Le grand oral des candidats sur le logement

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François Vignal
Le 01.02.2012 à 19:57
hollande - AFP
© AFP

Le logement devient un des thèmes forts de campagne. A l’image du pacte écologique de Nicolas Hulot en 2007, la fondation Abbé Pierre a invité les principaux candidats à signer son « pacte social » sur le mal-logement à l’occasion de la remise de son rapport annuel. Les candidats, à l’exception de Marine Le Pen, « dont les valeurs sont contraires à la fondation ». Tous ont signé le pacte, sauf Henri Guaino, qui n'a pas été invité à le faire car le chef de l'Etat n'est pas encore officiellement lancé dans la course.

Dans le grand hall 6 du parc des expositions de la Porte de Versailles, le candidats ont chacun une petite demi-heure pour convaincre l’auditoire. La journaliste Anne-Sophie Lapix anime le débat, avant que chaque candidat aille signer le pacte. Il prévoit de produire environ 500.000 logements par an, dont 150.000 sociaux, de « réguler et maîtriser les prix » et une « politique préventive des expulsions ».

Eva Joly

La candidate d’Europe Ecologie-Les Verts déroule ses propositions. Elle est précise. Elle veut la construction de 500.000 logements par an, « dont 150.000 très sociaux », « réguler les loyers ». Pour la loi SRU sur le logement social, elle veut passer l’obligation de construction pour les mairies de 20 à 25% et même 30% à Paris. En cas de blocage de la municipalité, le préfet « se substitue aux maires ». Eva Joly est pour la réquisition des logements vides. « Il n’y aura pas d’expulsion sans relogement ». Répondant à Nicolas Sarkozy qui critique l’idée d’encadrement des loyers, elle affirme que « ça marche dans un petit pays exotique qui est l’Allemagne ». Et de terminer par une promesse : « Je n’oublierai pas de porter le logement. C’est tellement central dans ma campagne ».

Jean-Luc Mélenchon

Voilà le candidat du Front de gauche. Ses propos et propositions tranchent. « Vous n’êtes pas propriétaires, vous êtes seulement le locataire des banques qui vous serrent la vis ». Ou encore : « Le logement est un élément de spéculation (…) On a entretenu volontairement la pénurie ». Il souhaite baisser les loyers. Comment ? En fixant une moyenne du prix des loyers qui s’appliquerait à tous, et pas seulement aux nouvelles locations. Avec « 100% de l’argent public » destiné au logement « qui va au logement social », il veut construire 500.000 logements par an. Il ne veut plus aider le secteur privé : la loi Scellier, « c’est immoral ». Les offices HLM auront droit à des prêt à taux zéro. Les amendes contre les municipalités qui ne respectent pas la loi SRU seront multipliées par 10. A l’aise face à une salle en partie conquise – des applaudissements se font entendre à plusieurs reprises – Jean-Luc Mélenchon termine en citant l’Abbé Pierre : « La politique, ça consiste uniquement à savoir à qui on va prendre du fric et à qui on va le donner ».

François Bayrou

Le candidat du Modem vient de présenter un peu plus tôt son programme économique. A l’aise, peut-être trop, il semble d’abord moins précis dans ses propositions après les passages de Joly et Mélenchon. Quelques idées cependant : « Davantage de vrais logements d’urgence » : « Un service public de coordination » avec « un préfet de cohésion sociale et logement  pour convaincre les élus locaux qu’il faut bouger sur un certain nombre de choses »… Quant aux villes qui ne respectent pas la loi SRU, il évoque le « blocage » des dotations de l’Etat. Et propose de « couvrir les risques locatifs ». La mixité sociale des logements est aussi au programme. Et le problème du logement étudiant ? François Bayrou a une proposition, inspirée de l’expérience de son fils : « la colocation ». Avantage selon le candidat : baisse le coût du logement pour le jeune, « lutter contre la solitude » « et parfois un peu plus »…

François Hollande

François Bayrou n’a pas encore quitté la salle qu’un autre François arrive : c’est Hollande (qui va se faire enfariner en signant le pacte). Il répète ses propositions connue depuis son discours du Bourget : passer la loi SRU de 20 à 25% (comme Eva Joly), multiplication par 5 des sanctions pour les municipalités, avec un préfet qui « se substitue » en cas de besoin. L’Etat et Réseau ferré de France mettront à disposition leurs terrains gratuitement pour les collectivités locales. A la relocation ou première location, les loyers seront encadrés, dans les zones sous tension. François Hollande entend construire 2,5 millions de logement en 5 ans, dont 150.000 logements sociaux par an. Pour les financer, le plafond du livret A sera doublé, « ce qui dégage 25 à 30 milliards d’euros en plus » et permettrait « de baisser les taux d’intérêt pour les bayeurs sociaux ». Autre mesure : un plan d’isolation thermique. « Ce n’est pas mon côté écolo, c’est mon côté social », tient à préciser le candidat PS. Une partie des emplois d’avenir sera affectée à des missions de diagnostic sur l’isolation des logements. Nouveau : il entend prélever « une partie de la rente nucléaire » pour financer l’isolation thermique. Il affirme qu’il n’interdira pas les expulsions. La salle siffle. « Mais il n’y aura pas d’expulsion sans garantie de relogement », précise-t-il. Promet-il zéro SDF, comme l’avait fait Nicolas Sarkozy en 2006 ? Non. « Je ne fais pas de promesse. Ceux qui ont dit ça vont peut-être perdre leur logement du moment… »

