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Goodyear : Valls dénonce la «décision lourde» de la justice et défend «l’action syndicale»

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François Vignal
Le 14.01.2016 à 15:53

Après la condamnation de huit ex-salariés de Goodyear à 9 mois ferme pour avoir séquestré des cadres, Manuel Valls y voit « une décision lourde ». « Tout n’est pas permis, y compris quand la violence sociale est très importante » a cependant ajouté le premier ministre.

D’habitude, « faire du Valls », c’est montrer un visage de fermeté. Ce jeudi, le premier ministre a tenu une ligne plus mesurée et plus sociale sur la question de Goodyear. Huit ex-salariés de l'usine Goodyear d'Amiens-Nord ont été condamnés mardi à une peine inédite de 24 mois de prison dont 9 mois ferme pour la séquestration durant 30 heures en 2014 de deux cadres dirigeants de l'entreprise, suscitant l’émoi au PCF, chez Jean-Luc Mélenchon ou à la CGT.

« Il n’appartient pas au gouvernement de commenter une décision de justice », a souligné Manuel Valls lors des questions d’actualité au Sénat ce jeudi,  rappelant « l’indépendance » du parquet. Mais le premier ministre a reconnu que « cette décision est lourde, indéniablement. Elle est celle de cette juridiction de première instance. Il faut la respecter tout en mesurant le choc pour les syndicalistes condamnés, pour les salariés et leurs familles ».

« Il n’y aura jamais dans notre pays de criminalisation de l’action syndicale »

Il a dénoncé la violence. Mais toutes les formes de violence. « Le respect des personnes est un autre principe fondamental. Tout n’est pas permis, y compris quand la violence sociale est très importante » a souligné Manuel Valls, qui a aussi appelé à « ne jamais basculer dans la violence. Mais la violence peut prendre différentes formes. C’est pour ça que je n’accepte pas non plus les propos haineux et violents d’un dirigeant américain qui a envisagé à un moment de reprendre le site. Je n’accepte pas les leçons de ce patron ». « Tout est foutu chez vous » avait affirmé Morry Taylor, patron de Titan international, qui avait envisagé de reprendre l’usine.

« La revendication syndicale est légitime et elle doit être respectée. Il n’y aura jamais dans notre pays de criminalisation de l’action syndicale » a ajouté le premier ministre. Après Valls premier flic de France, bientôt Manu le rouge ? On n’en est pas là. Mais le ton n’est plus celui du Manuel Valls qui dénonçait les « comportements de voyous » après les incidents à Air France où des salariés s’en étaient pris à des membres de la direction.