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L'agence de sécurité sanitaire juge nécessaires des études à long terme sur les OGM

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Zied Ounissi
Le 22.10.2012 à 19:36
 L'agence de sécurité sanitaire juge nécessaires des études à long terme sur les OGM

Le Haut Conseil des Biotechnologies (HCB) et l'Agence de sécurité sanitaire (Anses) ont réfuté ce lundi les résultats de l’étude publié par l’équipe du professeur de biologie moléculaire de l'université de Caen, Gilles-Eric Séralini.

Mi-septembre dernier, la publication des résultats de l’étude du Professeur Séralini sur la toxicité du maïs OGM NK603, produit par Monsanto, avait fait l’effet d’une bombe médiatique. D’après les résultats de l’enquête, tous les rats qu’ils soient nourris avec le maïs OGM traité ou non au Roundup, mourraient plus jeunes et souffraient plus souvent de cancers que les autres.

Insuffisance des modèles statistiques

Principale « faiblesse » de l’étude selon l'Agence de sécurité sanitaire (Anses), « l’insuffisance » des modèles statistiques : « les conclusions avancées par les auteurs sont insuffisamment soutenues par les données ». Celles-ci ne permettent pas « d'établir scientifiquement un lien de cause à effet entre la consommation du maïs OGM et/ou de pesticide et les pathologies constatées », dixit l’Anses.   

Plusieurs autres aspects de l’étude du Professeur Séralini avaient été critiqués : la taille des échantillons, le type de rats utilisés (connu pour développer des tumeurs) et le manque de précisions de la composition des menus administrés aux rats.

L'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) a quant à elle estimé que l’étude est « inadéquate » et « insuffisante » pour remettre en question l'innocuité de ce maïs. L'agence sanitaire allemande a abondé dans le même sens.

Bien qu’elle estime que les recherches du professeur Gilles-Eric Séralini « ne permettent pas de remettre en cause les évaluations réglementaires précédentes sur le maïs NK603 (produit par monsanto) et le round-up », l'Anses a souligné « l'originalité » et « recommandé (…) d'engager des travaux sur ces questions ».

L’Anses a reconnu que l’étude du Professeur Séralini abordait un sujet « jusqu'ici peu étudié : celui des effets à long terme des OGM associés aux préparations phytopharmaceutiques ». Elle a appelé à engager des études « sur les effets à long terme de la consommation d'OGM associés à des pesticides » et a souligné « le nombre limité de publications » sur ce sujet.

Corinne Lepage : s’il y a un doute sérieux, il faut suspendre les autorisations

La députée européenne, Corinne Lepage, en première ligne dans le combat contre les OGM, a mis en avant le caractère « novateur » que constitue « la reconnaissance de l’absolue nécessité des études à long terme, [l'Agence de sécurité sanitaire] l’a très clairement établit (…) il n’y a pas d’étude à long terme sur la toxicité des Ogm et du round-up ». Elle a déploré le fait qu’aucune étude OGM «ne puisse sortir sans qu’il y ait la primature [de certaines agences] » et a indiqué que « si maintenant on fait des études à deux ans, et on va le faire, il y a beaucoup de gens qui risquent de voir leur responsabilité professionnelle engagée et qui vont se défendre ».

A propos des critiques formulées à l’égard de l’étude du Professeur Séralini, l’ancienne ministre de « [souligne] la contradiction dans laquelle on se trouve (…) l’Anses indique que les données statistiques de l’étude sont insuffisantes, sauf  que toutes les études qui ont permis des autorisations sont insuffisantes (…) le Haut Conseil des Biotechnologies (HCB) a donné son vert à l’exploitation du maïs Mir162, sur la base d’une étude dont le groupe portait sur cinq rats. C’est l’arroseur arrosé. Il y a une insuffisance statistique sur toutes les études qui accordent des autorisations ».

La députée européenne plaide en faveur de « l’accès aux données brutes des analyses scientifiques sur les OGM, qui aujourd’hui encore demeurent secrètes, ce qui contredit la législation communautaire sur le sujet (…)pour que le débat scientifique puisse avoir lieu, il faut qu’on puisse avoir accès aux données brutes, c’est très important. »

Bien qu’elle apprécie la volonté du gouvernement européen d'évaluation, d'autorisation et de contrôle des OGM et des pesticides », Corinne Lepage déplore toutefois qu’on fasse « porter le risque et les interrogations sur les populations (…) s’il y a un doute sérieux, il faut suspendre les autorisations, la Russie l’a fait (…)un comité d’experts scientifiques indien s’est même prononcé en faveur d’un moratoire de dix ans sur les variétés de coton OGM cultivées dans le pays ».

Jean Bizet (UMP) : « avant d’être un scientifique monsieur Séralini est un professionnel de l’agitation »

Très remonté contre les conclusions de l’étude du Professeur Séralini, le sénateur UMP de la Manche Jean Bizet s’est lui « félicité qu’à terme on puisse démontrer qu’il y a eu désinformation (…) je suis troublé par le fait que n’importe qui puisse faire n’importe quoi ». Le sénateur a disqualifié l’étude du Professeur Séralini, considérant qu’ « avant d’être un scientifique monsieur Séralini est un militant et un professionnel l’agitation (…) tout le protocole de son étude était sous-tendu par la volonté de démontrer la nocivité des OGM (…) si lui ou les commanditaires de l’étude (deux réseaux de la grande distribution) avaient eu de l’éthique ils auraient dû alerté les autorités publiques de leur découverte (…) s’ils ne l’ont pas fait c’est que qu’ils voulaient faire un opération de communication ».