L'UMP contrainte de réduire ses dépenses après son échec aux législatives

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AFP
Le 16.07.2012 à 17:17
L'UMP contrainte de réduire ses dépenses après son échec aux législatives
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L'échec de l'UMP aux élections législatives de juin va contraindre le mouvement à une cure d'austérité pour compenser une baisse de dotation de quelque 10 millions d'euros par an, avec notamment des suppressions de poste et l'absence d'université d'été en 2012.

« Notre dotation va passer de 30,5 millions d'euros (en 2012) à 20,5 millions d'euros (en y intégrant la pénalité pour non-respect de la parité aux législatives). On va perdre en réalité un peu moins de 10 millions d'euros », a expliqué à l'AFP le trésorier de l'UMP, Dominique Dord, candidat à la présidence du parti en novembre prochain.

La dotation publique annuelle des partis politiques dépend du nombre de voix obtenues au premier tour des élections législatives et du nombre de députés élus.

A ce montant vont « s'ajouter quelque 18 millions d'euros provenant pour moitié de la cotisation des militants (le nombre a été arrêté fin juin 2012 à 268.000) et des dons », a précisé M. Dord, en soulignant « une certaine stabilité » dans ce deuxième volet de recettes.

« Notre objectif va donc être d'économiser les 10 millions d'euros de dotation publique manquants et j'ai remis à Jean-François Copé (secrétaire général de l'UMP) une note de propositions pour le faire de manière relativement indolore », a indiqué le député de Savoie.

Parmi les économies déjà entérinées figure une baisse sensible des effectifs du siège.

« On va passer de 130 (équivalents plein temps) à un peu moins d'une centaine. Mais cela se fera en douceur puisqu'on avait anticipé ce risque en ayant recours à pas mal de contrats à durée déterminée qui vont s'interrompre fin juin ou fin juillet, ainsi qu'à des intérimaires et des stagiaires », a souligné M. Dord.

« Le parti a également décidé de ne pas organiser d'université d'été en 2012, les dernières à Marseille ayant coûté entre 3 et 4 millions d'euros, et d'organiser le vote au prochain congrès de l'UMP en novembre avec des bulletins papiers et non par vote électronique, ce qui représentera une économie de quelque 500.000 euros », a-t-il précisé.

Pour le trésorier de l'UMP, tous les postes budgétaires seront concernés par des économies.

« Je pense en effet plus indolore de répartir l'effort. Ma recommandation, c'est que l'on réduise notamment le coût des manifestations, congrès, conventions, conseils nationaux, en les organisant non pas dans des grands hôtels, mais au nouveau siège du parti qui est pourvu d'une grande salle », a-t-il indiqué.

« Et, l'achat de notre siège social (40 millions d'euros avec les travaux d'aménagement, soit 3 à 4 millions de remboursement annuel) nous coûte moins cher que la location de la Boétie (ancien siège de l'UMP, ndlr) », a-t-il fait valoir.

« Pour 2013, qui n'est pas une année d'élection, la voilure sera également réduite en ce qui concerne l'édition des documents papiers et tout ce qui est communication, sondages... Cela va se faire au fil de l'eau », a-t-il dit.

« Et puis, mais ce sera à la nouvelle équipe (issue du congrès de novembre) de le voter, j'ai également recommandé qu'on augmente au premier janvier 2013 les cotisations des élus et des militants et que l'on réduise le financement des personnes morales associées à l'UMP (clubs, mouvements...), mais tout cela n'est pas arbitré », a-t-il précisé.