Back to Top
×En naviguant sur notre site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer une navigation optimale et nous permettre de réaliser des statistiques de visites.En savoir plus
Mode zen

Quitter le mode zen

Livre de Valérie Trierweiler : «C’est le coup de grâce pour Hollande»

+A -A
François Vignal
Le 03.09.2014 à 16:33
Livre de Valérie Trierweiler : «C’est le coup de grâce pour Hollande»
© AFP

La sortie de « Merci pour ce moment », livre choc (éd. Les Arènes) de Valérie Trierweiler en forme de règlement de compte, fait du bruit. L’ex-compagne du chef de l’Etat dit sa vérité sur l’affaire Gayet, le tweet de soutien à Falorni ou le rapport de François Hollande aux pauvres… Analyse avec Philippe Moreau-Chevrolet, communicant et président de MCBG conseil.

La sortie du livre de Valérie  Trierweiler, « Merci pour ce moment », dont les bonnes feuilles sont à lire dans Paris-Match, est-elle à ranger à la rubrique people ou politique ? 
C’est un livre qui appartient à un genre qui est celui du people/politique. Un genre hybride. Il y a eu celui de Raphaëlle Bacqué sur les Strauss-Kahn. Ce sont des ouvrages qui s’intéressent à la vie privée des politiques, qui n’a plus rien de privée, mais est totalement publique. Ça va avec l’exigence de transparence qu’ont les citoyens. On veut tout savoir, tout contrôler. Il n’y a plus de vie privée pour les politiques. Quand on est politique, il y a une contrepartie aujourd’hui : on se doit totalement à sa fonction et on ne peut plus rien cacher.

Sur la première Dame, on devrait clarifier et lui donner un statut, encadrer juridiquement cette réalité. Il y a un flou artistique. C’est l’hypocrisie à la française concernant le statut de la première dame, qui se paie pour François Hollande au comptant.

Valérie  Trierweiler  écrit que « le Président n’aime pas les pauvres ». Il les appellerait « les sans-dents ». Cela casse-t-il son image d’homme de gauche ?
Le drame de François Hollande, c’est qu’il n’a pas établi d’image auprès du public. Les Français ne savent pas qui est François Hollande. Il n’a pas donné les clefs. C’est quelqu’un de froid, de mystérieux, d’impénétrable. On ne comprend pas la logique quand il va prononcer un discours sous des torrents de pluie lors du remaniement. Valérie Trierweiler va donner les clefs, on est obligé de se fier. Mais comme elle n’a pas très bonne image, ça va peut-être atténuer ses propos.

Mais au fond, elle dit que François Hollande n’est pas un homme de gauche. Et au moment où le gouvernement établit un virage à droite, elle choisit le pire moment pour sortir ce livre. Et l’éditeur est le seul pour faire ce genre de livre. Et c’est un éditeur très crédible. Elle se donne tous les moyens pour que l’ouvrage soit vraiment diffusée et dans le secret, sans fuite.

Le terme de « sans-dent » va-t-il rester ?
Ça va rester, ça va lui coller à la peau. Ça peut faire des ravages dans l’électorat de gauche. Ce livre, c’est le coup de grâce pour François Hollande. Le clou dans le cercueil.

Mais François Hollande est déjà faible dans les sondages. Est-ce que ça change quelque chose finalement ?
Oui, ça peut atteindre durablement son image. Comme lui-même communique très mal et elle très bien, le match n’est pas égal.

Cet ouvrage n’est-il pas très gênant ? C’est un règlement de comptes en public…
C’est un règlement de compte privée qui a des conséquences publiques importantes. Mais il faut garder le contrôle de son entourage quand on arrive à ce niveau et peut-être se discipliner au niveau de la vie privée. Et clarifier les choses. Nicolas Sarkozy s’est marié vite avec Carla Bruni dès qu’il a pu. La responsabilité est celle de François Hollande. C’est son comportement qui a provoqué cela. François Hollande n’aurait pas dû soutenir Ségolène Royal pour les législatives, comme il s’y était engagé par exemple.

Valérie Trierweiler raconte cette anecdote, mais qui montre la vie spéciale d’un Président où les sollicitations sont nombreuses. Elle explique que même la salle de bain était devenue salle de réunion, avec le conseiller en com’ Claude Sérillon qui y suit François Hollande…
C’est un homme politique, qui vit tout le temps par la politique. Il y a aussi le moment où il apprend l’affaire du Sofitel pour DSK. Tout de suite, il est dans le coup d’après. Il est sans affect. Il est décrit comme quelqu’un qui n’a pas d’affect. Il bosse tout le temps. C’est une machine politique. Mais les  gens ont besoin de sentir qu’il y a un homme. Là, on ne le sent pas du tout l’humain.

Ce genre d’ouvrage ne fait-il pas du mal à la politique ?
Non, car lorsque l’image est maîtrisée, que le politique fait état d’esprit de responsabilité, ça peut être très positif. Il peut aussi montrer sa part d’humanité. Bruno Le Maire montre de très bonne manière dans son livre les coulisses de la politique. Etre un homme politique est devenu un sacrifice quotidien. Il faut retrouver paradoxalement l’esprit d’un de Gaulle. Placer sa fonction au dessus de soi. Il faut entrer en politique comme on en entre en religion. C’est lié au fait que les Français n’ont plus confiance. Cacher, dissimuler ne fonctionne plus.