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Le grand écart des communistes

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Michaël Szames
Le 18.06.2012 à 17:53
Le grand écart des communistes
© AFP

Loyal et critique. Tout un programme pour le Parti Communiste Français réuni  en Conseil national ce matin au siège du Parti, Place du Colonel Fabien. Une  stratégie  de survie face à un PS dominant.

« L’indépendance, on la paye » Un membre de l’équipe dirigeante explique ainsi le très faible score de son parti aux élections législatives. A peine 10 députés du Front de gauche siégeront à l’Assemblée nationale. « Martine Aubry nous fait payer le prix cher faute d’accord » conclut cet élu. Patrice Bissac, le porte-parole du PCF le dit très clairement « Tactiquement, on n’a pas su passer du 2e tour de la présidentielle aux élections législatives. On  a vu le piège de la présidentialisation sans réussir à y échapper. » Une critique implicite de la l’omniprésence de Jean-Luc Mélenchon.  Ils sont d’ailleurs peu nombreux à critiquer  le troisième homme de la présidentielle, en tout cas à le dire haut et fort. L’ex secrétaire national du PCF, Marie-George Buffet  ne voit elle pas de raison de remettre en cause la stratégie du Front de gauche. Bien au contraire. «  Ni opposition, ni majorité.» Une position qui sera difficile  à tenir pendant 5 ans. « Proposer le changement sur le front social, politique et intellectuel. Oui à l’alternative à gauche ». Voilà pour la presse et le discours officiel. En arrière fond se joue une autre bataille. Comment peser dans le paysage politique alors que le PS est en position de force partout ? Visiblement ce lundi matin, les cadres du PCF n’avaient pas encore trouvé la solution miracle. A l’ordre du jour  du Conseil national, une motion en trois points. Pierre Laurent le secrétaire national est venu la présenter à la presse.

Pressé de questions sur la participation des communistes au gouvernement, il s’y prend à plusieurs reprises pour expliquer la position du parti. «  Oui nous avons vocation à participer à un gouvernement de gauche mais nous sommes au regret que nous ne partageons pas la vision présidentialiste  de ce gouvernement »  Il aura fallu la quatrième question d’un journaliste sur ce thème pour en savoir un peu plus.  « J’ai eu Jean-Marc Ayrault au téléphone, les conditions ne sont pas réunie mais je lui ai dit que nous étions disponible... »  Le porte-parole décode : « Nous sommes contre les mesures d’austérité qui vont être mise en place, nous sommes pour une inflexion du projet présidentiel qui ne sera pas possible dans un gouvernement.  Nous voulons garder notre liberté d’agir.» Voilà qui est plus clair mais qui devra encore être voté mercredi prochain.

Un groupe pour les communistes ?

Le numéro un des communistes explique que l’objectif reste de constituer un groupe à 15 députés malgré l’élection de seulement  10 élus. Les discussions ont porté leurs fruits, les élus d’outre-mer qui faisaient déjà parti du Groupe démocrate républicaine (GDR) vont venir prêter main forte.  Une solution qui permettrait  de patienter dit André Chassaigne, pressenti pour prendre la tête de ce groupe.

« Nous avons l’accord de la gauche pour constituer un groupe à 10 mais avec les délais nous ne pourrions pas participer ni aux commissions ni prendre la parole dans l’hémicycle ce qui limite la prise ne compte du PCF ». Le groupe n’aura pas l’appellation PCF mais cette solution semble finalement convenir à tout le monde, en tout cas dans l’attente.