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Loi travail : la riposte s’organise en ordre dispersé

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François Vignal (images : Jordan Klein et Stéphane Hamalian)
Le 03.03.2016 à 18:18

Cinq syndicats réformistes, dont la CFDT, demandent à l’exécutif dans un texte commun de revoir « en profondeur » le projet de loi El Khomri. Mais ni la CGT, ni FO ne l’ont signé. Ils refusent tout compromis, demandent le retrait du texte et appellent à la grève le 31 mars prochain.

Les syndicats préparent la riposte sur la loi El Khomri, mais en ordre dispersé. Réunis ce matin au siège de l’Unsa, les dix organisations n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur un texte commun. On trouve d’un côté les syndicats réformistes (CFDT, CFE-CGC, CFTC, Unsa) et le syndicat étudiant la Fage, prêts à négocier avec le gouvernement. Et de l’autre, ceux qui demandent le retrait pur et simple du texte, comme la CGT, FO, FSU ou le syndicat étudiant UNEF. Les syndicats ne rééditent donc pas l’alliance du 23 février. A l’issue de l’intersyndicale, neuf syndicats avaient signé un communiqué commun pour dénoncer un projet « à risques » pour les salariés.

« Il y a des organisations syndicales qui préfèrent ne pas faire de propositions »

Le communiqué signé aujourd’hui par la CFDT, la CFE-CGC, la CFTC, l’Unsa et la Fage appelle à « modifier en profondeur » le projet de loi « afin de le rééquilibrer en faveur des salariés ». Les cinq syndicats proposent « le retrait de la barémisation des indemnités prud’homales », « la modification des mesures supplétives sur le temps de travail ». Sur le licenciement économique, la loi « doit permettre aux juges d'apprécier la réalité des difficultés économiques et retirer le périmètre national ». « Aucun forfait-jour ou modulation (du temps de travail, ndlr) ne doit être mis en place unilatéralement » par l'employeur, demandent encore les syndicats.

Véronique Descacq, numéro 2 de la CFDT, regrette l’attitude des non-signataires : « Il y a des organisations syndicales en France qui préfèrent ne pas faire de propositions (…) et imaginent que c’est par la mobilisation qu’ils obtiendront des choses » a-t-elle dit à la presse à la sortie (voir au début de la vidéo). « C’est difficile de faire émerger des propositions collectives quand la base de la négociation c’est le retrait et la feuille blanche » ajoute Alexandre Leroy, président de la FAGE (voir à la fin de la vidéo).

Le gouvernement prêt à « bouger » sur les prud’hommes et les licenciements

Ces syndicats veulent d’abord discuter et écouter les propositions de l’exécutif. « On va porter (nos propositions) au premier ministre la semaine prochaine. On verra si ces points sont repris ou pas » explique Bernard Sagez, secrétaire général de la CFTC (en second dans la vidéo). Mais « si aucun des points n’est retenu », la CFDT dira « ce n’est pas possible ».

Reçu ce jeudi par la ministre du Travail, Myriam El Khomri, Philippe Louis, de la CFTC, a dit à la sortie sentir que le gouvernement était prêt à « bouger » sur le plafonnement des indemnités et sur l'encadrement des licenciements économiques. Précision importante, « ça devrait bouger sur les indemnités prud'homales, mais ce ne sera pas retiré » selon le syndicaliste. Problème : c’est un point non négociable pour la CFDT. « Sur le barème (des indemnités prud’homales), on demande le retrait. (…) si ce sont des petites modifications à la marge, bien sûr il y aura des mobilisations d’une autre nature » prévient Véronique Descacq. Autrement dit, rejoindre les appels à la mobilisation.

« On remet en cause 50 ans d’existence de négociation collective »

Mais pour le moment, la CFDT et l’UNSA ne sont pas sur cette ligne. Ils n’étaient pas au second rendez-vous cet après-midi au siège de la CGT pour discuter d’une future mobilisation, en plus de celle déjà annoncée le 9 mars. La CGT, FO, la FSU, Solidaires, l'Unef, l'UNL (lycéens) et la FIDL (lycéens) ont décidéd’un appel à la grève et à manifester le 31 mars. La centrale des cadres, la CFE-CGC, qui n'a pas battu le pavé depuis 2010, pourrait rejoindre le mouvement si le texte du gouvernement ne bouge pas.

« Pour la CGT, il faut retirer le projet pour discuter véritablement d’autre chose, de droits nouveaux pour la sécurité des salariés » a expliqué à la sortie de la réunion du matin Fabrice Angei, secrétaire confédéral de la CGT. Michelle Biaggi, secrétaire confédéral FO, n’a pas apprécié de son côté qu’un projet de communiqué soit déjà « sur la table ce matin. Ça veut dire qu’on était déjà exclu de la discussion ». Elle reste toujours autant remontée contre ce projet de loi : « On remet en cause 50 ans d’existence de négociation collective dans ce pays, c’est quand même grave ».

S’il n’y a pas de communiqué commun aujourd’hui, on ne peut cependant pas parler de rupture entre syndicats. « On a tous convenu de nous revoir pour continuer l’exercice sur les points nouveaux » à définir, explique Fabrice Angei, « il y a une volonté de poursuivre le travail en commun ». Toutes les organisations se sont donné rendez-vous pour le 18 mars.