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Hollande : « L'armée n'a pas sa place pour contrôler les quartiers »

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Le 30.08.2012 à 16:54
Hollande : « L'armée n'a pas sa place pour contrôler les quartiers »
© AFP

François Hollande a estimé jeudi que "l'armée n'a pas sa place pour contrôler les quartiers" en France, alors qu'on l'interrogeait à Madrid sur la demande de la sénatrice PS Samia Ghali de recourir aux militaires pour lutter contre les trafics dans les cités de Marseille.

"Le ministre de l'Intérieur s'est déjà exprimé là-dessus, l'armée n'a pas sa place pour contrôler les quartiers de notre République. La gendarmerie peut être présente dans certaines zones, elle l'est", a déclaré M. Hollande lors d'un point de presse avec le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy. Et d'enchaîner: "Et c'est le travail de la police, qui doit d'ailleurs être renforcée encore à Marseille, que de faire en sorte que soient éradiqués cette violence, cette criminalité et ces trafics". "Donc laissons les forces qui ont cette mission-là mener à bien leur tâche, renforçons leur capacité et à cet égard la zone de sécurité prioritaire me paraît une des réponses à apporter, notamment à Marseille", a ajouté le chef de l'Etat.

La sénatrice et maire PS des 15e et 16e arrondissements de Marseille, Samia Ghali, a appelé à un recours à l'armée pour lutter contre le trafic de stupéfiants dans les quartiers nord de la ville, alors qu'un nouveau règlement de comptes mortel est survenu mercredi soir. "Ca ne sert plus à rien d'envoyer un car de CRS pour arrêter des dealers. Quand dix d'entre eux sont arrêtés, dix autres reprennent le flambeau. C'est comme combattre une fourmilière", ajoute Mme Ghali, maire d'arrondissements qui viennent d'être classés dans les Zones de sécurité prioritaire (ZSP) du ministère de l'Intérieur. "Si les forces de police ne suffisent pas, on peut faire appel à l'armée, sans substituer toutefois l'armée à la police", estime aussi le député PS des Bouches-du-Rhône Patrick Mennucci.

Les ministres de l'Intérieur Manuel Valls puis de la Défense Jean-Yves Le Drian ont écarté l'intervention de l'armée pour rétablir l'ordre dans les quartiers nord de Marseille.

14 meurtres depuis le début de l'année

Jean-Marc Ayrault a convoqué le 6 septembre à Matignon un comité interministériel consacré à l'élaboration d'un "programme d'action pour l'agglomération marseillaise". Ce comité interministériel, qui débutera à 17 heures, réunira autour du premier ministre Manuel Valls (Intérieur), Christiane Taubira (Justice), Vincent Peillon (Education), François Lamy (Ville), Marylise Lebranchu (Réforme de l'Etat), Arnaud Montebourg (Redressement productif) et Pierre Moscovici (Economie et Finances).

Le sénateur-maire (UMP) de Marseille, Jean-Claude Gaudin, a estimé que la ville avait "besoin de renforts de police, pas d'un appel à la guerre civile". "Les propos irresponsables de la sénatrice Samia Ghali, par ailleurs maire des 15e et 16e arrondissements de Marseille, montrent une approche irréaliste de cette problématique et des réalités sociologiques des cités", déclare l'élu dans un communiqué. "Mobiliser l'armée face au grand banditisme n'est en aucun cas une solution. En revanche, la population de ces cités le vivrait comme un véritable appel à la guerre civile ! "

Un homme de 25 ans a été tué d'une rafale de Kalachnikov mercredi soir dans les quartiers nord de Marseille (14e arrondissement), portant à 14 le nombre de personnes tuées dans des règlements de comptes depuis le début de l'année dans la ville (19 dans la région marseillaise).