Henri Guaino (à défaut de Nicolas Sarkozy)

Le conseiller spécial représente le Président, qui n’est pas encore candidat, mais un peu (beaucoup) quand même. Dès le début, la salle, pas vraiment composée de militants UMP, siffle Henri Guaino. Il défend le bilan du gouvernement : « L'effort qui a été fait a été considérable. Cela n'est pas suffisant, pas parfait, mais on ne peut pas dire que le logement social ait été malmené pendant cinq ans ». Présent à la tribune quelques heures plus tôt, le secrétaire d'Etat au logement Benoist Apparu, a défendu l'augmentation de 30% des droits à construire promise dimanche par Nicolas Sarkozy, car « la seule solution pour faire baisser les prix, c'est de produire plus de logements ».

 
Godwin
Des propositions toutes plus délirantes et coûteuses les unes que les autres, manifestement pas contredites dans leur principe, même par l’UMP via la voix de Guaino. Ce qui serait bien, ce serait de LIBÉRALISER le marché du logement ; voir cet article très intéressant sur l’état dudit marché en France : https://www.contrepoints.org/2012/01/12/64512-logement-eric-cantona-et-l....
Alextpe
Les logements sont déjà payés par le contribuable, sauf que ça arrive directement dans la poche des propriétaires via les dispositifs Scellier et les APL.
amaryllis
Faux. L'APL ne couvre qu'environ la moitié du loyer. Le mieux pour un futur propriétaire en location, c'est de ne pas acheter pour louer donc bannir la location. Trop de locataires en profitent pour ne plus payer dès le 2e mois d'occupation. Les bailleurs ont déjà des crédits sur le dos, la taxe foncière, la CSG en fonction des loyers encaissés. Rien d'enviable. Il est préférable d'investir en bourse. Quand aurons-nous la possibilité d'acheter des actions qui soutiendraient l'industrie française sur le sol français, cela apporterait de l'emploi chez nous.
sourire
Le logement.....6ans en arrière ne trouvant pas de logement sur Paris ,nous avons du être séparés mon époux seul,et les enfants et moi même avec mes parents à l'étranger . Grace à Dieux nous avons réussit après une année de séparation à remonter la pente ,et tomber sur un super propriétaire qui a bien voulu nous loger .bref aujourd'hui nous sommes propriétaires . Mutation,et,nous avons décidé de loyer la maison ....mais là les problèmes commencent ,et je comprends que les propriétaires ne veulent plus louer leur bien. A quand une lois qui rassurerait le propriétaire ?(du moins être sur de récupérer son bien à la fin du bail)
Titeuf cannes
Il ne faut pas faire payer de pénalités aux mairies qui ne respectent pas la loi SRU.En république, il y a des lois, si les maires ne respectent pas la loi, il faut les destituer. Quant aux logements inocupés, il faut doubler ou tripler leurs taxes foncières, ces propriétaires finiront bien par comprendre.Pourquoi ne pas favoriser l'accession à la propriété aux locataires de HLM ?
babette
et quand le locataire ne paie pas le loyer, nous sommes un peur refroidi pour relouer, Titeuf va payer les taxes foncieres doubler ou bien tripler. quand un proprietaire emprunte pour acheter un logement et le loue que le locataire ne paie pas le loyer, la banque est sympa avec le proprietaire, le locataire ne vous paie pas le loyer, c est pas grave, ne remboursé pas votre emprunt , on vous en fait cadeau, on est pas au pays de OUI OUI
France, que deviens tu ?
concernant le logement comme d'habitude, bla bla bla.... PAROLES....la réalité est bien plus mercantile, nos politiciens sont les jouets des multinationales à qui ils sont vendus....et qui ont droit de vie et de mort sur tous les peuples...i
amaryllis
Pourquoi cet ostracisme par rapport à Marine Le Pen même provenant la Fondation Abbé Pierre. Je suis atterrée. Elle est une candidate comme les autres ni meilleure ni pire.
bulbe
C'est parce que vous feigner de ne pas voir de différence qu'il faut de surcroit l'affirmer. Les valeurs de l'humanisme ne correspondent en rien aux valeurs d'exclusions de l'extrême droite.
amaryllis
Quelle valeur de l'humanisme retrouvez-vous dans le trotskysme de JL Mélenchon ? Trotsky avait des méthodes musclées mais quand même pas au point de Staline. M le Pen, elle-même qu'a-t-elle sur les mains ? Rien à lui reprocher présentement. Au niveau local, en tant qu'élue, elle est concernée par le logement de ses administrés. Qu'ils soient de droite, de gauche, et des deux extrêmes, les potiliques doivent trouver une solution pour tous les sans-logement.
amaryllis
A ne plus vouloir de bailleurs privés qui ne coûtaient rien à l'Etat et aux contribuables, les candidats veulent construire de nouveaux logements qui seront probablement pas payés par les locataires (pendant la trêve hivernale ou pour différentes raisons) mais par les contribuables. Bon courage aux bailleurs privés restants et pour combien de temps !!!

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