Législatives: le cas Royal inquiète le PS, UMP et FN définissent leurs positions

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Le 11.06.2012 à 11:24
assemblée - AFP
L'hémicycle de l'Assemblée nationale.
© AFP

Les socialistes espèrent confirmer leur succès électoral au deuxième tour des législatives - et sauver le soldat Ségolène Royal en difficulté à La Rochelle - tandis qu'à droite l'UMP et le FN arrêtent lundi leur position en prévision du scrutin de dimanche prochain.

La matinée a été marquée par une crispation sérieuse chez les socialistes autour de la 1ère circonscription de Charente-Maritime, où un dissident socialiste, Olivier Falorni, a maintenu sa candidature pour le 2e tour, en dépit des appels pressants de la hiérarchie du PS, Martine Aubry en tête, à ce qu'il se désiste au profit de l'ex-candidate à la présidentielle.

Ségolène Royal "veut être candidate unique au 2e tour: ça c'était du temps de l'URSS, pas dans la France du XXIe siècle", a lancé l'intéressé, bien décidé à rester. Un échec de Ségolène Royal, ancienne candidate du PS à la présidentielle de 2007, et qui brigue la présidente de l'Assemblée nationale, serait retentissant.

Bien décidé à mettre de l'huile sur le feu, le président UMP du conseil général de Charente-Maritime et ancien ministre Dominique Bussereau a appelé sans ambiguïté à voter Olivier Falorni.

Le cas Royal mis à part, le PS a continué de se féliciter des résultats globaux. "Les jeux ne sont encore pas faits, mais l'essai du 6 mai (qui a vu l'élection de François Hollande) semble en voie d'être transformé", a déclaré sur France 2 la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem.

Elle a souhaité une "majorité solide, cohérente, large" à l'Assemblée nationale pour permettre à François Hollande de mener les réformes, soulignant que les socialistes gouverneraient avec leurs "partenaires", s'ils n'obtenaient pas seuls la majorité absolue.

Ni accord ni entente avec le FN

Les responsables de l'UMP, dont les instances dirigeantes se réuniront dans l'après-midi pour définir leur position en prévision du deuxième tour et notamment vis-à-vis du FN, ont choisi de s'adresser directement à l'électorat du Front national.

Il y aura dimanche prochain des triangulaires dans 46 circonscriptions, dont 32 avec la présence du Front national. Le FN sera présent dans 29 duels (20 face à la gauche, 9 face à la droite).

Il n'y aura "pas d'alliance avec le FN", a répété lundi sur Europe 1 le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, en mettant en garde les électeurs du Front National: "attention, quand on revote pour les électeurs du FN au deuxième tour, on risque de faire passer la gauche".

"Ni accord, ni entente, ni discussion avec le FN", a insisté sur Canal + l'ancien ministre UMP de l'Agriculture, Bruno Le Maire.

Mais l'ancien ministre a rejeté aussi toute possibilité de désistement de la part de candidats de l'UMP en faveur des socialistes, pour faire barrage à un candidat du FN.

"Il n'est pas question d'appeler à voter pour un parti dont on ne partage pas non plus, avec le PS, les idées et les propositions", a-t-il souligné.

Morano sans "état d'âme"

Nadine Morano (UMP), menacée dans sa circonscription de Toul (Meurthe-et-Moselle) a déclaré, elle, n'avoir "aucun état d'âme" à en appeler aux électeurs du Front national pour qu'ils se retrouvent sur sa candidature.

La stratégie était identique chez les responsables du FN qui ont décidé de contourner les responsables de l'UMP en s'adressant directement à son électorat.

"Nous lançons un appel à la mobilisation des électeurs en leur disant qu'un député de droite ou de gauche supplémentaire, ça ne servira à rien", a souligné Louis Aliot, le vice-président du FN, sur France Info.

"En revanche, un député du Rassemblement bleu marine, laissez-moi vous dire que cela fera beaucoup de bruit à l'Assemblée", a-t-il souligné.

Marine Le Pen a annoncé que son parti se maintiendrait partout où il est présent au second tour.

Selon les résultats définitifs publiés par le ministère de l'Intérieur, l'ensemble de la gauche (PS, EELV et Front de gauche) totalise pour le premier tour 46,77% des voix, contre 34,07% des voix pour la droite parlementaire (UMP et alliés) et 13,6% pour le Front national.

Selon les projections en sièges réalisées par les instituts de sondages, le PS et ses alliés (PRG, MRC et divers gauche) recueilleraient de 283 à 329 sièges. Le PS et ses proches alliés pourraient ainsi ne pas dépendre d'EELV et surtout du Front de gauche pour obtenir la majorité absolue (289).

L'UMP et ses alliés (Nouveau centre, Parti radical, divers droite) obtiendraient entre 210 et 263 sièges, le Front national et le MoDem chacun de 0 à 3 sièges.

La stratégie de l'UMP et des socialistes paraît par ailleurs bien établie pour les prochains jours: l'UMP met en garde contre une monopolisation des pouvoirs par le PS à tous les niveaux, les socialistes appellent les électeurs à doter François Hollande d'une majorité solide pour pouvoir gouverner.

A noter l'existence d'une marge potentielle de mobilisation des électeurs, si l'on considère que la participation a été très médiocre dimanche, avec un taux de 57,23% selon le ministère de l'Intérieur, plus de trois points inférieur à celui des législatives de 2007.

Ce manque d'appétence électorale tranche avec la présidentielle où le taux de participation pour le deuxième tour à dépassé 80%.