Gaudin : «Marseille ne veut pas donner de leçons, mais Marseille n’a pas de leçons à recevoir de qui que ce soit»

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François Vignal
Le 30.05.2013 à 20:27
Jean-Claude Gaudin défend le projet du gouvernement de métropole de Marseille. Un moyen d’aider la ville à supporter « les charges de centralité », selon le sénateur-maire UMP de la cité phocéenne. Mais la majorité des élus concernés y est opposée. Ils étaient devant le Sénat pour manifester.


Gaudin : «Marseille ne veut pas donner de... par publicsenat

Il est un peu seul contre tous. Mais il assume. Jean-Claude Gaudin, sénateur-maire UMP de Marseille, est l’un des rares maires à accepter la future métropole de Marseille, un projet du gouvernement, et une des mesures phares du premier texte sur la décentralisation. Un soutien important pour l’exécutif.

« Rassurer les maires »

La métropole bénéficiera de transferts de compétence de l’Etat et des communes qui en feront partie. Jean-Claude Gaudin y voit aussi un moyen d’instaurer un peu plus de solidarité territoriale. « Toutes les communes d’à côté, la quasi-totalité de leur population vient travailler à Marseille, se soigner, va à l’opéra, au stade Vélodrome, dans les théâtres de Marseille », souligne le président du groupe UMP du Sénat. Or Marseille a « les charges de centralité » mais n’a « pas la richesse ». La métropole pourrait répondre à ce problème.

Face à l’hostilité de 109 des 118 maires concernés, Jean-Claude Gaudin appelle à les « rassurer : ils pourront faire le plan local d’urbanisme en toute liberté. (…) Je crois que le gouvernement le dira ». Il ajoute : « Ce qu’on a réussi à faire à 18 communes (avec la communauté urbaine), je pense que le gouvernement pourra le faire plus grand ».Quant à ceux qui attaquent la cité phocéenne, il répond aussi sec : « Marseille ne veut pas donner de leçons à qui que ce soit, mais Marseille n’a pas de leçons à recevoir de qui que ce soit »…

Histoire de gros sous

Presque au même moment, six sénateurs des Bouches-du-Rhône, de gauche et de droite, ainsi que plusieurs élus, manifestent leur opposition devant le Sénat. Elle est forte. Le gouvernement est « le fossoyeur de la Provence », lance Maryse Joissains, maire UMP d’Aix-en-Provence. Le maire PS de Fos-sur-Mer, René Raimondi, menace lui carrément de quitter le PS si le texte est adopté. Il sort les grands mots : « Notre culture, notre histoire seraient en danger ».

Les petits maires craignent d’être écrasés par le nouvel ensemble. « Je ne veux pas que ce soit un marseillais qui me représente. Je n’aurai plus de pouvoir pour représenter ma commune », affirme Jean-Luc Aubert, maire-adjoint divers droite de Peynier, 3560 habitants. Ce refus de la métropole, c’est aussi une histoire de gros sous, reconnaît l’édile. « Ne soyons pas hypocrite, l’aspect financier aussi joue peut-être ». Les communes plus riches se trouvent derrières les montagnes qui entourent Marseille. Elles seraient englobées par la nouvelle Métropole.

Samia Ghali, médiatique sénatrice PS de Marseille, est aussi vent debout contre le projet. Elle l’a dit à la ministre Marylise Lebranchu, lors d’un échange tendu devant la caméra de Public Sénat. Elle l’a redit dans la rue. Et elle prévient : si le texte reste en l’état, elle « ne votera pas cette loi ». Quant à Maryse Joissains, elle promet de revenir devant le Sénat. Mais la prochaine fois, « ce sera avec nos populations ».