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Hadopi : « On verra que la machine coûte cher », dénonce l’UMP Lionel Tardy

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Laurent Berbon
Le 05.10.2010 à 20:16
Hadopi : « On verra que la machine coûte cher », dénonce l’UMP Lionel Tardy
Les premiers mails d'avertissement de l'Hadopi ont été envoyés le 1er octobre
© Public Sénat

Les premiers mails d’avertissement à peine envoyés, la mise en œuvre du dispositif Hadopi fait des vagues. Free, l’un des cinq fournisseurs d’accès internet se refuse à envoyer ces mails à ses internautes, par souci de « protéger les données personnelles » de ses abonnés. Et des voix s’élèvent à nouveau pour dénoncer un dispositif  qui va « produire peu d’effets » et « coûter cher ».

« Je ne laisserai pas détruire le livre, je ne laisserai pas détruire le disque, je ne laisserai pas détruire le cinéma, c'est trop important pour notre pays ». Si Nicolas Sarkozy s’est à nouveau posé en défenseur des artistes mardi lors du lancement de l’opération ciné-lycée, il va devoir composer avec les réticences du fournisseur d’accès internet Free. Celui-ci refuse en effet de relayer pour l’instant les messages d’avertissement, faisant ainsi obstacle à Hadopi.

Le fournisseur d’accès internet (FAI) explique ne pas avoir encore signé de convention comme cela est prévu par le décret du 5 mars 2010 afin d’encadrer les modalités de transmission des informations sur les données personnelles. « Nous avons proposé cette convention au ministère de la Culture et à Hadopi cet été mais nous n’avons pas eu de retour » explique Free. « Tout cela c’est pour entretenir l’image d’un certain laxisme », dénonce son confrère Orange, qui confie ne pas être au courant de l’existence d’une telle convention. « Il ne tenait qu’à l’Etat de faire le nécessaire pour respecter la loi. Nous on protège nos abonnés », rétorque Free.

Des déboires qui confortent les quelques élus de la majorité qui s’étaient élevés contre le dispositif Hadopi lors de son vote au Parlement. « On verra dans le temps que cela produit peu d’effets et que la machine coûte cher. 14 millions d’euros par an, c’est le budget de la CNIL », déplore le député UMP Lionel Tardy. « C’est cher payé pour une usine à spam », dénonce pour sa part le collectif « La Quadrature du net ». « Ce n'est rien par rapport aux dégâts causés par le piratage qui coûte une fortune à l'économie », estime en revanche Michel Thiollière, ancien sénateur et actuel membre du Collège Hadopi. « On aurait mieux fait d’ajouter deux euros sur le prix de l’abonnement internet. La seule qui va se faire prendre c’est la ménagère de 45 ans dont le fils télécharge illégalement », juge pour sa part Lionel Tardy, qui rappelle que les internautes seront attaqués sur le défaut de protection de l’installation informatique.

Sur ce sujet, le Collège Hadopi a annoncé mardi avoir lancé un appel d’offre pour un dispositif en ligne qui permettra à chaque usager de pouvoir se sécuriser face à un certain nombre de risques. Lors d’une conférence de presse,  le collège a par ailleurs évoqué la mise en place de « Labs », ateliers de recherche visant à «produire des analyses» afin d’aider l’Hadopi à être force de propositions en matière d’offre légale sur Internet et de soutien à la création. Coût de l’opération estimé à environ 1 million d’euros par le Collège, qui a par ailleurs refusé de s’exprimer sur Free et la question de la transmission des mails.

Dupont-Aignan « encourage les gens à aller chez Free »

Le fournisseur d’accès que certains accusent vouloir se faire de la « pub » auprès des internautes aura au moins le soutien de Nicolas Dupont-Aignan. « Hadopi est un non sens économique, technique et politique », critique le député souverainiste, farouchement hostile au dispositif depuis le début. « Une usine à gaz politique » et un « dispositif mort-né » dit-il. « J’appelle à boycotter tous les fournisseurs d’accès qui se livrent à cette collaboration. J’encourage les gens à aller chez Free », a déclaré le président de « Debout la République ».