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Loi travail : Marie-Noëlle Lienemann appelle la jeunesse à descendre dans la rue

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Par Public Sénat
Le 04.03.2016 à 11:45

Marie Noëlle Lienemann est remontée. Ce n’est pas nouveau. Cela va faire bientôt cinq ans qu’elle dénonce les choix économiques et sociaux du gouvernement. Mais pour la sénatrice PS de Paris, la loi sur le Travail de la ministre Myriam El Khomri est la goutte de trop. Elle ira manifester contre le texte les 9 et 31 mars prochain, journées de mobilisation contre le projet gouvernemental.

« J’irai donner mon soutien à la jeunesse qui doit se mobiliser le 9 mars » affirme Marie Noëlle Lienemann, invitée de Territoires d’Infos vendredi matin, sur Public Sénat et Sud Radio. « Oui », la jeunesse doit descendre dans la rue, « car c’est son avenir qui est en cause. C’est essentiellement pour les nouveaux salariés que se joue cette grande vague de précarisation » selon la responsable de Maintenant la gauche, courant de la gauche du PS. Plusieurs syndicats étudiants, lycéens, organisations politiques de jeunesse et syndicats ont appelé à manifester le 9 mars contre le projet de loi qui réforme le code du travail. La mobilisation de la jeunesse est crainte par le pouvoir. Le risque pour l’exécutif : vivre un remake de la réforme du CPE, que Dominique de Villepin, alors premier ministre, avait été contraint de retirer.

« Tout n’est pas de la faute de Valls, le choix, c’est le président de la République »

« Vous vous rendez compte que quand on fait la révision du code du travail, au point de remettre en cause le contrat de travail individuel (…) il faut 15 jours de négociation ? Je n’appelle pas ça de la réforme, j’appelle ça du bougisme. Il vaut mieux prendre du temps et bien changer les structures avec un large accord dans la population plutôt que d’essayer de faire croire qu’on va réformer à la schlague, "je suis autoritaire, j’irai jusqu’au bout" » dénonce-t-elle à propos de l’attitude de Manuel Valls. Elle ajoute : « Cette espèce de coup de menton permanant pour se donner une image plutôt que de transformer en profondeur les relations dans le pays, je l’ai condamné depuis le début, ce n’est pas une méthode de gouvernement ». « Mais tout n’est pas de la faute de Valls, le choix, c’est le président de la République » souligne-t-elle, rappelant qu’elle serait « candidate » si une primaire se tenait à gauche.

Elle ajoute que « les femmes sont les victimes de la loi travail aujourd’hui », soulignant que « 80% » des salariés en CDD courts sont des femmes. « Donc si on veut améliorer le sort des femmes, il faut d’abord améliorer le sort des salariés et des salariés précaires pour qu’elles puissent vivre dignement de leur travail » affirme l’ancienne ministre du Logement, sous Mitterrand puis Jospin.

Interrogée sur la décision de François Hollande de rebaptiser le ministère de la Famille en ministère des Familles, elle affirme que cela ne sert à rien. « Toutes ces histoires de noms… Franchement, ça va changer quoi ? Bien sûr, on reconnait les familles avec des enfants adoptés par les couples homosexuels » dit-elle. Et d’ajouter : « Il y a d’autres effets de langage que j’aimerais bien entendre : si au lieu d’appeler charges on mettrait cotisations sociales, c’est un effet de langage qui aurait plus de sens ».