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Mamère : «C’est au gouvernement de savoir s’il veut garder les écologistes avec lui»

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François Vignal
Le 12.12.2012 à 17:51
Mamère : «C’est au gouvernement de savoir s’il veut garder les écologistes avec lui»
© AFP / MIGUEL MEDINA

La justice a ordonné l’expulsion des opposants à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, pomme de discorde entre le PS et les écologistes. « Ni enfumage, ni matraquage », prévient le député Europe Ecologie-Les Verts Noël Mamère. Pour lui, le dialogue organisé par l’exécutif est un faux dialogue. « Ce serait une arnaque politique. On ne marchera pas là-dedans. Il ne faut pas prendre les écologistes pour des imbéciles », dit-il. Et de mettre en garde : « Toute nouvelle intervention des forces de l’ordre serait une ligne rouge à ne pas franchir ». Entretien.

La justice a ordonné l’expulsion des opposants à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Quelle est votre réaction ?
La décision est formulée de telle sorte qu’elle permet d’éviter une intervention. Soit le gouvernement suit une interprétation stricte et violence, une interprétation étroite de la décision de justice et fait donner les forces de l’ordre. Il devra assumer ce choix dans ce cas. Soit il organise les négociations et des discussions ouvertes et non pas fermées. Là, il fera preuve de sagesse.

Si les forces de l’ordre passent à l’action et délogent les opposants, quelles en seront les conséquences ?
Si les forces de l’ordre interviennent, je pense que je ne serai pas le seul à me demander quelle est la réelle volonté du gouvernement dans sa collaboration avec les écologistes. Nous avons deux ministres qui travaillent bien. Au Parlement, nous faisons notre travail pour mettre en œuvre l’accord passé avec le PS en novembre 2011. Pour nous, toute nouvelle intervention des forces de l’ordre serait une ligne rouge à ne pas franchir. S’il y avait une nouvelle intervention, il faudrait prendre des décisions. C’est au gouvernement de savoir s’il veut garder les écologistes avec lui. Et nous voulons rester au gouvernement. Même si nous avons des différences. On ne peut pas dire qu’on veut organiser une négociation et en même temps faire donner les forces de l’ordre. Ce n’est pas une négociation quand on dit que de toute façon l’aéroport se fera. Nous demandons le retrait de ce projet dépassé, inutile, dangereux et contraire aux engagements du Président sur la transition énergétique. La tension demeurera aussi longtemps que le premier ministre soutiendra ce projet.

Mais la ministre de l’Ecologie, Delphine Batho, a affirmé que la commission de dialogue ne visait pas à remettre en cause le projet…
Oui, et elle était très embarrassée. Elle a eu des mots inquiétants pour une ministre de l’Ecologie, chargée paraît-il de défendre l’écologie, en tombant dans la caricature. On en revient aux arguments de la bougie contre le progrès. Il faut une négociation. On ne va pas perdre notre temps à aller discuter avec des gens qui ont déjà pris leur décision. Il faut une discussion ouverte qui débouche sur une conclusion. Or c’est une discussion organisée pour la vitrine. Mais on ne peut pas marcher dans cette imposture. Ce serait une arnaque politique. On ne marchera pas là-dedans. Il ne faut pas prendre les écologistes pour des imbéciles.

Diriez-vous que le gouvernement cherche à enfumer les opposants à Notre-Dame-des-Landes par cette consultation ?
Bien sûr, c’est de l’enfumage. On ne se fera pas enfumé ni matraqué. Ni enfumage, ni matraquage.

De nouveaux heurts ont opposé ce mercredi opposants et forces de l’ordre. La préfecture affirme que les gendarmes ont été la cible « d’actions violentes » d’individus « casqués et armés ». Les opposants affirment qu'ils n’ont fait que répliquer à des « provocations ». N’est-ce pas contre-productif ?
Il y en aura toujours des individus casqués et armés. On ne peut pas résumer Notre-Dame-des-Landes à quelques individus casqués et armés. Si la gauche veut faire comme la droite et dire que Notre-Dame-des-Landes c’est le repaire de l’ultra gauche et des terroristes, ça n’a pas marché au Larzac, ça ne marchera pas en 2012.