Groupe UMP : un duel Jacob/Bertrand aux allures d’avant-match Copé/Fillon

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François Vignal
Le 19.06.2012 à 19:13
Groupe UMP : un duel Jacob/Bertrand aux allures d’avant-match Copé/Fillon
© AFP
Les quelques 200 députés UMP élisent demain leur président de groupe. Face au sortant Christian Jacob, se présente l’ex-ministre Xavier Bertrand, plus proche de Fillon. Une campagne express de trois jours pour mener l’opposition au Palais bourbon.

Campagne express pour la tête du groupe UMP de l’Assemblée nationale. Trois jours. Après la défaite de l’UMP aux législatives, les quelques 200 députés rescapés doivent élire mercredi à 11 heures leur président de groupe, avec un éventuel second tour dans la foulée. Le président sortant Christian Jacob est de nouveau candidat. Son principal adversaire est l’ex-ministre du Travail Xavier Bertrand. Hervé Gaymard s’est aussi lancé dans la course. Le radical Jean Leonetti a préféré ne pas y aller.

Inévitablement, cette élection à la tête du groupe prend des allures d’avant-goût du duel Copé-Fillon pour la présidence de l’UMP, à l’automne. Christian Jacob est un proche du maire de Meaux. Xavier Bertrand est plus proche de François Fillon, même s’il s’en défend pour cette élection.

Chapeaux à plume

Dans les couloirs de l’Assemblée, chacun vient donner la bonne parole aux journalistes. A écouter l’entourage du secrétaire général de l’UMP, on se dit que l’élection serait pliée d’avance : « Jacob va gagner. Xavier Bertrand a donné l’impression qu’il voulait amorcer le match pour la présidence de l’UMP. Mais les députés ne le veulent pas ». Ce proche de Copé ajoute : « Il ne faut jamais que les chapeaux à plumes se mêlent de l’élection à l’intérieur du groupe »…

Pour l’ancien ministre Laurent Wauquiez, qui soutient Xavier Bertrand, l’élection a « un petit côté ouvert ». Il « ne pense pas que ce sera du 80-20 ». Franck Riester pense aussi que ce sera « serré », mais que « Jacob va l’emporter ». Certains reprochent au président de groupe sortant son manque d’envergure pour diriger un groupe maintenant dans l’opposition. « Il n’y a pas besoin d’avoir un seul porte-voix. Il y aura d’anciens ministres dans le groupe, même un ancien premier ministre… Il faut être en capacité d’être en sorte que chacun puisse s’exprimer », souligne Riester. Sous-entendu, Jacob ne sera pas l’homme d’un clan, reproche souvent apporté à l’équipe Copé à l’UMP.

Un filloniste : « Ceux qui croient qu’on se compte se trompent »

D’un côté comme de l’autre, on ne se risque pas aux pronostics en terme de voix. « Ceux qui croient qu’on se compte se trompent », lance un député pro-Fillon. Manière déjà de déminer le terrain, en cas de défaite de Bertrand ? Le député de l’Aisne, réélu d’extrême justesse dimanche, a hésité à se déclarer, avant de se lancer. « La seule chose qu’il risque, c’est de perdre », selon un soutien.

Cette élection particulière ne se joue pas sur des programmes. Ni uniquement sur des courants. Mais sur des relations, de l’humain. « La dimension personnelle », comme le dit un député. Copé dépeint ainsi un Jacob « attentif aux autres », qui « renvoie des ascenseurs. Il est au milieu de ses troupes quand c’est difficile ». Xavier Bertrand se dit lui « très proche des députés depuis longtemps ». Mieux, il ajoute : « Quelqu’un m’avait dit une fois tu es le plus député des ministres ». Mais Jacob part avec une longueur d’avance. Il joue en quelque sorte à domicile, face à un Bertrand que le camp Copé décrit comme « méprisant pour ceux qui ne sont pas de la haute », comprendre Jacob, ancien agriculteur. Reste une part d’inconnu avec l’attitude des nouveaux députés élus. D’ici demain, les discussions informelles dans les couloirs vont continuer. Les portables vont sonner.