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Mélenchon veut battre le PS aux européennes puis «gouverner le pays»

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François Vignal
Le 10.01.2013 à 15:57
Lors de ses vœux à la presse, Jean-Luc Mélenchon a revendiqué «sa volonté d’autonomie et d’alternative» face au PS, a dénoncé Hollande qui «a tout avalé», s’est vanté d’avoir «pulvérisé M. Cahuzac» à la télé. Mais sur le mariage gay, il sera du côté de l’exécutif et appelle à se mobiliser.

« On lâche rien ». La chanson résonnait lors la campagne de Jean-Luc Mélenchon, en 2012. En 2013, le président du Parti de gauche (PG) fait sienne ces paroles. « L’année 2013, année de résistance acharnée », a promis l’ex-candidat à la présidentielle lors de ses vœux à la presse, depuis l’Usine, aux Lilas, aux portes de Paris. « Une résistance aux politiques d’austérité » explique Jean-Luc Mélenchon. Le message est clair : « Le Front de gauche (auquel appartient le Parti de gauche, ndlr) conserve sa cohérence dans sa volonté d’autonomie et d’alternative ». Mélenchon entend porter le PG au plus haut. « Nous sommes une organisation qui a vocation à gouverner le pays », assure-t-il, « une alternative au social-libéralisme ».

«Le Front de gauche aura ses listes aux européennes»

En toute humilité, Jean-Luc Mélenchon est revenu sur son débat avec le ministre du Budget Jérôme Cahuzac, « un grand moment politique en France » « où j’ai pulvérisé M. Cahuzac »… Il se réjouit que le ministre ait « avoué le crédo social-libéral », permettant « que le débat soit clair ».

A ceux qui pouvaient encore avoir un doute, Jean-Luc Mélenchon le répète en long, en large et en travers : il ne veut pas s’acoquiner avec le PS. Sauf peut-être pour les municipales de 2014, « bien conscient qu’elles intègrent des paramètres locaux ». Le Parti communiste, partenaire du PG, dirige plusieurs municipalités avec les socialistes. Si les choses sont ouvertes au plan local, c’est niet au niveau national. Le PG ne fera pas partie du comité de liaison de la gauche, qui s’est de nouveau réuni hier. Il ne participera pas non plus au petit déjeuner de la majorité, via le président du groupe CRC à l’Assemblée nationale.

Plus encore que l’autonomie vis-à-vis du PS, Jean-Luc Mélenchon veut le battre. Car pour les européennes de 2014, Mélenchon vise haut : la première place. « Le Front de gauche aura ses ou sa liste, selon l’organisation du mode du scrutin. Son objectif ne peut pas être autre chose que d’être en tête de toute la gauche », prévient-il.

La loi de décentralisation, «une machine à déchiqueter la République»

Pour ses vœux à la presse, le leader du Parti de gauche a largement parlé… des journalistes. « Je ne sais pas quelle sorte de vœu je pourrais faire à la presse, (…) nos sentiments mutuels sont bien connus », a-t-il d’abord lancé. La campagne présidentielle a été émaillée de tensions et d’attaques de sa part contre les medias. Mais depuis quelques temps, Jean-Luc Mélenchon met davantage en avant sa dénonciation de « la précarité » qui touche la profession. « Il y a une crise sociale qui est à l’origine de la crise des moyens d’information », selon Mélenchon, appelant à plus « de pensée critique par rapport à la pensée dominante ». Face à Internet et aux réseaux sociaux, il pointe « la dilution de la fonction médiatique d’information dans le bruit » et souligne « la nécessité de mettre une importance nouvelle au statut des journalistes » dans ces conditions.

Au moment où de difficiles négociations entre Medef et syndicat se terminent sur la sécurisation de l’emploi, il « appelle les travailleurs à ne pas céder un mètre de terrain ». Refusant toute flexibilité sur les contrats de travail, il affirme que « la logique doit être inversée ». Un mot aussi sur le futur projet de loi de décentralisation : « Une régression de la France vers un système féodal », « une machine à déchiqueter la République » par « la loi à géométrie variable ». Le projet d’acte III de la décentralisation prévoit plus d’autonomie pour les collectivités et des droits à l’expérimentation.

«Bataille pour l’égalité des droits»

Si Jean-Luc Mélenchon se démarque du PS et de François Hollande, qui « a tout avalé, tout accepté », son parti se retrouve cependant aux côtés des socialistes sur la question du mariage pour tous. « La bataille pour l’égalité des droits civiques ou sociaux est une et indivisible », lance-t-il, « tous les êtres humains sont égaux ».

Après la manifestation des opposants au mariage gay dimanche, il appelle les défenseurs du projet à se mobiliser le 27 janvier. « Ce sera le temps de la mobilisation générale pour l’égalité des droits. (…) Si nous ne sommes pas capables d’avoir une mobilisation de masse spectaculaire, il ne restera que celle que la droite et ses agences de communication mettent en scène », met-il en garde. Mais que les socialistes ne s’y trompent pas. « Pour le mariage pour tous, nous marcherons devant. Pour ce qui est de la réforme fiscale, la réponse est non ».