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Jouanno : «On a une défaite lourde qui condamne la stratégie de droitisation» de l'UMP

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François Vignal (images : Sandra Cerqueira)
Le 18.06.2012 à 13:23

Au lendemain de la défaite de l’UMP aux élections législatives, c’est l’heure des explications. A droite, des élus critiquent la ligne droitière qui, à leurs yeux, a prévalu au sein de la formation. Selon la sénatrice UMP Chantal Jouanno, « c’est une défaite sévère pour l’UMP, il ne faut pas s’en cacher. (…) Là, on a une défaite lourde qui condamne la stratégie de droitisation et le fait qu’on a refusé d’avoir une frontière extrêmement étanche avec les valeurs du FN. Ce discours nous a vraiment porté préjudice. On le voit, la sanction se porte beaucoup sur les candidats qui étaient un peu dans l’ambiguïté », affirme la sénatrice, pour qui « le ni-ni, c’est toujours l’ambigüité ». Et d’ajouter : « Dominique Reynié explique très bien que toute stratégie de droitisation ne ferait que monter le FN ».

Interrogé sur la Droite populaire, elle affirme qu’« il ne faut pas que ce pôle soit le pôle dominant (de l’UMP). Quand je dis que je suis contre la droitisation parce que c’est contraire à l’histoire de notre mouvement, c’est une position qui doit être respectée ». « Le vrai problème au sein de l’UMP, c’est que la direction du parti a choisi de donner le pouvoir à un pôle du parti et de ne pas maintenir cet équilibre », selon la sénatrice de Paris.

Chantal Jouanno affirme qu’« il va falloir refonder les valeurs de l’UMP », alors que certains n’ont pas caché qu’ils se sentaient plus proches des valeurs du FN que de celles du PS. « Il n’y a aucune valeur commune avec le FN. Si on commence à rentrer dans cet ambiguïté, on cautionne un discours et on ne fait que faire monter les extrêmes dont le FN », prévient la sénatrice, qui souhaite que face aux problèmes des Français l’UMP apporte « une réponse qui soit républicaine, qui soit mesurée, qui soit adaptée au contexte de crise, qui nécessite qu’on ne flatte pas la démagogie, quelle qu’elle soit ».

« La stratégie de droitisation a été une stratégie de la direction du parti », met en cause celle qui penche jusqu’ici pour François Fillon dans la bataille pour la tête de l’UMP. « La plupart des leaders ont cautionné ce type  de discours ».

Interrogé sur François Baroin, qui n’exclut pas de se présenter à la tête de l’UMP, elle affirme que « c’est toujours intéressant qu’il y ait plusieurs candidats. Je suis très fan d’Alain Juppé parce qu’on a partagé la même préoccupation écologique (…). J’aime bien François Fillon pour ses aspects républicains, j’ai apprécié que François Baroin ait défendu qu’historiquement, l’UMP s’est constituée dans la séparation nette avec le FN. (…) Voyons d’abord les projets, je ne vais pas donner mon blanc seing aux uns et aux autres, au-delà des hommes. En plus ce ne sont que des hommes. On attend les femmes quand même. Valérie Pécresse et Nathalie Kosciusko-Morizet, qui a été élue. Ce serait bien aussi qu’elles se présentent. Ce serait bien aussi qu’elles portent un projet, au qu’au moins qu’elles expriment une voix ». Pourrait-elle les soutenir ou restera-t-elle avec François Fillon quoi qu’il arrive ? « Ça dépendra des projets. Je suis très féministe. S’il y a des femmes qui y vont… »