Hollande : «La croissance ne naîtra pas de dépenses publiques supplémentaires»

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Par Public Sénat
Le 12.06.2012 à 17:34

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François Hollande était invité par le président du Conseil économique, social et environnemental (CESE) Jean-Paul Delevoye. Dans son discours, aucune allusion au tweet de sa compagne mais un exposé non-exhaustif de son programme économique et social. « Le début détermine souvent la fin » a-t-il affirmé.

« Il y a une certaine logique à entreprendre cette démarche ici », a affirmé François Hollande. « Votre Conseil prouve que notre nation peut être rassemblée. Vous êtes une des expressions de la vitalité de notre nation (…) de la variété de ses formes et de ses sensibilités. »

 S’adressant directement au CESE, le président a expliqué qu’il avait besoin de son « engagement », de sa « liberté », de son « indépendance (…) Ensemble, nous devons redresser la France, nous avons à la réconcilier avec elle-même (…) rien n’est inaccessible à un peuple lucide, conscient de lui-même et confiant en son destin. »

Le président de la République a exprimé son souhait que le Parlement puisse mieux articuler ses travaux avec ceux du conseil économique, social et environnemental, notamment avec plus de saisines. Les membres du gouvernement auront toute liberté pour venir présenter le bilan de leur action devant le CESE, a insisté François Hollande. Autre volonté, celle « d’abaisser le seuil des 500 000 signatures » de citoyens nécessaires pour saisir le CESE directement.

Continuer la décentralisation

Le président de la République est revenu sur sa « nouvelle étape de la décentralisation » rappelant que « l’État n’est pas la Nation à lui seul (…) Il ne peut pas prétendre tout faire tout seul, il se condamne à l’inefficacité voire à l’impuissance. »

« Nous devons faire le clair sur les modes de financements, donner une plus grande lisibilité et donner plus de réponses à ceux qui sont les plus proches de nos citoyens ». Cela passera par « d’avantage de moyens aux régions » notamment « en matière de transport ». Quant aux départements, ils doivent « se tourner autour de politiques de solidarité et de proximité. »
Les nouvelles entités urbaines comme « les métropoles, les comités d’agglomération » doivent être « des vecteurs de croissance » mais pas une collectivité « qui viendrait se surajouter ».

Renouer le dialogue

Pour relancer la France, le Président a mis en avant le dialogue. « L’enjeu est bien là, pour répondre à l’urgence, mieux vaut prendre son temps » a souligné le chef de l’État, invoquant « le dialogue et le temps de la concertation ».

« Le dialogue n’est pas un obstacle sur le chemin des décisions mais permet de les prendre et de les appliquer clairement. Il doit être un processus constant et cohérent » que le président souhaite « inscrire dans la pratique mais aussi dans la lettre » à travers la constitution. « Aucune proposition de loi modifiant les conditions de vie au travail ne devra être adoptée sans une concertation préalable des partenaires sociaux a-t-il ainsi affirmé. »

Assurer la compétitivité

François Hollande est revenu longuement sur le thème de l’emploi qui sera « au premier rang des priorités », particulièrement pour « les jeunes et les séniors. »

« Quel modèle social pour la France de demain ? » s’est-il interrogé. « Ma conviction c’est que nous avons besoin d’un environ social qui lui-même permette de donner une protection contre les aléas a de la vie »  sans sacrifier la « performance économique. « Pour parvenir à concilier performance et justice. » Un modèle qui reste à « inventer ».

François Hollande a précisé que « la croissance ne naîtra pas de dépenses publiques supplémentaires, alors qu’elle peut surgir d'une volonté commune, celle que l'Europe peut affirmer, de mettre en place des instruments nouveaux: euro-obligations, instruments financiers, notre imagination peut être grande (…) Nous devons réduire notre déficit public. »

Multiplier les financements

Le président a mus en avant les cinq grands enjeux : la compétitivité de l’économie, la transition énergétique avec en ligne de mire « une nouvelle tarification », la jeunesse avec un « nouveau pacte entre l’école et la Nation »pour « rétablir la formation professionnelle des enseignants, mieux respecter les temps de l’enfant, voir comment nous pouvons améliorer la formation professionnelle (…) Attention à une jeunesse qui serait en rupture ! » a-t-il prévenu.  Derniers  enjeux, l’égalité entre les territoires et la justice sociale.

Reste le « défi du financement. Sans doute faudra t-il changer les modes de financements » et « appeler des financements multiples » pour éviter de peser sur les caisses de l’État. Cela passera par « l’épargne » mais aussi par des « réformes fiscales (…) Je suis sensible à ceux qui demandent des efforts, a expliqué François Hollande. Mais qu’ils commencent par eux même. »