Hollande : « nous sommes tout près de la sortie crise de la zone euro »

+A -A
Zied Ounissi
Le 17.10.2012 à 18:09
Hollande : « nous sommes tout près de la sortie crise de la zone euro »
© AFP

A la veille du Conseil européen, François Hollande a répondu à plusieurs journaux eurpéens dont Le Monde. Il a expliqué qu’on « ne pouvait pas infliger une peine à perpétuité à des nations qui ont fait des sacrifices considérables ». Et que « [nous étions] tout près de la sortie de la crise de la zone ».

Dans le cadre de l’interview qu’il a donné à 6 journalistes européens du Monde, du Guardian, d’El Pais, de la Gazeta Wyborcza, de la La Stampa et du Süddeutsche Zeitung, François Hollande a indiqué que « le retour de la croissance [dans la zone euro] suppose de mobiliser des financements à l'échelle de l'Europe (…) mais aussi d'améliorer notre compétitivité, et enfin de coordonner nos politiques économiques. »

Il s’est engagé à faire « tout pour que la Grèce demeure dans la zone euro et dispose des ressources indispensables d’ici à la fin de l’année ». A propos de l’Espagne, il a expliqué qu’elle « [devait] pouvoir connaître les conditions précises pour accéder aux financements prévus par le conseil européen du 28 juin et [qu’] il n’y avait pas lieu d’alourdir la barque. »

François Hollande s’est attaché à défendre « le sérieux budgétaire, rendu indispensable par la crise des dettes souveraines ». Dans ce cadre, il a réaffirmé « l'objectif de réduction de déficit à 3 % pour 2013 et de rétablissement de l'équilibre des comptes publics en 2017 »

« L’austérité n’est pas une fatalité »

Le Président de la république, pour qui « l’austérité n’est pas une fatalité », a esquissé les deux types de leviers qui, selon lui, ramèneront la croissance: le premier réside dans le rétablissement de la « confiance », qui passe nécessairement par la résolution du « cas grec », et le second dans le mise en œuvre des 20 milliards d’euros du pacte de croissance.

Il estime par ailleurs que « le budget européen est aussi un élément de stimulation de l’économie, notamment à travers les fonds structurels » et propose « d’aller plus loin », notamment à travers la mobilisation des ressources extraites d’une « taxe sur les transactions financières [qui] va faire l’objet d’une coopération renforcée ».

« L’Europe ne se décide pas à deux »

A propos de l’union politique, il a expliqué qu’elle serait « l’étape qui suivra l'union budgétaire, l'union bancaire, l'union sociale. Elle viendra donner un cadre démocratique à ce que nous aurons réussi de l'intégration solidaire (…) après les élections européennes de 2014 ».

Sur le couple franco-allemand, il a expliqué qu’il est « le couple qui permet l’accélération et qui donc peut aussi être un frein s’il n’est pas en phase (…) nous avons un devoir d’union ; il exige un sens élevé de l’intérêt européen et, donc, du compromis (…) l’Europe ne se décide pas à deux ».

Interrogé sur quelle pourrait être la plus grande menace pour l’Europe, il a indiqué que ce serait « de ne plus être aimée » mais que « le pire – c'est-à-dire la crainte d'un éclatement de la zone euro –, [était] passé. »