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Loi Travail : les syndicats partagés face aux concessions du gouvernement

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François Vignal
Le 14.03.2016 à 18:41

Le gouvernement a sacrifié le barème obligatoire pour les prud’hommes pour obtenir un satisfecit de la CFDT sur la loi travail. La Fage se dit aussi « entendue ». Mais le compte n’y est pas pour FO, la CGT et l’Unef qui demandent toujours le retrait du texte. Ils appellent à la mobilisation.

On aurait presque pu écrire les réactions à l’avance. Il n’y a en effet eu aucune surprise dans la cour de Matignon, ce lundi. Manuel Valls a présenté aux syndicats, organisations de jeunesse et au patronat les modifications apportées sur la loi travail. A la sortie, les syndicats dit réformistes (CFDT, Fage pour les étudiants) ont plutôt trouvé leur compte dans le « compromis » proposé par le premier ministre. Les autres (CGT, FO, Unef) demandent toujours le retrait du texte El Khomri. Pierre Gattaz, président du Medef, s'est dit lui « déçu » par les concessions faites et François Asselin, dirigeant de la CGPME, a dit craindre une « réforme à l'envers ».

Le plus gros recul du gouvernement concerne la mesure sur le barème des prud’hommes, en cas de licenciement abusifs. Une mesure dénoncée par tous les syndicats, notamment la CFDT. Il ne sera plus qu’« indicatif ». Ce point, déjà présentée dans la loi Macron, avait été invalidée par le Conseil constitutionnel. Les critères de licenciements économiques, autre gros point de blocage, ne seront pas modifiés. Mais le juge pourra vérifier si les multinationales n'organisent pas artificiellement leurs difficultés économiques sur le territoire français pour licencier. Au chapitre des droits nouveaux, le gouvernement met sur la table la garantie jeunes, dispositif d'accompagnement des décrocheurs vers l'emploi. Il va devenir un droit pour tous les jeunes sans emploi ni formation.

« Nettement insuffisant » selon FO

« C’est nettement insuffisant » a tranché devant les caméras Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, qui appelle toujours à la mobilisation pour le 17 et 31. Philippe Martinez, pour la CGT, n’a vu que des « mesures à la marge », qui « pourront, de toutes façon, être dérogées par accord d’entreprise ». Il dénonce « des effets d’annonce, mais concrètement on n’est pas satisfait puisque tout est dérogeable », insiste le leader de la CGT.

L’Unef ne voit que « quelques rétropédalages » dans les nouvelles mesures et « beaucoup de bricolage », a dénoncé son président William Martinet. Sur la garantie jeune, pourtant une demande des organisations « depuis des années », ils attendent encore « quelques explications supplémentaires ». « Plus que jamais on a besoin du retrait pour avoir de véritables concertations. On appelle les étudiants à continuer cette mobilisation » ajoute le président de l’Unef.

Texte « potentiellement porteur de progrès pour jeunes et salariés » selon la CFDT

Voilà pour les plus contestataires. A l’inverse, le CFDT trouvent davantage d’intérêts dans la nouvelle mouture du texte. Une évolution importante pour l’exécutif. Le syndicat a accompagné jusqu’ici les réformes du gouvernement. Il semble bien de nouveau reprendre cette voie.

Après les modifications, le texte de la loi travail « peut être potentiellement porteur de progrès pour jeunes et salariés » a estimé à la sortie Laurent Berger, patron du syndicat, qui se félicite d’avoir « fait avancer le texte ». Il attend cependant de voir l’écriture de l’article sur le licenciement économique pour se prononcer sur ce point. Mais la garantie jeune est vue comme « une mesure positive ». Le retrait du barème obligatoire est tout autant apprécié. La CFDT en avait fait un point non-négociable.

La Fage, autre syndicat étudiant, s’estime pour sa part « largement entendu ». « On a entendu un terme très important pour nous les jeunes : le droit personnel et universel à la formation » explique son président Alexandre Leroy. « On ne donne pas de chèque en blanc au gouvernement » ajoute-t-il cependant, mais « c’est une base qui permet de poursuivre le dialogue ».

Le gouvernement obtient ce qu’il pouvait espérer de mieux au final : le soutien, plus ou moins explicite, de la CFDT et de la FAGE. La CFT, FO et l’Unef, qui veulent la peau du texte, ne pouvaient pas changer de braquer. Reste à voir si, en divisant clairement l’opposition syndicale, cela sera suffisant pour le gouvernement. Tout dépendra des prochaines mobilisations.