Mélenchon : « Les socialistes ont décidé de détruire tout ce qui n'est pas eux »

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Thomas Leroy (avec l'AFP), images : N.Guillouard
Le 25.06.2012 à 15:47

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Jean-Luc Mélenchon sort de son silence. Très véhément, il n’a pas mâché ses mots conte les socialistes et a reconnu un certain nombre d’erreurs pendant la campagne des législatives.

Questionné sur le faible nombre de députés Front de Gauche, qui ne permet pas de créer un groupe parlementaire, Jean-Luc Mélenchon a assuré que « le groupe aura lieu » même si « les socialistes ont décidé de détruire tout ce qui n'est pas eux ».

Dénonçant la « volonté d'hégémonie permanente » des socialistes, l'ex-députée Martine Billard, co-présidente du PG, a déploré « une agression typique et significative » de la « volonté du PS de ne pas avoir de force à sa gauche porteuse des intérêts des classes populaires ».

M. Mélenchon a par ailleurs rappelé que le FG était « dans la majorité qui a renversé Nicolas Sarkozy donc dans la majorité qui a mis en place François Hollande » mais il n'est « pas dans la majorité politique constituée à l'Assemblée » car il prône une « autonomie conquérante ».

« Une carence de direction politique »

Concernant les législatives, Jean-Luc Mélenchon a souligné que les candidats de son Parti de gauche « ont essayé d'homogénéiser leur campagne ». Selon l'ex-candidat à la présidentielle (11,1%), la progression moyenne du FG est de 58%, celle des seuls candidats du Parti de gauche est de 110% mais le PG avait des candidatures dans seulement 20% des circonscriptions, donc « ce n'est pas lui qui pouvait faire la locomotive ».

« Il fallait être beaucoup plus ferme et empêcher qu'à certains endroits des campagnes se fassent sans même le sigle Front de gauche, qu'à d'autres endroits certains aient été des quasi-socialistes à peine déguisés montrant des photos de François Hollande ou Jean-Marc Ayrault », a poursuivi l'ex-sénateur PS, sans cibler la direction PCF.

M. Mélenchon s'est d'ailleurs dit « d'accord avec Pierre Laurent et Francis Parny » (responsables PCF) qui ont affirmé qu'il aurait fallu « jouer davantage collectif » dans ces élections. « C'est une absurdité de faire 577 campagnes différentes, il y a eu une carence de direction politique », a-t-il souligné.

 « La leçon à tirer de tout ça, c'est où sont passés les 2 millions de voix qui manquent » entre la présidentielle et les législatives?, s'est-il interrogé, estimant que « c'est un programme et une orientation qu'il fallait défendre, pas simplement essayer de sauver sa peau chacun dans son coin ».

« Séance de bla-bla »

Interrogé sur le séminaire gouvernemental qui prépare le projet de loi de finances, l’ex-ministre de Lionel Jospin s’est montré fataliste. « C'est pas en une après-midi autour d'un table qu'on trouve dix milliards, tout ça est déjà fait : il va y avoir une séance de blabla pour avaliser un plan qui a été mis en point par des administrations qui, elles, n'ont pas changé ni d'orientations ni de dirigeants », a-t-il affirmé.

« Personne ne croit que ça va être un moment de discussion, de concertation », « ils ont arrêté leurs orientations dans le cadre du respect du sommet européen et de la politique en vue de l'adhésion au traité budgétaire », a-t-il déploré.