Mélenchon ouvre le dialogue avec le PS, en mettant Hollande à part

+A -A
Le 28.08.2011 à 15:54
melenchon - AFP
© AFP

A huit mois de la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche (FG), a donné de la voix dimanche contre l'austérité, laissant la porte ouverte au dialogue avec le PS tout en mettant à part François Hollande dont il a critiqué le "cynisme" dans la crise.

Devant un millier de militants déployant drapeaux français et du FG à La Halle Clemenceau de Grenoble en clôture des "Remue-méninges" du Parti de gauche, le coprésident du PG, avec son ton de tribun, a mis "en garde les puissants et dominants" dont les décisions pourraient faire "lever des vents violents".

Interpellant le Parti socialiste, après des mois de critiques acerbes, l'eurodéputé a assuré que "le Front de gauche ne mène aucune guerre" à personne à "condition qu'on le respecte et qu'on accepte de débattre avec lui des sujets qu'il propose et des perspectives qu'il ouvre".

Se disant "lassé d'être harcelé" sur ses préférences dans la primaire socialiste, il a assuré "respecter le PS dans sa démarche", lui qui avait qualifié de "PMU politique" ce processus il y a quelques mois.

Et de proposer une "offre publique de débat" aux "partenaires de gauche", du NPA aux "camarades socialistes" car en 2012, il n'y a "pas de victoire possible pour la gauche sans rassemblement" et "le goût de la compétition" ne doit pas faire "oublier la préoccupation de l'intérêt général".

Mais l'ex-sénateur PS s'en est durement pris à François Hollande et son "cynisme inacceptable".

Privé du "bon docteur Strauss-Kahn", c'est vers l'ex-premier secrétaire du PS que ses critiques se sont concentrées, le candidat à la primaire ayant, selon lui, "engagé la compétition" de l'austérité avec ses déclarations sur un retour à un déficit de 3% en 2013. Or Martine Aubry s'est engagée également sur les 3% en 2013.

"On se rassemblera rien ni personne avec une telle méthode", a lancé l'ex-ministre, désireux de "ne pas gouverner comme nous l'avons fait dans le passé" mais "autrement", "de bas en haut, plutôt que de haut en bas".

S'il arrive au pouvoir, a-t-il promis, "les peuples ne paieront pas un euro" de cette crise. "Doivent exclusivement payer ceux qui peuvent" (banques, entreprises du CAC 40), a-t-il fait valoir, souhaitant notamment la "titularisation séance tenante des 850.000 précaires de la fonction publique" et la taxation des revenus du capital à égalité avec ceux du travail.

"Nous ne sommes pas candidats au concours du meilleur gestionnaire de la crise!", avait auparavant souligné Pierre Laurent (PCF) au côté de Christian Picquet (Gauche unitaire) et Clémentine Autain (La Fédération).

Au cours du week-end, partagé entre Grenoble et la Savoie où étaient réunis ses alliés communistes, M. Mélenchon avait martelé que la dette était "un prétexte" pour l'austérité, estimant que la Banque centrale européenne pouvait "éteindre l'incendie" en prêtant aux Etats aux mêmes taux qu’aux banques.

"Faire Papandreou c'est à la portée de tout le monde, faire Mélenchon c'est plus difficile!", a-t-il dit aux journalistes, distribuant à nouveau les bons points à Eva Joly (Europe Ecologie-Les Verts) et Arnaud Montebourg (PS) dont les discours montrent qu'"on n'est pas isolés".

Lors du meeting grenoblois, dénonçant la "planification de l'austérité" du gouvernement et le "coup d'Etat financier" européen où "chaque pays est au garde-à-vous" de la règle d'or, M. Mélenchon en a appelé à "la résistance de (s)a patrie républicaine". Avec un mot d'ordre : "l'humain d'abord".

"La révolution citoyenne aura lieu", a-t-il lancé, longuement applaudi, avant que ne résonne dans la Halle, L'Internationale, puis La Marseillaise et la chanson "on lâche rien".

 

Réagir

A la une

Sarkozy motive ses troupes et attaque Hollande le «planqué»

Séance de (re)motivation pour les sénateurs et députés UMP ce mercredi avec Nicolas Sarkozy, à deux mois du premier tour de la présidentielle. « C’est tout sauf la chronique d’une défaite annoncée », assure Hervé Mariton.

Les quartiers populaires s’invitent dans la campagne

Les quartiers populaires, grands oubliés de cette élection présidentielle, reviennent sur le devant de la scène avec AC LEFEU qui a créé un ministère factice de « la crise des banlieues » dans un hôtel désaffecté du centre ville de Paris et qu’ils occupent depuis hier. François Hollande leur a rendu visite ce matin.

Collectif budgétaire : la commission des finances du Sénat a rejeté la TVA sociale

La commission a adopté une motion préalable, qui stipule qu'il n'y a pas lieu à débattre d'un texte. Le Sénat devrait ratifier cette position mercredi soir en séance. Philippe Marini et Nicole Bricq se sont affrontés sur la TVA sociale lors d’une conférence de presse.