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Logement: Emmanuelle Cosse met ses pas dans ceux de Cécile Duflot, avec un temps compté

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Par Rebecca FRASQUET
Le 12.02.2016 à 18:02
Logement: Emmanuelle Cosse met ses pas dans ceux de Cécile Duflot, avec un temps compté
La ministre du Logement, Emmanuelle Cosse, dans son bureau à Paris le 12 février 2016
© JOEL SAGET

Nommée au ministère du Logement deux ans après le départ tonitruant d'une autre écologiste, Cécile Duflot, dont l'ambitieuse loi Alur a été en partie...

Nommée au ministère du Logement deux ans après le départ tonitruant d'une autre écologiste, Cécile Duflot, dont l'ambitieuse loi Alur a été en partie détricotée par le gouvernement, Emmanuelle Cosse hérite pour quinze mois d'un secteur éprouvé par la crise, où la reprise s'ébauche.

Ayant quitté la veille la direction d'un parti Europe Ecologie-Les Verts (EELV) farouchement opposé à ce retour au gouvernement, elle a affirmé vendredi endosser ses nouvelles fonctions "avec humilité et lucidité", et revendiqué l'héritage de lois "portées par la gauche et les écologistes".

"C'est un ministère duquel sont parties de grandes lois sur l'égalité, évidemment la loi SRU (imposant aux communes la construction de logements sociaux, ndlr) et plus récemment la loi sur le foncier public et la loi Alur" du 24 mars 2014, portée par Cécile Duflot, a-t-elle dit.

Le logement "n'est pas un bien comme un autre, c'est un bien commun", a déclaré Mme Cosse, devant la presse, ses propos faisant écho à ceux de sa prédécesseure écologiste à ce ministère, qui évoquait un "bien de première nécessité".

Refusant d'appartenir à un gouvernement dirigé par Manuel Valls, Cécile Duflot était partie avec fracas au printemps 2014 et avait été remplacée par la PRG Sylvia Pinel.

Prononçant ses premiers mots en tant que ministre du Logement et de l'Habitat durable, Emmanuelle Cosse a déclaré vouloir "s'engager pleinement dans la défense du logement social, qui accueille une multitude de publics y compris les réfugiés (...) à qui l'on doit un accueil dans la dignité".

L'ex-vice présidente au Logement de la région Ile-de-France va se rendre "rapidement dans tous les territoires sous tension" afin de "travailler avec les acteurs locaux à la question de l'encadrement des loyers, là où nous en avons besoin".

Or ce dispositif que la loi Alur prévoyait d'appliquer à 28 agglomérations en zone tendue, a été cantonné par le Premier ministre Manuel Valls à Paris, où il est entré en vigueur le 1er août 2015, et aux seules communes souhaitant l'expérimenter.

Confronté notamment à l'opposition des municipalités conquises par la droite en mars 2015 et à la fronde des professionnels de l'immobilier qui n'ont pas transmis leurs données pendant des mois, l'encadrement des loyers, pour des raisons techniques, ne s'appliquera au plus tôt qu'en 2018 dans une seule autre métropole: celle de Lille.

-"Coup politique ou nouvelle ère ?"-

Quant à l'autre mesure-phare de la loi Alur, la Garantie universelle des loyers (GUL), elle a été jugée infinançable et enterrée par le gouvernement, qui lui a préféré la garantie locative Visale, plus modeste, ciblée sur les salariés jeunes ou précaires. "Ce projet est en effet totalement arrêté", a pris acte Mme Cosse.

A quinze mois de la présidentielle, Emmanuelle Cosse a par ailleurs promis un soutien "sans faille à tous les acteurs de la construction et de la promotion privée". Dès jeudi soir, la Fnaim s'était dite pressée de "connaître ses positions quant à la mise en place de la loi Alur".

Vent debout contre Cécile Duflot qu'ils accusaient d'être mue par "l'idéologie", les professionnels ont été rassérénés par Sylvia Pinel dont diverses mesures - prêt à taux zéro reprofilé, soutien à l'investissement locatif, simplification des normes - ont favorisé la reprise du secteur.

Et grâce à des taux de crédit au plus bas, les indicateurs du secteur sont enfin au vert après des années de crise: marché de l'ancien dynamique, production stabilisée aux alentours de 350.000 logements neufs annuels, bien loin toutefois, de l'objectif gouvernemental de 500.000.

"Il y a eu l'ère Duflot avec une politique volontariste et une vision sociale du logement, puis l'ère Pinel, plus centrée sur les acteurs économiques et l'injection de moyens pour relancer la production de logements", résume Christophe Robert, délégué général de la fondation Abbé Pierre.

L'arrivée d'Emmanuelle Cosse "est-elle un coup politique, ou va-t-elle marquer une nouvelle ère?" s'interroge-t-il.

"Tout dépendra des moyens" alloués au logement, dit M. Robert à l'AFP, notamment pour rénover 500.000 logements par an comme le prévoit la loi sur la transition énergétique et "se concentrer sur les 14 millions de personnes, dont 3,8 millions de mal-logés, confrontées à la crise du logement".