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Gouvernement Ayrault : premiers pas, premiers couacs

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François Vignal
Le 06.07.2012 à 17:46
Gouvernement Ayrault : premiers pas, premiers couacs
Le gouvernement Ayrault II.
© AFP
Moins de deux mois après les débuts du gouvernement, les ministres n’ont pas échappé aux premiers couacs, entre Peillon, Filippetti, Duflot ou Bricq, qui a même du être exfiltrée de l’Ecologie au Commerce extérieur. Pas toujours facile l’apprentissage de la vie de ministre.

Pas toujours facile, l’apprentissage de la vie de ministre. Les premières semaines du gouvernement Ayrault ont été celles des premières décisions. Mais aussi des premiers désaccords, des premières erreurs de communications, des premiers recadrages, bref, des premiers couacs.

Filippetti vs Cahuzac

Dernier en date : entre Aurélie Filippetti, ministre de la Culture, et Jérôme Cahuzac, ministre du Budget. La première a évoqué la possibilité que les ordinateurs soient soumis à la redevance. Le second l’a démentie : «Le gouvernement, en tout cas le ministre du Budget, n'était pas informé. Je pense que je n'étais pas le seul. (…) Mais cette suggestion n'est pas reprise par le gouvernement », a-t-il mis au point sur RTL.

Mais son homologue de l’Economie, Pierre Moscovici, a entretenu un léger doute. S’il affirme que sa position est «proche» de celle de Cahuzac, il entend laisser « les arbitrages budgétaires se dérouler». Et de renvoyer aux « discussions du projet de loi de finances pour 2013 »… Le bras de fer entre Filippetti et Cahuzac sur ce point n’est peut-être pas terminé.

Peillon et la semaine des 4 jours

Le ministre de l’Education Vincent Peillon avait été à l’origine du premier couac gouvernemental, en annonçant la fin de la semaine de 4 jours à l’école primaire, avant que le premier ministre Jean-Marc Ayrault ne parle que de « concertation ».

Sur l’allongement à deux semaines des vacances de la Toussaint, là aussi le premier ministre avait minimisé les déclarations de son ministre, avant que Matignon ne donne raison, pour le coup, à Vincent Peillon.

Duflot se lâche sur le cannabis

 Juste avant les législatives, c’est la ministre du Logement Cécile Duflot qui avait fait du bruit en rappelant la position de son parti Europe Ecologie-Les Verts sur le cannabis : à savoir la dépénalisation. Aussitôt, là encore le premier ministre recadre d’un simple « le gouvernement n’a rien dit sur ce sujet »…

Lebranchu et le tabou de la rigueur

La politique est une affaire de communication. Au moment où l’Etat doit chercher 7 milliards en 2012 et 33 milliards en 2013 pour atteindre les objectifs de réduction du déficit public, il est interdit de prononcer le mot tabou : rigueur. La communication gouvernementale préfère parler « d’effort ». Alors quand la ministre de la Fonction publique, Marylise Lebranchu, promet aux fonctionnaires « un grand moment de rigueur », ça ne passe pas, surtout à quelques jours du sommet social. C’est à la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, de recadrer. Le terme de rigueur n'était « pas approprié ».

Bricq déplacée : merci le lobby pétrolier

Last but not least : le cas Nicole Bricq. Plus qu’un couac, le transfert de l’ex-sénatrice du ministère de l’Ecologie à celui du Commerce extérieur est synonyme de recul du gouvernement face au lobby pétrolier. Nicole Bricq comptait – avec le soutien d’Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif – mettre en place une « remise à plat » de tous les permis d'exploration pétroliers et gaziers, en attendant une refonte du code minier, qui fait peu de cas de l'environnement. Conséquence : des forages programmés cet été par Shell en Guyane se retrouvaient suspendus. Mais après pression des élus guyanais, qui ont souligné les retombés pour l’emploi, et des pétroliers, un communiqué annonçait qu’il n’était « pas envisagé de remettre en cause les permis déjà octroyés ». Pire, ou plutôt mieux pour les pétroliers, Nicole Bricq a carrément dû quitter son ministère. La ministre aurait parlé de « promotion » à sa collègue Cécile Duflot…