Benjamin Sportouch le commentateur de france inter ferait la demonstration inverse si la majorité des ministres n'était pas des élus
Législatives à Paris : «Ça va mal finir» pour l’UMP ?
Les investitures pour les législatives n’ont pas été une partie de plaisir pour le PS. Que les socialistes se consolent. Solférino n’a pas le monopole en la matière. L’UMP est aussi en proie à la division à Paris. La capitale, par son poids et son symbole, concentre les ambitions. C’est le lot depuis plusieurs scrutins à droite.
La guerre Dati-Fillon n’en finit plus. La maire du VIIe arrondissement ne veut pas voir le premier ministre sur son chemin. Elle compte se présenter à l’élection législative dans la 2e circonscription de Paris, là où le premier ministre compte atterrir. Cette « circo » compte une partie du VIIe et Rachida Dati fait de la « résistance ». Dans une lettre adressée à François Fillon et publiée dans Le Monde, elle dénonce « la faute triste » de la candidature Fillon et « l’ambition solitaire des puissants ».
« Une espèce d’apocalypse »
Ses « amis » de l’UMP soufflent le chaud et le froid. Sur Twitter, l’ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin prévient : « Rachida Dati : du manque de dialogue naît la violence ». Christian Jacob, patron des députés UMP et proche de Jean-François Copé, prône justement « le dialogue » face avec l’ex-ministre de la Justice. Le secrétaire général de l’UMP devrait rencontrer prochainement Rachida Dati. La déléguée générale de l’UMP chargée des élections, Nadine Morano, lui ouvre même une porte de sortie : l’envoyer en Saône-et-Loire, où elle est « très attendue »… La ministre a confirmé au passage que le premier ministre obtiendra l’investiture.
Rififi aussi pour les Français de l’étranger
Les nouvelles circonscriptions des représentants des Français de l’étranger sont aussi source de discorde. Les candidats sont déjà désignés. En Amérique du Nord, Frédéric Lefebvre va trouver Julien Balkany sur sa route, demi-frère de Patrick. Certains choix sont « un peu aberrants », dénonce Joëlle Garriaud-Maylam, sénatrice UMP des Français établis hors de France. Elle donne un exemple : « En Grande-Bretagne, nous avons Olivier Cadic, un élu en place depuis plusieurs années que tout le monde reconnaît. On lui a préféré une inconnue qui était dans son équipe. Mais quand on travaille on gêne ». Elle ajoute : « Je suis franchement très agacée. J’ai quand même été élue en Grande-Bretagne pendant 16 ans. On ne m'a pas écoutée ». Elle y voit une « forme d’arrogance. On n’a peut-être pas une connaissance du terrain ». Elle craint la perte de la circonscription, qu’on annonce gagnable pour la droite.
Beaucoup d’élus ne cachent plus leur impatience. « Ça commence à agacer tout le monde. Il ne faut pas polluer l’ambiance », glisse un élu UMP de la capitale. Laurent Wauquiez commence à se faire menaçant. Il affirme que l’exclusion de l’UMP de Dati « est posée à Jean-François Copé ». Bernard Debré, député UMP du XVIe arrondissement de Paris, souligne son faible niveau dans les sondages. Il s’en prend sur son blog à la députée européenne et les « niaiserie » d’une « petite fille gâtée par la vie »... « Agresser le premier ministre comme elle l’a fait est scandaleux. Elle a eu une illumination, Paris se mettrait à ses pieds. Mais Dati, c’est du bluff. On n’a pas à se prosterner devant les caprices de la diva. Elle a déjà été parachutée. Ça suffit », ajoute Bernard Debré, joint par publicsenat.fr. Et de prédire : « Ça va mal finir. Ça va se terminer dans une espèce d’apocalypse de rire. Mais on va rire jaune ».
« Elle agite les bras, c’est dérisoire »
Un élu « comprend le combat de Rachida, qu’elle ait envie de représenter les habitants ». C’est Brigitte Kuster, maire UMP du XVIIe, qui a succédé à François de Panafieu. Si elle comprend le combat de Rachida Dati, c’est qu’elle se sent attaquée aussi. Face à elle… Bernard Debré. Là, c’est un beau dialogue de sourd. « Elle ne sera pas candidate contre moi. Je suis le député sortant. J’aurai l’investiture », assure le député du XVIe. Sa rivale, qui peut se prévaloir du soutien de Françoise de Panafieu, qui ne se représente pas, n’entend pas les choses ainsi : « Je suis déterminée à être candidate sur cette circonscription. Je demande l’investiture. Ma détermination est totale », affirme Brigitte Kuster, interrogée par publicsenat.fr. Elle ajoute : « Bernard Debré n’est pas du tout le député sortant. Il est sortant d’une circonscription éclatée, du fait du redécoupage électoral. La nouvelle est beaucoup plus sur le XVIIe. On ne récupère qu’un bout du XVIe ». Bernard Debré préfère prendre de haut la maire d’arrondissement : « Elle agite les bras, c’est dérisoire… »
« Période de gonflette »
Mais elle n’en démord pas : « Pourquoi on pose la question de la dissidence quand on est une femme ? Bernard Debré a été élu en dissidence contre Laurent Dominati dans le 16e », rappelle-t-elle. « Nouvelle circonscription, nouvelle donne ». Va-t-on vers le psychodrame ? « C’est une période de gonflette. C’est spectaculaire, mais c’est de la fausse muscu », minimise un élu UMP, qui pense que « la présidentielle va nous pousser à nous rabibocher ».
Une partie des problèmes de l’UMP parisien vient du redécoupage de 2009, qui a supprimé trois circonscriptions dans la capitale, du fait de la démographie. « C’est comme si dans un métro plein, vous supprimez trois places », décrit cet élu, qui connaît bien les joutes parisiennes. Mais attention. Si les ambitions continuent de s’exprimer à l’UMP, le trafic risque d’être interrompu.

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