce n’est pas l’orientation politique du FN. Lorsque Marine Le Pen ou Marion-Maréchal-Le Pen désignent l’immigration comme la source de tous nos maux, alors que la France a été en capacité d’accueillir, d’intégrer pendant des siècles, même si ce n’est pas facile, elles ne se situent pas dans le cadre de nos valeurs. Marine Le Pen adoucit son discours a des fins politiciennes. Mais derrière le masque, le FN n’a pas changé.

On a des différences politiques avec l’UMP, avec Nicolas Sarkozy. On a des différences avec François Bayrou. Ça fait partie du débat politique normal. Mais là, nous sommes dans une période où nous sommes dans une volonté de rassemblement, de ne pas stigmatiser une partie de la population, de ne pas montrer une France fermée, une France aux antipodes de ce que véhicule le FN. La France qui sera qui sera dimanche dans la rue sera ouverte, rassemblée et n’a pas peur de la barbarie.