Keller : il faut ériger « une muraille de Chine » contre le FN

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Images : M.Szamès et N.Guillouard
Le 19.06.2012 à 13:50

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Ambiance de règlement de compte à l’UMP. La tendance centriste, jusque là écrasée par la droitisation du parti, sort les crocs. La sénatrice du Bas-Rhin Fabienne Keller revient sur les échecs de l’ancienne majorité qui doit désormais se distinguer de l’extrême-droite.

Trois jours après la vague rose à l’Assemblée nationale, les cadres de l’UMP préparent activement la suite. Pour Fabienne Keller, « l’UMP doit faire un travail de refondation après l’échec électoral que nous avons vécu » avec un « préambule très clair(…) et indispensable (…) c’est la muraille de Chine avec le Front National. »

« On ne peut pas s’allier à un mouvement d’extrême-droite, a-t-elle insisté.  Il ne faut pas chercher à récupérer les voix comme l’un ou l’autre a pu le faire malheureusement entre les deux tours. »

Cet entre-deux tours, penchant vers la droite, la sénatrice le garde en travers de la gorge. « Ca a été un choix stratégique du candidat Nicolas Sarkozy, il a été relayé plutôt par les députés issus du mouvement de la Droite populaire. Cela ne leur a d’ailleurs pas porté chance puisqu’ils ont été pour plus de la moitié d’entre eux battus », a-t-elle souligné. « Donc je crois que s’il fallait une leçon, elle a bien été donnée par nos électeurs. »

Sans viser les personnes, elle a fustigé les « tournants qui ont été pénalisants » pendant le quinquennat. « Le discours de Grenoble qui a stigmatisé un groupe, l’ensemble d’une population (…) le débat sur l’identité et la laïcité qui ont malheureusement donné le sentiment  à une partie de la population d’être stigmatisée, des mots malheureux. »

« Il faut être clair sur ses valeurs a-t-elle rappelé. C’est comme ça que l’on peut dialoguer avec efficacité avec les électeurs. »

« J’ai essayé de faire vivre les idées centristes à l’UMP avec peu de succès jusque là mais avec des convictions qui restent entières. »

Alors que plusieurs ténors du parti se sont déclarés candidats pour prendre la tête du parti, Fabienne Keller « forme le vœu que dans le débat qui s’ouvre en interne, nous puissions faire valoir nos convictions et leur donner toutes leurs places dans la vie politique française. »