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Hollande et Merkel : «Entre nous le courant passe sans qu’il y ait besoin de mettre de l’électricité»

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François Vignal
Le 22.01.2013 à 18:23
François Hollande et Angela Merkel ont célébré à Berlin les 50 ans du Traité de l’Elysée. « Nous avons décidé d’amplifier » cette relation a affirmé le Président français. Les deux dirigeants assurent de leur bonne entente, malgré la décision de Berlin de se limiter à une aide logistique pour le Mali.

C’est un symbole et une première pierre historique de l’amitié franco-allemande. Le 22 janvier 1963, le chancelier allemand Konrad Adenauer et le président de la République français Charles de Gaulle signait le Traité de l’Elysée, 20 ans après la seconde guerre mondiale. 50 ans plus tard, les hommes ont changé. Les convictions sont toujours là. Le couple franco-allemand, malgré ses hauts et ses bas, reste le moteur de la construction européenne.

François Hollande et son homologue allemande Angela Merkel ont célébré avec force ces noces d’or. Conseil des ministres franco-allemand, conférence de presse commune, discours historiques devant le Bundestag (voir la vidéo ci-dessus). Pour l’occasion, le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, a fait le déplacement avec pas moins de 400 députés. Celui du Sénat, Jean-Pierre Bel, accompagné de 32 sénateurs, a prononcé un discours devant le Bundesrat, l’assemblée des Länder allemands.

« L’amitié franco-allemande est exceptionnelle »

« L’amitié franco-allemande est exceptionnelle. Nous n’avons de relations à ce niveau avec aucun autre pays du monde », a souligné le chef de l’Etat français. « Nous avons décidé d’amplifier » cette relation, ajoute-t-il. « Ça ne demande pas de moyens supplémentaires, mais surtout un état d’esprit ». S’adressant à son homologue français par un « cher François Hollande », Angela Merkel a qualifié le traité de l’Elysée de « précieux ».

Regardez la conférence de presse commune :

 

La France et l’Allemagne ont annoncé des « propositions » d’ici le mois de mai pour renforcer l’union économique et monétaire européenne. Angela Merkel a parlé de propositions « concrètes » visant une « coopération des politiques économiques plus étroites », sans donner plus de détails.

« Entre nous le courant passe sans qu’il y ait besoin de mettre de l’électricité »

Mais derrière ces échanges d’amabilité et bonnes intentions, certains pointent la friture sur la ligne Paris-Berlin. Le socialiste François Hollande miserait même sur la défaite de son homologue conservatrice lors des législatives de septembre prochain en Allemagne…  Il faut dire que contrairement à la communication officielle, Paris n’a pas réussi à faire plier Berlin sur la question d’une renégociation du Traité européen. C’était pourtant une promesse de campagne du candidat. Mais François Hollande s’est fait rassurant, tout va bien avec la chancelière : « Entre nous le courant passe sans qu’il y ait besoin de mettre de l’électricité ». Angela Merkel : « C’est peut-être notre secret le mieux gardé : nous nous entendons très bien. (…) Notre entente est de très bonne qualité ». Le président français insiste et met en avant « la contribution de la France et de l’Allemagne pour la sortie de la crise de la zone euro ».

Entente cordiale ? François Hollande ne dit pas pour autant que tout est gagné d’avance. L’histoire du couple Paris-Berlin a aussi « connu des vicissitudes ou des orages », reconnaît-il. Et d’ajouter qu’« il faut arrêter de voir l’amitié franco-allemande comme un long parcours tranquille ». Elle « mérite d’être entretenue ».

Ayrault chante en allemand

Dans un couple, à l’occasion d’une telle fête qui rassemble toute la famille, on préfère se souvenir des bons moments et des réussites : EADS et Ariane – des « réalisations exceptionnelles » dit Hollande – les échanges entre les jeunesses des deux pays, etc.  Reste qu’aujourd’hui, la France est en guerre au Mali. Seule. L’Allemagne ne souhaite pas aller plus loin dans son soutien. « Notre soutien n’est pas simplement technique » a (r)assuré Merkel, qui veut « apporter son soutien au financement de la mission de formation » de l’armée malienne. « Je veux remercier l’Allemagne, qui a immédiatement apporté la solidarité politique et l’aide matérielle qui était attendue », a souligné Hollande. Les deux dirigeants tentent de faire bonne figure, mais les Allemands ne sont pas prêts à suivre les Français dans leur expédition africaine qui reste incertaine.

La France et l’Allemagne, c’est aussi deux styles différents. Si la conférence de presse commune commence en retard, Angela Merkel tient le chronomètre et expédie sa dernière réponse. « En Allemagne nous devons être à l’heure à l’Assemblée », lance-t-elle l’air soucieuse, avant le rendez-vous devant les députés allemands. François Hollande, dont la ponctualité n’est pas la première des qualités, suit sans broncher. Mais quand l’heure des hymnes vient au Bundestag, avec une Marseillaise où les cors lui donnent une tonalité inhabituelle, esquissant un sourire à Hollande, le premier ministre français Jean-Marc Ayrault chante le Deutschlandlied. Avoir enseigné la langue de Goethe, ça sert.