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Guerre de mouvement entre Copé et Fillon pour l’UMP

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François Vignal, envoyé spécial à Marcq-en-Baroeul
Le 27.09.2012 à 20:48
Guerre de mouvement entre Copé et Fillon pour l’UMP
© AFP
« Droite décomplexée » de Copé contre rassemblement « du centre aux électeurs du FN » de Fillon. Si les différences sont minces entre les deux pour la présidence de l'UMP, le premier cherche à marquer sa différence en droitisant sa campagne.

La campagne pour la présidence de l’UMP s’apparente à une guerre de mouvement entre Jean-François Copé et François Fillon. Et écrase les journées parlementaires de l’UMP, à Marcq-en-Baroeuil, près de Lille. Le rendez-vous de rentrée des sénateurs et députés a été phagocyté par le duel entre les deux prétendants, au grand damne de Bernard Accoyer, ex-président de l’Assemblée nationale.

Alors que les travaux s’ouvraient, François Fillon a préféré le matin retrouver des élus amis. Il arrive pour l’heure du déjeuner et serre même la main à Jean-François Copé. « On peut s’embrasser si vous voulez… » plaisante le député du VIIe arrondissement de Paris. Une fausse camaraderie qui ne trompe personne.

« On ne joue pas au concours du mec qui sera le plus à droite »

Dans le gymnase qui accueille la réunion militante le soir, les militants pro-Fillon et pro-Copé – aidés d’un mégaphone – font la claque. Un peu plus tôt dans l’après-midi, François Fillon a pris ses distances avec les propos de son rival sur « le racisme anti-blanc », après avoir dans un premier temps affirmé ne pas être « choqué ». « Ce n’est pas en copiant les extrémistes que nous convaincrons nos électeurs et ceux du Front National », a-t-il affirmé au site Atlantico. Quelques minutes avant le discours de Fillon devant les militants, Laurent Wauquiez vient voir les journalistes et insiste : « Jean-François Copé a choisi une campagne le plus à droite possible. Ce n’est pas la logique de François Fillon, qui veut couvrir le champ du centre aux électeurs de l’extrême droite ». Il ajoute : « On ne joue pas au concours du mec qui sera le plus à droite ». D’une autre manière, le sénateur du Nord Jean-René Lecerf nous expliquait dans la journée que « Copé est un Mélenchon de droite »…

Changement de ton à la tribune. François Fillon joue au bon camarade. « Des journalistes me disent : finalement, il n’y a pas tellement de différences de fond entre vous. Mais heureusement, sinon on ne serait pas dans le même parti ! » lance Fillon, qui ajoute, en regardant Copé et Jacob, ancien et actuel présidents du groupe UMP de l’Assemblée : « Pendant 5 ans, jamais la majorité ne m’a manqué a aucune occasion ».

Pendant que François Fillon répète son programme pour la France, présenté la veille, le maire de Meaux applaudit à de nombreuses reprises. Mais le temps avance et son visage se ferme. « Je ne veux pas qu’on donne le sentiment que je vais empêcher Jean-François de parler, d’ailleurs, si je le voulais, je n’y arriverais pas », sourit François Fillon. Il insiste sur son action au gouvernement et détaille ses trois pactes : productif, européen et national. Objectif : se présenter en homme d’Etat.

Tacles de Copé contre Fillon

Quand Copé prend la parole, après avoir exprimé sa « reconnaissance » aux militants, le secrétaire général de l’UMP inflige une douche froide à son rivale : « La dimension d’homme d’Etat n’est pas donné à tout le monde »… Fillon ne bronche pas, regarde droit devant.

Sur la critique de François Hollande, la dénonciation des 35 heures, la compétitivité ou la dénonciation du communautarisme, les deux hommes disent la même chose. Mais sur ce dernier thème, le député-maire de Meaux va plus loin. Il s’agit de plaire aux militants, qui désigneront le prochain patron de l’UMP, quitte à se couper de la frange centriste. Il dénonce le droit de vote des étrangers, défend la loi contre la Burqa - « même pour une seule femme cette loi était nécessaire » - et dénonce « le politiquement correct de la gauche bien pensante ». On dirait du Sarkozy. Copé en prend parfois la gestuelle.

Last but not least, il revient sur le racisme anti-blanc. « Nous luttons contre toutes les formes de racisme. (…) Mais il y a des quartiers où il ne fait pas bon être une femme, être de couleur blanche », souligne Jean-François Copé. « J’entends certains dirent « ce n’est pas le tout de dénoncer le problème, il faut le résoudre. Merci, on fait ce qu’on peut », lance-t-il sèchement.  Deuxième douche froide à destination de Fillon et ses amis. Apres la Marseillaise rituelle, les deux hommes descendent de l’estrade, chacun de leur côté. Copé par la droite, Fillon par la gauche.

 
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« Copé est un Mélenchon de droite »

C’est ce qu’affirme le sénateur Jean-René Lecerf, soutien de François Fillon pour la bataille de l’UMP. Si pour les journées parlementaires du parti, le mot d’ordre est à l’unité et à la critique du gouvernement, la boite à baffe n’est jamais très loin…