"Une période d'essai de 6 mois pour un non-cadre n'est pas "raisonnable" c'est sur ! L'OIT fixe 6 mois maxi...même pour les cadres, en fait
La loi sur la sécurité intérieure détricotée par le Sénat ?
A peine arrivé, déjà détricoté ? Le projet de loi sur la sécurité intérieure, Loppsi2, arrive au Sénat ce mardi. Largement critiqué à gauche, le projet de loi divise aussi au sein même des rangs du groupe UMP du Sénat.
Si l’examen du texte a commencé ce mardi, la commission des lois pourrait bien donner un avis défavorable aux amendements les plus polémiques, ceux issus du discours de Grenoble de Nicolas Sarkozy : l'extension des peines planchers pour les violences aggravées, pour cause de risque d’inconstitutionnalité, celui concernant la comparution immédiate pour les mineurs, et les peines de prison incompressibles de 30 ans pour les assassins de policiers et gendarmes, car la loi sur la rétention de sureté est suffisante. « Il faut laisser le temps aux lois de s’appliquer », fait valoir l’UMP Jean-Jacques Hyest, président de la commission des lois. Il ajoute : « On verra si le gouvernement se fait battre ou pas. C’est nous qui faisons les lois »…
Regardez Jean-Jacques Hyest, expliquant que sur « les peines planchers, je peux vous dire qu’il n’y a pas de majorité en commission des lois pour soutenir la position du gouvernement » :
Si de nombreux sénateurs suivent le gouvernement, d’autres font entendre une voix différente. Comme Jean-Pierre Raffarin. Il a dénoncé une « dérive droitière» de la majorité sur la sécurité. Il est aujourd’hui suivi au Sénat par Jean-René Lecerf, ou encore Fabienne Keller. L’ancienne maire de Strasbourg se dit « très réservée sur les amendements renforçant des peines, aggravant des textes qui constituent déjà un arsenal qui permet de faire respecter les lois ». La sénatrice prône un équilibre entre « prévention » et « répression ». Et prévient : « Je ne voterai pas l’ensemble des amendements qui viennent à durcir la loi Loppsi2. »
Regardez Fabienne Keller :
A la sortie de la réunion de groupe, le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, venu défendre son texte, ne semblait pas avoir entendu ces points de vue plus modérés. Confiant, il voit un « grand mouvement d’unité autour du texte. Il y a eu un débat, des interrogations, c’est indispensable. Mais le soutien est assez clair et net ».
Regardez Brice Hortefeux :
Gérard Longuet, président du groupe UMP, réduit les divergences de la fin de l’été à « un manque de concertation » et une « forme et de dispersion technique ». « Au mois d’août, chacun est dans sa commune, son département ou en vacances. Ceux qui parlent, parlent parfois dans la solitude et la solitude n’est pas toujours bonne conseillère ».
Pourtant, même le président du Sénat Gérard Larcher, habituellement peut prompt à la critique, s'est fendu d'une tribune dans le Monde lundi pour dire qu'il fallait « faire attention » sur les questions de sécurité et les « regarder avec raison ».
De là à dire qu’il n’y aura pas de majorité en séance pour voter les amendements polémiques… Jean-René Lecerf ne l’exclut pas. Il sent le groupe « extrêmement partagé. C’est du 50/50 ». Un sénateur UMP de la commission des lois a encore moins de doutes : « A partir du moment où les membres de la commission ne votent pas, je ne vois pas où ils trouveraient une majorité dans l’hémicycle ».

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