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La législation sur les cabines à UV va être durcie sans aller jusqu’à l’interdiction

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Delphine Girard
Le 01.10.2012 à 18:52

Publicsenat.fr VOD

Dominique Bertinotti, ministre chargée de la famille, qui remplaçait en séance, Marisol Touraine, la ministre de la santé, l’a annoncé devant les sénateurs cet après midi, un décret durcissant la législation sur les cabines de bronzage est en préparation. Le client devra, entre autres, prouver qu’il est majeur avant de se faire bronzer…

Juillet 2012, le Sénat tapait du poing avec la publication de son rapport intitulé : « santé, beauté, une priorité : la sécurité. » Il faut dire que parmi les préconisations des sénateurs figurait l’interdiction des cabines de bronzage « hors usage médical ». Au début de l’été, cette recommandation avait fait grand bruit. Trois mois après, les sénateurs débattaient cet après midi en séance des conclusions de ce rapport.

A l’origine de ces travaux, comme l’a rappelé Bernard Cazeaux (PS, Dordogne), « l’émotion suscitée par le scandale des prothèses PIP. » Mais pour éviter un nouveau scandale sanitaire, le Sénat avait choisi de se pencher sur la question des prothèses et des implants à visée esthétique mais aussi médicale. Un champ élargi comme l’a souhaité Chantal Jouanno, sénatrice UMP de Paris, qui a présidé pendant 4 mois les travaux de cette mission d’information. Pour elle, il ne s’agissait pas de faire « une contre enquête sur le scandale PIP, mais de réfléchir à un véritable « enjeu de santé publique ». « Sur l’esthétique, nous avons fait des découvertes inquiétantes, parfois effrayantes » poursuit-elle. « Toute moralisation  est inutile car la volonté de modifier les corps a existé de tout temps…mais dans cet hémicycle nous nous devons de séparer médecine et esthétique. »

Confession d’une sénatrice centriste

C’est alors que Nathalie Goulet, sénatrice UCR de l’Orne a pris la parole pour faire cette confession : « c’est un euphémisme de dire que mon image m’importe…liposuccion, botox, comblement de rides, ces produits me sont familiers… » (voir la vidéo)

Preuve vivante que le marché de l’esthétique est en forte hausse, il est estimé à 21 milliards d’euros, quand 16% de la population française fréquente des cabines à UV. Pour Chantal Jouanno, qui espère que le Sénat « va montrer qu’il a un temps d’avance », il faut trouver une voie médiane entre « la sécurité et l’innovation », d’autant que le calendrier est opportun, car l’Europe est en train de redéfinir des normes de certification pour les dispositifs médicaux implantables et les interventions à visée esthétique. »

Pour Bernard Cazeau, rapporteur de cette mission, « primum, non nocere » : « d’abord, ne pas nuire », « il faut clarifier les choses et faire prévaloir la sécurité, » a-t-il martelé en séance, par exemple, « seuls les médecins doivent pratiquer l’épilation par lumière pulsée… ».

En remplacement de Marisol Touraine, la ministre de la santé, retenue à Matignon, par le séminaire gouvernemental sur la modernisation de l’Etat, c’est Dominique Bertinotti, ministre chargée de la famille qui a répondu aux sénateurs. Celle-ci a souligné l’aide précieuse que constituait le rapport sénatorial sur la manière dont « nous pouvons assurer la protection de la santé de nos concitoyens ». Tout en rappelant que « nous ne devons pas élaborer un arsenal législatif dans la précipitation après chaque scandale ! » elle a néanmoins annoncé qu’un décret durcissant la législation des cabines à UV était en préparation, le client devra, entre autres,  prouver qu’il est majeur avant de se faire bronzer sous les lampes.