Hervé Morin se retire et après ?

+A -A
Pascale Tournier
Le 16.02.2012 à 17:30
Hervé Morin se retire et après ?
Hervé Morin, le président du Nouveau Centre
© AFP
Après le retrait de la candidature de l’ancien ministre de la Défense, se pose la question de l’avenir du Nouveau Centre. Pour le député Jean-Christophe Lagarde, « sa candidature nous a fait perdre du temps ».

 

Hervé Morin jette l’éponge. Le candidat du Nouveau Centre a choisi d’annoncer le retrait de sa candidature à la présidentielle et son ralliement à Nicolas Sarkozy dans une interview à paraître vendredi, dans le Figaro magazine. « Ma détermination ne doit pas tourner à l’obstination », estime l’ancien ministre de la Défense. Dès ce matin, Jean-François Copé, le secrétaire général de l’UMP et la ministre du Développement durable Nathalie Kosciusko-Morizet ont accueilli la bonne nouvelle.

Parmi ses proches, la déception est de mise. Mais le soutien reste entier. Son ami Philippe Vigier, secrétaire général du Nouveau Centre, salue « le courage et le panache » de l’homme. « Sa décision, difficile, a mûri, confie le député d’Eure-et-Loire. La bipolarisation extrême de la vie politique, due à la crise économique, ne l’a pas aidé.» Un autre de ses soutiens, le député  Charles de Courson, estime de son côté qu’«Hervé Morin a été victime de son discours de vérité. Il n’est pas simple d’être entendu quand la crise pousse à des attitudes populistes. » Certains évoquent aussi la difficulté des parrainages. Au dernier décompte, l’ancien ministre de la Défense avait recueilli la promesse de 287 maires. Sont également pointés du doigt les attaques « permanentes » venant de son propre camp. En ligne de mire : le ministre François Sauvadet et le député Jean-Christophe Lagarde, qui n’ont cessé de faire pression sur Hervé Morin pour qu’il se retire du jeu. L'élu de Seine-Saint-Denis de confirmer : « Je n’y ai jamais cru. C’était écrit depuis novembre. Sa candidature nous a fait perdre du temps. Il s’agit désormais de négocier avec l’UMP un contrat de gouvernance.»

Pour le moment, Hervé Morin s’engage à faire vivre les valeurs centristes dans la campagne. « Ce ralliement au Président de la République n’est pas un blanc-seing », insiste Philippe Vigier. Dans l’interview accordée au Figaro Magazine, le leader du Nouveau Centre attend du Président qu’ « il tire les conséquences des erreurs de ce quinquennat »  pour « retrouver une démocratie équilibrée ». Fédéralisme européen, part de proportionnelle aux législatives, TVA sociale sont les principales thématiques que le responsable du NC souhaite porter. « Les propos de Claude Guéant sur les civilisations, ce n’est pas trop sa tasse de thé », ajoute un de ses lieutenants.

Reste à savoir si l’ensemble de ses troupes approuve la stratégie de ralliement. Les positions des uns et des autres seront débattues, lors du congrès du 25 février. Le climat s’annonce déjà tendu. Le sénateur de l’Eure Hervé Mauray a fait savoir que le retrait d’Hervé Morin n’entraînait pas son soutien automatique à Nicolas Sarkozy. Son collègue Yves Pozzo di Borgo invite Hervé Morin à se rapprocher de François Bayrou. Jérémy Coste, le président des jeunes centristes appelle aussi à voter pour le leader du Modem et menace de quitter le parti. Pour le député Nicolas Perruchot, la vraie question demeure celle de l’utilité du Nouveau Centre. « Que va-t-on véritablement apporter au projet ? s’interroge l’élu du Loir-et-Cher. Certes des ministres centristes sont entrés au gouvernement, mais c’est tout. On n’a jamais pesé depuis 2007. » La famille centriste perd non seulement son candidat, mais elle n’a toujours pas trouvé son unité.