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Lindon Président !


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Simon Barbarit
Le 21.06.2011 à 09:03
Lindon Président !


Si Vincent Lindon était premier ministre, il ferait mieux vivre en France. Fini l’injustice sociale, car il en est persuadé, le moral des Français est miné par les inégalités salariales. A la tête d’un gouvernement imaginaire, sa mesure phare serait la création d’un salaire maximal plafonné…
Tout un programme et tout un film aussi, « Pater » d’Alain Cavalier, est une longue digression (une heure quarante cinq quand même) sur le pouvoir, l’argent, la justice, les femmes, la vie tout simplement…

A la fois président de la République, réalisateur et acteur, Alain Cavalier pose sa caméra et laisse son premier ministre de papier  déblatérer avec véhémence sur les sujets qui lui tiennent à cœur. L’absurdité de l’exercice est pleinement assumée. Autour de mets raffinés ou d’un grand cru, les deux complices refont le monde. Les idées fusent. Les fous rires aussi. Et le propos frappe juste d’autant plus lorsque certains thèmes évoqués comme les conflits d’intérêt ou les scandales sexuels rentrent en résonnance avec l’actualité.

L’anarchie est constante mais l’émotion est belle

Entre Cavalier et Lindon, la relation est presque filiale. A tel point que le dernier veut tuer le père (politiquement bien sûr). Sur un différend autour du fameux salaire maximal plafonné, Vincent Lindon décide de se présenter contre son mentor à la présidence de la République. Le temps des amours entre les deux hommes laisse alors place aux petites mesquineries. Peu familiers des coups tordus propres à la vie politique, les deux hommes sont réticents à utiliser toutes les armes destinées à décrédibiliser l’adversaire. Entre néophytes de la vie politique, le respect mutuel domine.

Pater, c’est aussi un « film concept » où toutes les règles cinématographiques sont niées. Le cadre est bancal, l’image floue, la musique est absente et les fondus au noir incessants. Les règles sont allègrement bafouées, l’anarchie est constante mais l’émotion est belle et bien présente. Car on est touché par ce Vincent Lindon perclus de tiques, fragile et dépassé devant l’ampleur de la tâche pourtant ludique qui l’attend. « Il est robuste, il est terriblement sympathique, on l’aimera » nous dit Alain Cavalier. On l’aime encore…

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