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L’Unef a eu «confirmation officielle» de la fin de la niche fiscale pour les étudiants

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François Vignal
Le 05.09.2013 à 18:41
L’Unef a eu «confirmation officielle» de la fin de la niche fiscale pour les étudiants
Le président de l'Unef (Union National des Etudiants de France) Emmanuel Zemmour, en août 2011.
© AFP

En pleine rentrée, la mesure déplaît. Le président de l’Unef, Emmanuel  Zemmour, a eu une « confirmation officielle » de l’information des Echos sur la suppression de la niche fiscale pour les parents ayant un enfant étudiant dans le supérieur. Ce qui représente 183 euros par enfant. « Cette mesure là ne peut être acceptable s’il n’y a pas à côté un renforcement de l’autonomie des étudiants », prévient le leader syndical, interrogé par publicsenat.fr. Opposé à la réforme des retraites, il sera dans la rue lors du mouvement du 10 septembre. « Il faut nous entendre », lance-t-il à François Hollande. Entretien.

Selon Les Echos, le gouvernement voudrait supprimer les niches fiscales pour les parents ayant des enfants dans le secondaires – ce qu’on savait déjà – mais aussi dans le supérieur. Comment réagissez-vous ?
On n’est pas représentant des familles. On ne s’exprime pas en leur nom. Par contre, on défend le principe que toute réduction fiscale pour les familles, qui peut être contestable, doit être compensée à chaque fois par une amélioration de la situation des étudiants par un redéploiement strict des aides fiscales vers les étudiants. Or aujourd’hui, on ne sait pas le montant des économies faites sur les étudiants. Cette mesure là ne peut être acceptable s’il n’y a pas à côté un renforcement de l’autonomie des étudiants.

Avez-vous eu confirmation par l’exécutif de la suppression de cette niche fiscale pour les parents d’enfants dans le supérieur ?
Oui, on a eu une confirmation officielle, sans avoir le détail, que cette niche va être supprimée. Ce sera dans le projet de loi de finances 2014. Notre difficulté est de chiffrer ce que cela représente pour les familles. Vues les mesures de plafonnement fiscal depuis un an, on attend un effort soutenu et pluriannuel vers l’autonomie des étudiants.

Le ministre du Budget Bernard Cazeneuve, interrogé sur l’information des Echos, a affirmé que « le gouvernement prendra des moyens pour accompagner de façon significative les étudiants les plus défavorisés ». Est-ce de nature à vous rassurer ?
Je ne sais pas ce que ça veut dire. Je ne crois que ce que je vois. Il y a des éléments positifs : la reforme des bourses, qu’on ne peut pas négliger. C’est bien mais pas suffisant. J’attends la suite.

Dans ses 60 engagements, le candidat Hollande avait promis « une allocation d’études et de formation sous conditions de ressources dans le cadre d’un parcours d’autonomie » pour les étudiants. Où en est-on ?
Aujourd’hui, on a avancé. Il y a eu un pas en avant avec la reforme des bourses et un investissement de 200 millions d’euros. Le montant des bourses sera plus élevé, notamment des bourses d’échelon 6. On s’approche du montant qu’on réclame pour l’allocation d’autonomie. Et deuxième chose, c’est la création d’aide à l’autonomie annoncée pour cette rentrée. C’est plus un marqueur de rupture politique, car il n’y en a que 7000 pour l’instant, ce qui est très peu. Il faut les faire monter en puissance. Nous visons l’objectif de 300.000.

L’Unef dénonce le projet de réforme des retraites de l’exécutif. Sur ce plan, vous vous placez clairement en opposition au gouvernement ?
On n’est pas d’accord avec la réforme. Elle est défavorable aux jeunes générations. Les jeunes sont déjà pénalisés par rapport à la retraite, car ils cotisent moins que leurs ainés. Et plutôt que d’essayer de compenser ce problème lié au chômage, on nous rajoute des difficultés. Ce n’est pas profitable aux jeunes générations.

Vous allez manifester lors du mouvement prévu la semaine prochaine ?
Oui, on sera dans la rue le 10 septembre dans le cortège unitaire des organisations de jeunesse. Nous voulons obtenir que les étudiants et les jeunes soient enfin pris en compte dans cette réforme, avec une prise en compte des années d’études et une prise en compte du chômage forcé et des périodes d’inactivité. On demande que la période d’insertion professionnelle dans sa globalité soit prise en compte en droit à la retraite. On n’a pas été entendu jusqu’à maintenant. C’est aussi ça qui est déplorable. Mais le gouvernement commence à entendre les éléments qu’on porte, tant mieux.

François Hollande doit plus écouter la jeunesse ?
Il y a encore des sujets sur lesquels on n’arrive pas à faire confiance aux jeunes. Il y a des choses faites pour les jeunes, mais il y a des sujets pour lesquels on considère qu’on ne doit pas discuter avec eux. Un jeune de 24 ans sans travail n’a pas droit au RSA, pas droit au chômage souvent car il n’a pas assez travaillé. La question des droits sociaux est majeure pour la jeunesse. Mais c’est encore un manque dans la politique du gouvernement. Il faut nous entendre.